‹ Les chauffeurs (volume 5)Chapitre 4 sur 4 · l.Li> CHAlTFi LUS · texte numérisé non relu

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l'empirique en redevenant tout à coup hunible; ce vaurien, que l'ivrognerie a rendu idiot et que je garde par charité, car il ne m'est plus d'aucun service, a eu la sottise de boire un médicament composé d'alcool, de camphre et de ciguë, que je l'avais envoyé porter à une ferme voisine... 11 est resté longtemps absent, il n'a pas rempli la commission dont je l'avais chargé, il m'a fait perdre ijn gros bénéfice el il s'est enivré; ne méritait-il pas une correction? Du reste, c'est seulement tout à 1 heure qu'il a fini par m'avouer la vérité, et j'aurais pu me dispenser de le châtier, car il est au plus bas... Si je ne parviens à lui administrer un contre-poison, dons quelques instants il n'existera plus.

— - Oui, il faut le secourir promptemenl.

s'écria Ladrange; il faut le forcer au besoin à prendre celte potion.

Le charlatan examina son valet, qui maintenant pouvait à peine se mouvoir, et dont les lèvres devenaient noirâtres.

— II est déjà trop tard, je le crains, ditil froidement; mais rassurez-vous, messieurs, si cet homme meurt des suites de sa folie, ce ne sera pas une grande perte.

11 présenta de nouveau la potion au malade; celui-ci s'agita faiblement, mais, incapable de résister davantage, il but en murmurant :

— Pas de drogues!... grâce, patron; grâce ! encore une fois.

On se taisait; le mourant, plongé dans une morne atonie, ne bougeait plus. Le charlatan examinait les deux amis, dont les manières lui don Datent à penser.

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— Baptiste le-Cjlîirurgien, dit enfin Daniel d'une voix vibrante, vous haïssiez donc bien votre ancien ch^f, que vous l'ayez tant fait souffrir?

Baptiste, en s'entendant nommer ainsi, recula d'un pas ; puis il porta la main à ses lunettes bleues, comme pour s'assurer qu'elles cachaient sufflsamm^•nt son visage. Cependant il n'essaya pas de nier son identité.

— Monsieur Ladrangp... le juge? ré^ pHqua-t-il avec embarras; je savais bien que vous étiez dans le pays, mais je ne pouvais i enser...

— Eh bien î et moi, monsieur le docteur, dit Vasseur en ricanant, ne me connaissezvous pas aussi? Moi, je n'hi eu garde de vous oublier depuis certaine aventure, et je suis enchanté de vous voir.

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— Le gendarme Vasseur ; s'écria Baptiste avec une véritable frayeur cette fois.

Mais se ravisant tout à coup :

— Eh bien ! que me voulez-vous, messieurs? reprit-il ; vous savez fort bien que, dans l'affaire de la bande d'Orgères, je n'ai jamais été ni jugé ni condamné. Il est prouvé, en effet, que je n'ai pas participé aux crimes de ces scélérats; je les ai seulement assistés en ma qualité d'homme de science, expert dans l'art de guérir.

— Prenez-le moins haut, docteur du diable, dit le commandant d'un ton d'indignation, mais vous aurez votre tour; ce n'est pas de vous qu'il s'agit pour le moment... Cet individu (et il désignait le mourant) n'est-il pas le Beau -François, odui que vous appeliez le Meg de la bande d'Orgères?

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— Je n'essaierai pas de le nier, messieurs, et je peux maintenanl l'avouer sans danger pour lui, car il va mourir... Le contra-poison est venu trop tard.

En effet, le Beau-François, puisque nous savons maintenant le nom véritable du valet du charlatan, continuait de s'affaiblir avec rapidité. Déjà ses extrémités étaient froides; son œil avait ces teintes vitreuses, présages d'une fir ^f^ochaine. Du reste, les convulsions avaient cessé ; cette organisation, usée par toutes sortes d'excès et de misères, n'avait plus la force de lutter contre le mal intérieur. Pas de spasmes, pas d'agonie; la mort semblait prendre paisiblement possession de ce squelette hideux. En revanche , comme il arrive souvent en ce moment suprême, les traits de la jeunesse reparaissaient d'une ma-

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nière distincte sous les cicatrices du Beau- Franoois.

— Voilà donc ce qu'il est devenu ! dit Daniel avec un mélange d'horreur et de pitié.

