‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 25 sur 90 · M HN O0 PA EU RE 144 | : ÉQUIS GANNE NS · texte numérisé non relu

M HN O0 PA EU RE 144 | : ÉQUIS GANNE NS

La

de saltimbanques, les Gigoletti. Le chef de l’orphéon du lieu est le comte des Etiquettes, féru de musique. et grand amateur des jeux du cirque depuis sa liaison avec une danseuse de corde, aujourd’hui Mme Ber- … nardin, sa voisine, liaison dont ils ont eu une fille, qui n’est autre que Suzanne, comme nous l'avons dit Ée dans le préambule. On voit successivement défiler le comte et ses orphéonistes, des bohémiens qui sont. nos vieilles connaissances Grand Pingouin, Paillasse, Marion et Suzanne, forcés par la misère de se livrer aux métiers les plus divers, puis des soldats que commande André. André et Suzanne se rencontrent, se reconnaissent et s’'avouent que depuis qu'ils se sont vus pour la première fois, ils n’ont cessé de penser l’un à l’autre. André ne songe à rien moins qu’à épouser la petite saltimbanque et à braver, s’il le faut, le courroux de son oncle, quiest marquis. Mais Suzanne ne se dissimule pas les difficultés et a bien peur.

Arrivent Malicorne et sa femme qui attendent les Gigoletti, Justement voici quatre saltimbanques. Ce sont nos quatre fugitifs qui se sont fait livrer par l’aubergiste les bagages des Gigoletti et se sont costumés et grimés de façon à être méconnaissables pour leurs anciens patrons. Mais les vrais Gigoletti arrivent et la fraude ne tarde pas à être reconnue. Nos quatre vagabonds seraient perdus sans l'intervention du comte des Etiquettes, qui paie leur dédit et les invite à son château. Le comte invite aussi André et ses hommes. Il engage enfin Malicorne et sa troupe pour une représentation chez lui. Le comte a été troublé à la vue de Suzanne : sa fille aurait l’âge de la jeune personne et la voix du sang a commencé à parler.

Le troisième acte se passe au château du comte des Etiquettes. Grand Pingouin a été nommé intendant, Paillasse, directeur de l’orphéon, Marion, lingère. Quant à Suzanne, elle vit un peu en fille de la maison. Les trois premiers exercent leurs fonctions avec

un zèle presque excessif. Suzanne se contente d’être charmante. se

Arrivent les invités pour la représentation du cirque Malicorne. Le manège du comte et de Mme Bernar- .

LOUIS GANNE à la barbe du mari ridicule donne lieu à des

ènes comiques. André demande au comte de l’aider

à obtenir du marquis son consentement à son mariage

avec Suzanne. Le comte acquiesce, mais un mot de Suzanne met la puce à l'oreille d'André, qui se per-

suade que son adorée s’est déjà promise à Paillasse.

Il en conçoit de l’humeur et se retire sans vouloir

entendre d'explications. Suzanne essaie ensuite de faire comprendre à Paillasse qu'il doit renoncer à elle, mais le pauvre garçon est aveugle et interprète à faux tout ce qu’elle lui dit. Il faut que Grand Pingouin et Marion lui mettent brutalement les points sur les i pour qu’il admette enfin la vérité; mais le coup est cruel et il décide de vider la place sans même prendre congé. | |

Malicorne étant en retard, le comte demande à Mme Bernardin de chanter une romance de lui pour faire prendre patience aux invités. Mais Bernardin, qui a enfin les yeux ouverts, défend à sa femme de chanter. Qui donc pourrait la remplacer ? Suzanne accepte. O surprise! Elle chante précisément la chanson que Mme Bernardin allait entonner. Or cette chanson, dont le comte est l’auteur, est inédite et n’a pu être transmise que par tradition orale. Des Etiquet- :

. tes et Mme Bernardin ont compris : Suzanne est leur enfant. |

Leur émoi passe cependant inaperçu, car au même instant Malicorne fait son entrée. Des Etiquettes lui propose l’achat de son cirque, à condition qu’il don-

nera des renseignements précis sur les origines de Suzanne. Malicorne s'exécute. Suzanne apprend ainsi la vérité sur sa naissance. Rien ne s'oppose plus à son mariage avec André. Malicorne et sa femme pourront désormais vivre de leurs rentes. Des Etiquettes fait

. cadeau du cirque à Grand Pingouin et à Marion, qui seront directeurs à leur tour. Paillasse a disparu.

Mais qui donc arrive maintenant? C'est le pauvre

__ Païllasse qui n’a pu se décider à partir sans dire adieu

à Suzanne. En bon ami, qui aime jusqu’au sacrifice,

il met la main de la jeune fille dans celle d'André et fait pour les fiancés les meilleurs vœux de bonheur.

