‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 36 sur 90 · PAT · texte numérisé non relu

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entre donc dans une violente colère lorsqu'il apprend

l'enlèvement de sa femme. Et, comme pour lui accorder une compensation, on lui permet de prendre le commandement du régiment dont il fut jusqu'ici colonel honoraire, il décide d'emmener ses dragons à l'assaut du pensionnat où est internée la duchesse et de reprendre celle-ci de gré ou de force. Frimousse, dont les fonctions auprès du petit duc sont terminées, est envoyé comme professeur de littérature à la maison des demoiselles nobles de Lunéville ; c’est là que nous le retrouverons au second acte.

Le pensionnat de Lunéville a pour directrice une luronne dans les veines de laquelle coule du sang de Henri IV, Madame Diane de Château-Lansac. Nous la trouvons au début de l'acte suivant en train de donner une leçon de chant à ses élèves. Arrive Frimousse; mais à peine est-il installé que l’alarme est donnée: un régiment de dragons fait le siège de la maison. Presqu'aussitôt arrive Montlandry, en parlementaire. [1 réclame la duchesse, et annonce que si celle-ci n’est pas remise de bon gré entre ses mains, le régiment l’enlèvera de force. La directrice répond fièrement par un refus et fait mettre Blanche de Parthenay au cachot. Puis elle renvoie le parlementaire et organise la résistance. Frimousse étant le seul homme éligible, est chargé de diriger la défense.

Survient une paysanne, qui n'est autre que le petit duc déguisé. Il a imaginé ce moyen de s’introduire dans la place et réussit effectivement à communiquer avec sa femme. En feignant d’être éprise de Frimousse, la fausse paysanne parvient à lui subtiliser les clés, mais l'évasion qu'il projette est empêchée par l’arrivée de la directrice : le duc a été reconnu. Pourtant l’irruption des soldats démontre presque aussitôt que toute résistance de la part des assiégées serait vaine. Mme de Château-Lansac joue alors sa dernière carte: on se bat à la frontière, près de là, et au lieu de s’attarder à faire le siège d’un pensionnat, le régiment de Parthenay devrait être au feu. Le petit duc en convient et part, promettant de revenir bientôt. Pour se venger de Frimousse, il l’'emmène avec lui.

LAS Au troisième acte, nous sommes au Camp. Mont- A UE landry est arrivé ; le petit duc et le régimentlesuivent.

Soudain, alarme : il faut livrer bataille. Les soldats

partent en hâte et quelques femmes occupent seules

la scène. Par elles nous apprenons les péripéties du combat: D’abord battues, les troupes françaises reprennent l'avantage, grâce à l’arrivée du petit duc et du régiment de Parthenay au moment décisif. Le 5 jeune colonel s’est battu comme un héros et est tout V échauffé par l’action. On lui prépare sa tente. Il n'est du reste pas le seul à s'être couvert de gloire : Frimousse, qui l’eût cru ? a fait sans le vouloir plus de trois cents prisonniers et son ardeur belliqueuse ne

connaît désormais plus de bornes.

Le soir tombe. Le petit duc doit donner le mot d'ordre. Les soldats s'étant laissé aller à des excès avec les villageoises, ce mot d'ordre, qui est aussi un ordre, sera : «Pas de femmes!» Le jeune héros se prépare au repos. Un coup de feu retentit et une fem-

me se glisse dans la tente vide. On vient, on cherche,

| le petit duc comme les autres. Mais dans sa tente il a

reconnu sa femme! Et il renvoie tout le monde, prétendantn’avoir rien vu. |

Dans la nuit, c’est maintenant le duo d’amour, la dinette, les explications: pour suivre son mari, la duchesse s’est évadée et a bravé tous les dangers.

Tandis que les amoureux devisent, une patrouille . passe et perçoit un bruit de baisers. Le général sera instruit de cette infraction à des ordres formels, et alors qu'il s’y attend le moins, le petit duc voit arriver Montlandry, chargé de lui demander son épée. Il remet ce qui lui en reste: l’arme en effet s’est brisée dans la bataille. Mais cette punition n'était qu'une feinte : le général fait grâce et envoie le duc et la duchesse annoncer à Versailles la victoire des armes françaises. UE

Le jour et la nuit.

Opéra-bouffe en trois actes, paroles de A. Vanloo et E. Leterrier, musique de Ch. Lecocq.

es Nouveautés, le 5 novembre 1881.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Le prince Picratès de Cala-

bazas; Don Braseiro de Tras os Montes ; Miguel ; Ma-

x VC R:

Hnola ; Béatrix, \

La scène se passe en Portugal au XVII siècle.

L'action est baséesur un quiproquo assez simple et

ses péripéties découlent de l'effort des auteurs pour

faire durer ce quiproquo jusqu’au dénouement. Don Braseiro, déjà deux fois veuf, veut se remarier et

selon la coutume des grands de son temps, il fait la

chose par procuration. Son cousin Degomez, un hom-

me qui a pour signe particulier un sommeil incoer-

cible et une étonnante faculté de dormir debout, est allé à Lisbonne et lui en ramène une jeune veuve, la brune Béatrix. On l'attend au moment où lève le rideau.

Miguel, intendant de Braseiro, désire aussi se marier. Mais il n’opère pas par procuration et s’est choisi une ravissante blonde, Manola.

