ARRET
Mais Belamy revient bientôt et aperçoit Rose, qui ne le voit pas. Il comprend le mystère de la cloche et se cache pour observer. Presque aussitôtarrive Sylvain avec les protestants. Rose se met à leur tête pour les conduire en lieu sûr. Mais Belamy a tout vuetva immédiatement entreprendre la poursuite. |
Au troisième acte, le matin est venu et tout s’apprête pour le mariage de Rose et de Sylvain. Maisle bruit se répand que les dragons ont fait une importante prise et Thibaut fait croire à Sylvain que les protestants ont été livrés à Belamy par Rose, tentée par la prime offerte aux délateurs. Le pauvre garçon est atterré. En réalité, on ne sait encore rien, sauf que Belamy, au lieu d’aller avec ses hommes à la poursuite, est resté dans la cave de Thibaut à boire son meilleur vin. Cela ne lui suffit pas: il poursuit son avantage auprès de Georgette, et celle-ci, s’apercevant que la cloche ne sonne plus, cesse immédiatement toute résistance.
Arrive Rose, qui ne comprend rien à l’accueil de. Thibaut, encore moins à celui de Sylvain. Quand elle apprend de quoi on l’accuse, blessée dans son orgueil et dans son amour, elle refuse de se disculper et s'enferme dans un mutisme fier. Adieu le mariage! Adieu le bonheur! Seule Georgette, qui n’a pas le. cœur tendre à demi, se range aux côtés de la pauvre fille. Touchée de ce secours inattendu, Rose, sans mot dire, tend un papier à la fermière : c’est le message du pasteur, écrit à la frontière et annonçant le salut de tous les fugitifs.
Tout est raccommodé entre Rose et son amoureux. Les choses risquent par contre de se gâter entre Sylvain et Belamy. Le dragon, furieux d’avoir été joué, veut faire fusiller le pauvre garçon. Mais il compte sans Rose, qui le menace de révéler à ses supérieurs les festivités de la veille. Pareille révélation entrainerait, pour le sous-officier coupable, le châtiment le plus sévère. Aussi, quand survient le lieutenant, Belamy reste-t-il coi. Tout finit donc bien et l'on pourrareprendreles préparatifs interrompus de lanoce.
Antoine Mariotte.
Né à Lyon en 1878. Après avoir débuté dans la marine,
composée en même temps que celle de M. Richard Strauss et sur un livret identique, a été l’objet de démêlés commer- Ciaux assez retentissants entre les deux compositeurs. Elle a été finalement jouée et a réussi à retenir l’attention même à côté de sa redoutable concurrente. è
de Salomé.
. Tragédie lyrique en un acte, poème d'Oscar Wilde, mu- sique de A. Mariotte. :
Jouée pour la première fois à Lyon, le 30 octobre 1908; à Paris en avril 1910.
PRINCIPAUX PERSONNAGES: Jokanaan, prophète; Hérode, tétrarque de Judée ; Hérodias, sa femme; Salomé, fille d'Hérodias ; un jeune capitaine Syrien. :
La scène se passe à Jérusalem, sur une terrasse du palais d’Hérode. ; Deux musiciens se sont emparés en même temps . de la pièce d’'Oscar Wilde et ont conçu le projet de mettre en musique le texte même du poème, sans y rien changer. Le livret français est la traduction fidèle du chef-d'œuvre anglais, tableau somptueux et ter- rifiant, d’une beauté saisissante et malsaine, drame de Juxure et de sang, d'où se dégagent des senteurs vénéneuses et mortelles, mais d’une séduction irrésistible. La pièce est en un acte, mais dure près de deux heures. On peut du reste la couper en deux en baissant un instant le rideau après l’entrevue entre Salomé et Jokanaan. | __ Le décor représente une terrasse du palais d'Hérode donnant sur les jardins du palais. A droite, une salle de festin brillamment éclairée ; à gauche, l'ouverture
d’une ancienne citerne qui sert de prison au prophète.
On festoie chez Hérode. Seuls des gardes occupent la scène au lever du rideau. Detempsen temps retentit la voix de Jokanaan, venant du fond de la citerne. Le
M. Mariotte s’est voué entièrement à la musique. Sa Salomé
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