Cependant Vasseur avait demandé des explications à Baptiste-le-Chirurgien, et le charlatan ne fit aucune difficulté pour répondre à ses questions.

Après s'être réfugié dans les provinces insurgées, le Beau-François avait mené une existence criminelle et vagabonde jusqu'au jour où la pacification était venue rendre ces provinces à la domination de la loi. Traqué de retraite en retraite, seul et sans ressources, le chef des brigands d'Orgères ne pouvait manquer d'être bientôt pris, quand il rencontra par hnsani, dans un obscur vi l'âge de la basse Bretagne, son

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ancien camarade Baptiste- le-Chirurgien.

Malgré leurs querelles passées, ils n'eurent pas de peine à s'entendre, car ils avaient encore besoin l'un de l'autre, et ils tentèrent ensemble de conjurer les dangers de leur situation.

Baptiste savait par les gazettes du temps, qui avaient rendu compte du procès d'Orgères, qu'aucune charge importante ne s'élevait contre lui, et que, dans le cas où il serait repris, il avait seulement à craindre un emprisonnement plus ou moins long. Celte éventualité ne pouvait l'effrayer beaucoup; d'ailleurs, il comptait sur les ressources de son esprit et sur son habileté à se déguiser po'ir mettre en défaut la surveillance des agents de l'autorité. Mais il n'en était pas tle même du Beau- François, qui avait acquis une célébrité

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immense. Depuis son évasion des prisons de Chartres, son signalement avait été répandu à profusion dans toute la France.

Le chef des brigands d'Orgères était remarquable par sa haute taille, par cette régularité de traits qui lui avait valu son surnom; le premier gendarme qui le rencontrerait np pouvait manquer de le reconnaître Sijr-le-chafup. En présence de ces péiils, le Beau-François n'hésita pas à prendre un parti que Baptiste lui proposait et que le soin de sa propre sûreté rendait nécessaire; il eut le triste courage de se brûler le visage avec de l'acide sulfuiique; de là venaient les affreuses cicatrices dont nous avons parlé.

A partir de ce moiiient, Baptiste et Fran- •^is civaioMl courv!.!»- pays î>)ur exercer la profession avouée de charlatans, évitant

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avec soin les provinces où ils s'étaient montrés autrefois, jusqu'au jour où le hasard de leur vie vagabonde les avait conduits près de la ferme de Rancey, dont Ladrange était propriétaire. Baptiste convenait que son industrie ne les avait pas toujours mis à l'abri des premiers besoins, ce qu'il attribuait, dans son emphase pédantesque, <i à l'ignorance et à la stupidité de l'espèce humaine. » Mais ce qu'il n'avouait pas , c'était le système d'abrutissement et de tortures qu'il avait suivi envers son ancien chef, devenu son valet. Peut-être l'empirique avait-il voulu se venger des humiliations que François ne lui avait pas épargnées à une autre époque; peut-être avaitil redouté pour lui-même l'énergie féroce de cet assassin qu'il s'était donné pour compagnon et pour domestique. Quoiqu'il

en fût, il avait pris à tâche de l'affaiblir par une nourriture insuffisante, de l'abrutir par des liqueurs fortes, de briser toute vigueur physique et morale en expérimentant sur lui les drogues dont il faisait usage. Il avait achevé de le dompter par la force brutale, et nous avons vu comme il avait réussi. Sans doute François n'était pas tombé sans combat à ce degré de faiblesse etd'imbécilUté. Plusieurs fois, dans les premiers temps, il avait essayé d'empoisonner son maître ou de le frapper à l'improviste avec son couteau; mais Baptiste, toujours sur ses gardes, était parvenu à déjouer ces tentatives, et sa haine contre sa victime n'en était devenue que plus atroce.

Daniel en savait assez pour comprendre quel drame épouvantable se jouait, depuis

dix ans, entre ces deux monstres, et il dit à Baptiste avec un accent d'inexprimable dégoût :

'- De quel droit, misérable, avez-vous usurpé envers votre associé ces horribles fonctions de bourreau? A défaut de la justice humaine, ne deviez-vous pas laisser le soin de sa punition à Dieu et à sa conscience ?

— Si j'ai été son bourreau, dit le charlatan d'une voix sombre, croyez-vous qu'il n'ait pas été le mien"^... Est-ce donc à vous autres, honnêtes gens, de me reprocher ma durelé envers le chef des brigands d'Orgères? ie pensais au contraire avoir droit à des remercîments, puisque je vous vengeais tous.