Il est nécessaire de savoir que le Portugal est en guerre avec l'Espagne, et que Braseiro, gouverneur d’une province sur la frontière, a souvent à en découdre avec ses turbulents voisins. Comme il s’apprête à recevoir son épouse, un message lui annonce que sa présence à l’armée est nécessaire. Il part donc,

mais pressé de voir sa femme il s’arrangera à revenir

bientôt. LEUR a Pas plus tôt est-il sorti qu’arrive Manolæ toute

échevelée. Elle est poursuivie par un galant extrême-

ment entreprenantet de plus fortpuissant, le prince de Calabazas, premier ministre. Elle vient de lui échapper et cherche refuge auprès de son fiancé.

Sur les talons de la fugitive, Calabazas arrive. Miguel n’a que le temps de cacher Manola. Mais il ne peut la dissimuler longtemps et pour la soustraire aux poursuites de don Picratès, il ne trouve rien de mieux que de la faire passer pour la future de don Braseiro.

HHIse dit que: ce dernier étant à l'armée, il aura :le temps d’éloigner Picratès, puis de présenter à son

maître, à son retour, la véritable mariée. Le stratagème paraît réussir très bien pour commencer : Calabazas n'ose importuner Manola, femme du gouverneur. Mais, patatras ! voici que Braseiro rentre inopinément : il a conclu, moyennant finance, un armistice avec son adversaire. Le gouverneur trouve Manola, qu'il croit être sa femme, très de son goût. Sans prendre garde que celle-ci et Miguel font tout ce qu'ils peuvent pour éloigner Picratès, il le retient au contraire, puis, très pressé, il donne l’ordre de prépaparer le coucher de la mariée. Cruel embarras! Miguel et Manola, restés seuls ne savent quel parti prendre, lorsque paraît Béatrix, escortée par le somnolent Degomez. Coup de théâtre : les deux femmes se reconnaissent ; ce sont d'anciennes amies. On explique à Béatrix la situation et elle consent à être du complot. |

C'est elle qui tout à l’heure entrera dans la chambre nuptiale, tandis que Manola disparaitra. Elle exigera, prétextant la pudeur, que toutes lumières soient éteintes ; de cette façon, Braseiro ne s’apercevra de rien. Au matin, Manola reprendra sa place de femme officielle et la conservera jusqu’au départ de Picratès, qui ne peut rester là éternellement. Braseiro aura donc une femme de jour et une femme de nuit. Tout se passe comme convenu et le rideau baisse après que le public a assisté à la substitution des épouses.

Le second acte s’ouvre au petit jour, après la nuit . nuptiale. Aubade de cornettes en présence de Miguel dévoré d'inquiétude. Braseiro sort pour faire cesser le bruit. Miguel apprend de lui que tout, jusqu'ici, s’est passé ainsi qu'il avait été prévu. Puis Braseiro rentre dans la chambre; mais Béatrix n’y est plus. Braseiro, furieux de trouver buisson creux, ne tarde pas à reparaitre et prodigue les tendresses à Manola revenue, qui se trouve dans un grand embarras. Restée seule avec son pseudo-mari, elle sent cet embarras s’accroître encore, car Braseiro évoque des souvenirs très récents dont elle n’a pas.la moindre idée, et pour cause ! Son mari la prie entre autres de lui redire la chanson qui.

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tant le charma la nuit précédente, et Manola se de- mande quelle chanson elle a bien pu lui chanter. Heureusement que Béatrix vient à son aide et la souffle dissimulée derrière un bosquet. Mais la situation devient intenable et Manola finit par chercher son salut dans la fuite. En la poursuivant, Braseiro tombe sur Béatrix et l’embrasse par erreur. Sa surprise est extrême en constatant que la victime de cette erreur ne manifeste aucune colère et ne demande qu'à la prolonger. Il en devient insupportablement fat.

Calabazas vient ensuite prendre congé. Mais au moment de partir il aperçoit Béatrix: Manola est instantanément oubliée, une nouvelle passion s’em-

pare de l’inflammable Picrates et il déclare qu'il va rester. Mieux : il veut épouser Béatrix. La situation se corse. C’est Manola qui trouvera le moyen de la prolonger. Elle enjole et reconquiert son ex-passion et décide Calabazas, en attendant la nuit, à se cacher au premier étage d’un pavillon où l’on n’accède que par une échelle. Puis elle retire l’échelle, et du haut de son perchoir, Picratès la voit qui s'éloigne, amoureusement pendue au bras de Miguel. I] fait alors un beau tapage, ameute toute la cour et dénonce à Braseiro la trahison de sa femme. Celui-ci est d’abord très affecté, mais dans l’ombre il entend la voix de Béatrix et se persuade que Calabazas est victime d’une erreur. Il reste donc, tandis que le ministre furieux part à la poursuite des fugitifs.

Troisième acte. Nous sommes dans une hôtellerie où tous les personnages vont se retrouver. C’est d’abord Braseiro qui arrive avec Béatrix très emmitouflée et dont il est censé ne pas encore avoir vu les traits. [Il court à l’armée, car le général espagnol, à qui il a négligé d'envoyer la somme promise, a rompu l'armistice. |

Arrivent ensuite Miguel et Manola, en fuite. Ils sont déguisés, le premier en paysan, la seconde en muletier. La frontière est à deux pas et ils espèrent n'avoir bientôt plus rien à craindre. [ls prennent méme la patronne de l’auberge, une personne très com-

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