à # 4 ; 5 hr La pièce, qui abonde en péripéties gaies et même folles, s’achève ainsi sur une jolie note émue.

Christophe-Willibald von Gluck.

Né à Weidenwang, près Berching, en Franconie, le 2 juillet 1714, mort à Vienne le 15 novembre 1787.

Gluck, né roturier, mais anobli plus tard avec le titre de chevalier, dut aux relations qu’il avait nouées à la cour de Vienne avec l’archiduchesse Marie-Antoinette de passer à Paris lorsque celle-ci fut devenue dauphine de France. C’est ainsi qu'après une activité prolongée mais assez obscure en Autriche dans le domaine de l’opéra italien, il eut la gloire de réformer le grand opéra français. Il avait essayé pareille réforme à Vienne déjà avec son Orphée, puis avec Alceste, mais n’avait pas trouvé dans la capitale autrichienne un terrain favorable. Orphée et Alceste ne triomphèrent qu’une fois traduits en français et adaptés à la scène française. De l’œuvre de Gluck, seuls ont survécu les ouvrages qu’il donna à Paris. C’est ainsi qu’il doit être considéré comme appartenant à l’histoire de l’opéra fran- Çais.

Orphée.

Opéra en 4 actes, paroles italiennes de Calzabigi, traduction française de Moline, musique de Gluck.

Représenté pour la première fois, en langue italienne, à Vienne, le 2 octobre 1762; en langue française, à Paris, sur le théâtre de l’Académie royale de musique, le 2 août 1774.

PERSONNAGES : Orphée; Euridice ; l'Amour ; une Ombre heureuse.

. La scène se passe au tombeau d’Euridice, puis aux enfers, aux Champs-Elysées, enfin à la sortie du Tartare.

Il y a eu plusieurs versions d’Orphée. Celle de Paris, en 1774, différait sur plus d’un point de celle de la première représentation à Vienne. À chaque reprise nouvelle on modifiait quelque détail. La meilleure version, celle qui sera probablement suivie désormais, est celle que MM. Saint-Saëns et Doret ont établie pour les représentations du théâtre de Mézières (Suisse), en été 1911. C’est celle que nous allons décrire ici. “EP

CHRISTOPHE-WILLIBALD VON GLUCK __ Le premier acte se passe au tombeau d’Euridice. Cérémonie funèbre. Orphée se répand en lamenta- __ tions sur la perte de son épouse chérie. Il proclame

sa résolution de tout braver pour la rejoindre, dût-il

pour cela descendre au séjour des morts.

Apparaît l’Amour, porteur d’un consolant message :

les dieux permettent qu'Orphée pénètre aux enfers et revoie sa femme. Il pourra même la ramener sur la terre des vivants. [ls lui imposent cependant une condition dangereuse, à laquelle le mari souscrit dans l'ivresse de sa joie : il ne devra pas lever les yeux sur celle qu’il recherche, sinon elle périra subitement à nouveau sous ses yeux.

La scène, au second acte, représente l'entrée des enfers. Sinistre grouillement d’ombres, de larves, de furies. Tout ce peuple infernal est en rumeur: un mortel ose porter ses pas vers le séjour des morts! Il faut lui barrer à tout prix le passage. |

. Mais Orphée paraît, la lyre à la main, et ses accents sont si touchants qu'il dompte le sauvage troupeau. Le tumulte s’apaise, les rangs des démons s’écartent, Orphée passe et est englouti par les profondeurs de la térre:

Le troisième acte nous transporte aux Champs- Elysées, séjour des ombres heureuses. Là tout est calme et sérénité; une douce lumière baigne un riant paysage. Euridice passe avec ses compagnes, qui se livrent à d’innocents passe-temps. :

Arrive Orphée, à la recherche de celle qu’il n’a pas le droit de regarder. Il implore les ombres pour qu’elles lui rendent l’objet de ses désirs. On lui amène Euridice, qu'il reconnaît au toucher de sa main et au son de sa voix. Il l’entraîne vers la vie.

A la sortie des enfers, Euridice s’alarme de l’attitude d’Orphée. Pour la traiter ainsi, pour lui refuser un regard, il faut qu’il ait cessé de l’aimer! Elle accable le malheureux de ses reproches et parle de regagner seule le séjour de délices qu'elle vient de quitter. Orphée ne résiste pas à ses pleurs: il la regarde et aussitôt elle tombe sans vie à ses pieds. [ci se place l’air célèbre : «J’ai perdu mon Euridice.….

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