GUSTAVE CH
bat qui se livre dans l’âme de la jeune fil peut tenir à la fin et va rejoindre Julien dans I Le troisième acte nous montre le panorama d ris au crépuscule, vu de Montmartre. Un table d'une merveilleuse beauté, qui, tout à l'heure, nuit tombée, s’éclairera de mille feux. Louise et Julie vivent heureux et libres, s’aimant éperdument et sans contrainte. Ici, quelques déclamations un peu grat diloquentes sur le droit à l'amour et sur la tyrannie familiale. en Puis tout change et nous nous trouvons transportés en pleine folie. Bohëmes, grisettes, passants, rôdeurs, gamins, sortent d’entre tous les pavés'et c’est la mascarade, le Päpe des fous; enfin la ceremonie 40 couronnement de Louise comme muse de Montmartre. ee. ee Ce n’est qu'après ce bruyant intermède que l’action. fait un nouveau pas : le mère de Louise vient, et comme il est dit plus haut, réussit à emmener safille. Le dernier-acte ramène le décor du premier, avé 2 ‘le père malade, la mère-bourrue, et Louise révoltes: et rongeant son frein. [ci tout est dispute et tiraillements, et l’action justifie son titre de « roman musical ». Cet acte est alourdi par un peu trop de philosophie et par l'opposition très accentuée entre le point … de vue traditionnaliste des parents et le point de vue libertaire de l’enfant: éternelle querelle entre les droits du passé et ceux de l’avenir. L'acte s'achève par fuite de Louise chassée par son père, et par le geste de haine de celui-ci vers la ville maudite. + Ces deux actes d’action, le premier et le dernier, sont les moins intéressants au point de vue musical. Les deux autres, où l’action est réduite au minimum et où toute la place est réservée à la libre fantaisie, sont de beaucoup supérieurs et ont partout décidé du succès. | Ses
es cé imposa au ne ee avec son unique ouvrage dramatique, Pelléas et Mélisande, qui marque une date décisive dans les annales du théâtre lyrique. Peu fécond, M. Debussy n’a rien donné à la scène depuis lors, oien qu” à Done reprises le ue ait COUrU que l'auteur
ions. Le Pelléas et Mélanie
Drame lyrique en cinq actes tiré du théâtre de Maurice Maeterlinck, musique de Claude Debussy.
Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre national de lOpéra-Comique, le 30 avril 1902. PRINCIPAUX PERSONNAGES : Arkël, roi d’Allemonde; Gone. Pelléas, petit-fils d’Arkël, fils de Geneviève, mais de pères différents ; le petit Yniold, fils d’un premier lit de Go- laud; Mélisande; Geneviève, mère de Golaud et de Pelléas. La scène se passe au château d’Arkël, dans le royaume fabuleux d’Allemonde, à une époque lointaine mais indéterminée. | Ce n’est point tâche aisée que de résumer ce drame papillotant, ces petites scènes dans des décors perpé- tuellement changeants, où se meuvent comme flot- tantes des figurines falotes, des êtres élémentaires, touchants et "puérils. Ce qui sauve l’ensemble à a représentation, c’est la poésie très personnelle et très spéciale de Maeterlinck unie étroitement jusqu à se confondre entièrement à la InusIque si originale de . Debussy.
Pelléas et Mélisande, c’est l’histoire d’un amour innocent, qui croit et se développe comme à l'insu des personnages, et de la jalousie qui monte parallèment au cœur d'un. mari et arme le bras du frère contre le frère. C’est enfin la mort de Phéroïne, qui s'en va comme elle est venue, sans qu’on sache qui elle est, ni si cette âme menue de petite fille ou de simplesse, aux mouvements tout réflexes et instinc-
- pour marionnettes, qui se : passerait à. pus Ceci dit, le mieux est de s'en tenir à une 6
règle qu’une scène. :
Une forêt : Mélisande est ne au d’une fontaine. Arrive Golaud qui s’est perdu à chasse. Golaud est l'aîné de deux petits-fils du vieux roi Arkël. Il est veuf et a eu un petit garçor Yniold, de son premier mariage. Rencontre de Golaud et de Mélisande, qui répond “par monosyllabes et ne donne sur elle-même aucun renseignement ps tant d'établir son identité. | de
Une salle dans le château : Golaud a épousé Mél sande sans demander l’assentiment de l’aïeul ; aussi n’ose-t-il reparaître au château. Il a écrit à son der frère Pelléas, beaucoup plus jeune que lui, pour savoir s'il est ‘pardonné et s'il peut revenir. Dans ce dernier cas, Pelléas doit lui apprendre la chose en allumant une lampe au sommet de la tour. Arkël et Geneviève n'ont plus de colère et Pelléas us la ë lampe. | >
Devant le château : première rencontre de Pelléas . et de Mélisande; entre eux se manifeste la retenue craintive et la gène de l'amour qui commence et qui n'ose s’avouer à soi-même. .
Une fontaine dans le parc : Pelléas et Mélisandes. en se promenant, sont arrivés au bord de la «fontaine des aveugles ». Développement du sentiment ébauché au tableau précédent. Accidentellement — est-ce bien.
un accident ? — Mélisande laisse tomber dans la fon taine l’anneau que lui a donné Golaud. Les deux. jeunes gens ont peur comme d'une première faute. 5
Un appartement dans le château : Golaud s'est blessé et est malade dans son lit. Mélisande le soigne. : Elle confie à son mari qu’elle n’est pas heureuse au 5 »:: château :la peur de l'amour, qui. voudrait cherche Le
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tient et la tranquillise. [l s'aperçoit soudain de la isparition de l’anneau et s’irrite : que Mélisande
ille chercher tout de suite! Mais lorsqu'il demande ù elle l’a perdu, elle ment. Pourquoi a-t-elle menti? Un vague sentiment de culpabilité sans doute.
Devant une grotte : Pelléas et Mélisande feignent la vaine recherche de l’anneau, qu’ils savent bien n'être pas là. Apparition énigmatique de trois vieux pauvres à cheveux blancs (P?). La peur monte, symbolisée par la marée.
Une des tours du château; un chemin de ronde passe sous une fenêtre de la tour : c'est la scène, si
sical, de la chevelure. Mélisande, à sa fenêtre, peigne ses longs cheveux en chantant. Pelléas la voit, et le
jeu dangereux continue; l’amour éclate à tous les yeux, sauf à ceux des amants qui refusent encore de voir. Golaud survient tandis que Pelléas joue avec
les cheveux de Mélisande. La jalousie entre dans son âme, mais lui non plus ne veut pas encore voir, ne veut pas s’avouer. Il se borne à un avertissement et * à une réprimande. |
Les souterrains du château : le plus énigmatique de tous ces tableaux ; Golaud conduit Pelléas au bord . d’un sombre gouffre, au fond duquel on voit une eau Stagnante. Ce gouffre est sans doute le symbole de celui au-dessus duquel Pelléas est en train de se pencher en se laissant aller au sentiment qui l’entraîne vers Mélisande. Ce tableau est très court.
Une terrasse au sortir des souterrains : simple suite de la scène précédente ; ne dure qu’une minute à peine. Mais Golaud y précise l'avertissement donné
n. quillité qu’on sent feinte. |
Devant le château : jolie scène où Golaud, en qui la jalousie fait de terribles ravages, cherche à tirer du
petit Yniold des renseignements sur les rapports entre son frère et sa femme. C'est ici que Maeterlinck se
FAGDÉLR DÉBUT 7°.
t dans la fuite? Peut-être. Golaud, aveugle, la
admirable au point de vue poétique, pictural et mu-
lors de la scène de la chevelure. Il affecte une tran-