11 alla prendre le pouls du malade et en compta les pulsations.

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— Le moment approche, dit-il froidement; dans quelques minutes tout sera fini.

— Si j'envoyais chercher le curé du village? demanda Ladrange avec agitation ; peut-être parviendrait-il...

— Avant l'arrivée du curé, répondit Bîiptiste, le drôle aura rendu le dernier soupir.

— Eh bien ! donc, François, reprit Daniel d'un ton solennel en s'approchant du moribond , s'il vous reste encore assez d'intelligence pour me comprendre, écoutez-moi : vous allez paraître devant Dieu et lui rendre compte de tous vos crimes. N'aurez-vous pas à cette heure suprême un mot de repentir?

Les facultés de François parurent s'éveiller; ses lèvres remuèrent, mais Daniel,

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en se penchant sur lui, n'entendait que des paroles confuses. Enfin, cependant, le mourant répliqua d'une voix distincte :

— Laissez-moi! l'enfer de l'autre vie ne saurait être plus horrible que l'enfer de celle-ci. Laissez-moi; pas de repentir, pas de pardon; je suis trop coupable... J'ai tué mon père, j ai tué n;on fils... que le diable prenne mon âme ! Je voudrais...

Le reste s'éteignit dans une nouvelle bordée de blasphèmes inintelligibles.

— Tout le mal, continua-t-il en balbutiant, est venu de ce père et de cette mère qui m'ont abandonné depuis ma naissance. Honte et malédiction!... Que l'enfer...

Il poussa un profond soupir et demeura immobile, bouche béante, sans pouvoir achever sa malédiction.

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— Il est mort, dit le commandant après un silence.

— Et delà mort d'un sage, ajouta Bap-liste en ricanant ; il est mort, comme Socrate, d'avoir bu la ciguë.

Daniel était vivement impressionné par celle scène funèbre, et Vasseur s'empressa de Tentraîner dans la salie du cabaret, où Ladrange s'assit sur un b; uo d'un air abattu. Pendant que son ami.se calmait un peu, le commandant s'approcha de Baptiste, qui les avait suivis avec assurance.

— Maintenant, monsieur le docteur, dit-il bas d'un ton ferme, à nous deux !... Vous allez me suivre, s'il vous plaît, chez le maire du village.

— Et pour quoi faire, monsieur? demanda le prétendu docteur.

~ Pourquoi.'' Eh parbleu! pour faire la

déclaration du décès de votre valet et de la méprise qui en a été la cause.

— Votre présence est inutile. Avec votre permission, j'irai seul chez le maii'e, brigadier Vasseur.

— Brigadier 1 vous pouvez bien dire commandant; j'ai un peu monié en grade, l'ami, depuis que nous ne nous sommes vus. Quoi qu'il en soit, je me suis mis dans la têle que vous viendriez avec moi chez le maire et vous y viendrez. Allons ! pas de simagrées ; j'ai encore le poignet solide, et je saurai bien vous y mener de gré ou de force.

Il saisit le docteur au collet et le secoua comme un roseau. Le prétendu Lamberti ne parut pas trop s'effrayer de ceCte démonstration menaçante.

«— Ne déchirez pas mes habits, mon-

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sieur le commandant, dit-il de son air majestueux ; je, suis prêt à vous suivre. Seulement, vous ne serez pas surpris, n'est-ce pas, si j'appprends au maire le nom véritable et la parenté du défunt Beau-François?

— Que voulez-vous dire? demanda Vasseur en le lâchant tout à coup ; est-ce que le Beau-François ne portait pas un autre nom que celui-ci?

" Il avait pris le nom de Pierre Guichard, reprit Baptiste en se rajustant, et il a sous ce nom des papiers parfaitement en règle; mais je sais, moi, son véritable nom; je sais à- quelle honorable famille il appartient.

— Vous? dit Vasseur, qui ouvrit de grands yeux.

Lamberti lui ghssa négligemment quel-

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ques mots à l'oreille. Vasseur bondit de colère.

— Vous savez cela ! grommela-t-il. Que la peste te confonde, maudit charlatan! je n'aurai donc jamais ma revanche contre toi?

11 reprit, après un moment de silence :

— Allez tout seul chez le maire, monsieur Lamberti, et faites constater comme il vous plaira l'erreur ou l'accident quia coûté la vie à votre valet Guichard... il est inutile de lui donner d'autre nom. Si vous avez besoin de témoins pour prouver l'imprudence de la victime, vous invoquerez mon témoignage et celui de M. Ladrange.

En ce moment, Daniel, complètement remis de son émotion, s'avança vers eux. Vasseur poursuivit :

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— ■ Ces formalités remplies, monsieur le docteur, vousiivez probablement l'intention de donner à ce... mort une sépulture décente?

— Sans doute, mais...

— Comme ce malheureux, tout méprisable qu'il était, m'a inspiré de la pitié, interrompit Daniel, je veux contribuer en quelque chose aux dépenses de son enterremenl.

Et il glissa plusieurs pièces d'or au charlatan, qui remercia en promettant de rempHr les volontés des honorables bourgeois.

— Maintenant, reprit Vasseur, un dernier mot, monsieur Lamberti. Terminez au plus tôt vos affaires dans ce canton, et hâtez-vous de déguerpir. Si dans vingtquatre heures vous n'avez pas quitté ce

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département pour n'y plus revenir, je lâche à vos trousses des gaillards qui vous mèneront bon train, i/est bien vu, bien entendu, bien compiis, n'est-ce pas? Bonjour donc, et au plaisir de ne plus vous revoir. "

Laissant Baptiste consterné et tremblant, il prit le bras de Ladnuige, et tous les deux sortirent du cabaret.

Ils gagnèrent en silence la grande avenue de la ferme. A mesure qu'ils s'éloignaient, Daniel respirait plus librempnt, et les nuages lugubres qui flottaient encore dans son esprit ^e dissipaient l'un après l'autre. Vasseur, au contraire, devenait de plus en plus rêveur.

Tout à coup il parut pris d'une idée, et il se dit à lui-même en se frappant le front :

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•^ Niais que je suis! je ne pouvais le faire arrêter, mais je pouvais du moins... c'est permis entre bourgeois... Oui, oui, c'est cela; il n'est pas encore trop tard.

Puis, s'adressant tout haut a Daniel :

— Marchez lentement, mon cher Ladrange, dit-il; je vous rejoindrai bientôt... J*ai encore une petite affaire dans le village; on ne pense jamais à tout.

Et il revint sur ses pas, tandis que Daniel poursuivait distraitement son chemin.

Vasseur resta tout au plus absent dix minutes, et il rejoignit en effet son ami dans l'avenue. Le commandant paraissait rayonnant, mais son teint échauffé, son habit en désordre , et un beau jonc à j.oflime d'or, qu'il tenait à la main, était

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fendu d'un bout à l'autre. Cependant Daniel ne remarqua rien de tout cela.

— Quel événement, Vasseur, dit-il d'un air pensif en suivant le cours de ses réflexions ; qwi m'eût dit ce matin, quand je redoutais tant le retour de ce monstre abominable, de ce parricide, que ce soir même il m'arracherait presque des larmes de compassion.

— Véritablement ce Baptiste paraît lui a\oir renJu la vie fort dure, reprit Vasseur; et, si je ne me trompe, le Beau- François eût mieux fait de payer sa dette là-bas, sur la place publique de Chartres, avec les autres... Mais laissons cela, Ladrange; morte la bête, mort le venin... Ah çà ! vous n'aurez plus d'inquiétude maintenant?

En ce moment, ils arrivaient à l'extré-

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mité de l'allée, et ils atteignirent les bâtiments de la ferme de Rancey, dont le soleil couchant dorait les toits. Une foule empressée, hommes et femmes, allait et venait dans les cours; de toutes parts s'élevaient les chants et les rires des joyeux travailleurs. Des troupeaux revenaient en mugissant des pâturages ; on entendait les sonnettes argentines des brebis. Tout respirait la joie, le bien-être et la paix.

Comme Daniel souriait à ce spectacle de son opulence, il aperçut, à l'entrée de la ferme, une belle jeune fille en robe blanche, coiffée d'un grand chapeau de paille aux rubans flottants. Elle tenait par la main les deux charmants espiègles que nous connaissons déjà. Celait Maria qui venait, avec ses enfants, au-devant des promeneurs. Taus les trois avaient l'c-

connu (le loin le chef de la famille, et ils le saluaient de leurs gestes, de leure re* gards, de leurs sourires.

Daniel serra le bras de son ami, et dit avec émotion :

— Ah ! Vasseur ! Vasseur! c'est d'aujourd'hui seulement que je vais être heureux !

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