‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 72 sur 90 · É: REYER: 1 NON · texte numérisé non relu

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les nornes, puis les valkyries, puis des kobolds et des … elfes. Sigurd triomphe de tous les obstacles. Au troisième appel de son cor, déchaînement des éléments :: devant le héros se dresse un mur de flamme. I] le traverse en chantant, la scène change, et nous voyons Sigurd en face de Brunehild endormie, visière baissée. Il réveille la vierge : duo d'amour. La valkyrie se rendort dans les bras de son vainqueur. Mais celui-ci,

respectant la foi jurée, place son épée nue entre sa

conquête et lui, tandis que les esprits les transportent tous deux au burg de Gunther.

Troisième acte : le matin, un jardin au bord du Rhin. Un chœur invisible annonce l’arrivée de Sigurd et de la vierge du roc ardent ; Uta et Hilda attendent, tremblantes, dans l'ombre. Gunther sort, mystérieusement averti. Sigurd lui remet sa fiancée et lui annonce qu’au jour venu il viendra réclamer le prix de sa vaillance. |

Lorsque Brunehild s’éveille à nouveau, c’est Gunther qui se tient devant elle et qui se donne à elle pour son libérateur. L'hymen du roi et de la vierge divine sera célébré tout à l'heure.

Changement de décor. Les vassaux préparent tout pour la cérémonie nuptiale, à laquelle nous assistons presque aussitôt. Sigurd se présente alors et demande à Gunther la main de Hilda, qui lui est accordée. On célébrera les deux noces le même jour. Mais, à prodige étrange, quand la main de Sigurd touche celle de Brunehild, tous deux sentent comme une brûlure. Hilda a remarqué leur mouvement involontaire et Uta comprend alors les malheurs qu’elle a préparés.

A l’acte suivant, nous voyons Brunehild atteinte d’un mal étrange, mal incurable, dont elle dépérit. Elle est la femme de Gunther, et c’est Sigurd qu’elle. aime. Elle ignore encore pourquoi, et implore Odin. pour qu’il lui reprenne la vie.

Hilda, qui, sur. l’oreiller, a ‘arraché à Sreurdmie secret de la supercherie grâce à laquelle Brunehild fut livrée à Gunther, a surpris le secret de sa belle-sœur. Elle est dévorée par la jalousie et, dans son besoin de narguer sa rivale, elle lui révèle toute la vérité : c’est

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E. REYER AIS Sigurd et non Gunther qui a réveillé la valkyrie, et c'est par amour pour elle, Hilda, qu'il a accompli ce prodige de valeur. Brunehild comprend maintenant ; et elle devine le sortilège qui égare la raison de Sigurd. Elle sait désormais ce qu'exige le destin. Calme, elle se retire. En se retirant elle croise Hagen et Gunther, et jette à la face de ce dernier la vérité et son mépris.

Gunther est atterré. Hagen, qui hait Sigurd parce qu'il en est jaloux, n’a pas grand peine à faire croire au roi que Sigurd l’a trahi. Gunther ne peut frapper le parjure, parce que son serment le lie. C’est Hagen qui se chargera de l’œuvre de mort. Hilda, qui comprend maintenant la portée de son acte, voudrait bien sauver son époux, mais il est déjà bien tard. Une partie de chasse se prépare, qui doit être fatale à Sigurd, héros pur et sans méfiance.

Le voici qui vient, attiré aux lieux qu'habite Brunehild par une force irrésistible. La reine vient au devant de lui. Gunther, posté par Hagen en observation, assistera à toute la scène qui suit. La valkyrie porte dans ses mains «la verveine et la sauge pourprée qui brisent les enchantements». Elle annule ainsi l’effet du philtre d’Uta. Sigurd comprend que c'est Brunehild qu'il aime ; tous deux sont libérés et rendus à la vérité, ce qui, hélas! les voue sûrement à la mort. Comme Hilda, Brunehild l’a compris.

Les deux femmes sont restées seules. L'heure est solennelle. Hilda pourrait encore sauver celui qu’elle aime ; mais comme il en aime une autre, elle hésite. Il faudrait que Brunehild renonçât. Ce sacrifice suprême, la valkyrie enfin y consent, mais elle a trop tardé : un coup au cœur lui annonce que Sigurd vient de succomber. Par une suprême grâce, Odin a permis que le même coup les frappe tous deux. Sigurd, chancelant, sanglant, vient tomber dans ses bras et tous” deux meurent enlacés. |

Gunther les fait placer sur le bûcher des funérailles. Mais voici qu'une furie, sa propre sœur, se dresse . devant lui, vengeresse, et l’accuse du meurtre. Elle tend à sa mère son bracelet et lui ordonne dele porter

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à Attila: c’est lui, le fléau de Dieu, qui sera son:

geur | TOME | 5 Les flammes du bücher s'élèvent. Dans une apo-

| théose, on aperçoit Brunehild et Sigurd montant au

paradis d'Odin, cependant qu’au milieu d’une auréole

A de sang apparaît la vengeance sous les traits du farouche roi des Huns. mt -U re

Salammbô.

Opéra en cinq actes et huit tableaux, d’après le roman SEE de Gustave Flaubert, paroles de G. du Locle, musique d’Ernest Reyer. 3 be Représenté pour la première fois à Bruxelles, sur le Théâtre Royal de la Monnaie, le 10 février 1890 ; à Paris, sur le Théâtre national de l’Opéra, le 16 mai 1802. PRINCIPAUX PERSONNAGES : Salammbô, fille d’'Hamilcar ; Mathô, mercenaire lybien ; Shahabarim, grand prêtre de Tanit ; Hamilcar, suffête carthaginois ; Narr' Havas, roi numide ; Spendius, esclave grec; etc. 5k LARA TES La scène se passe à Carthage, en l’an 240 avant Jésus- Christ. | :$

Le premier acte est la fameuse orgie des merce- ' naires dans les jardins d’Hamilcar, à Mégara, près de Carthage. Les mercenaires vainqueurs n’ont pas été . payés et menacent de détruire la ville. Hamilcar est absent. Ils délivrent, sur l’ordre de Mathô, mercenaire lybien, les esclaves de l’ergastule et livrent les jardins au pillage parce qu'on leur refuse les coupes d’or consacrées aux dieux. | Hess Mais Salammbô paraît, et cette apparition calme le … tumulte. Mathô est saisi pour la vierge d’une passion dévorante. Elle boit avec lui dans la même coupe, et. quelqu'un boit ironiquement à leurs fiançailles. Mais Narr' Havas, amoureux de la fille d'Hamilcar et mordu par la jalousie, essaie de poignarder celui en qui il devine un rival. Mathô mourrait sans l’art de Spendius, esclave grec délivré tout ‘à l'heure, qui guérit sa blessure. Mais le Lybien n'accepte de vivre . que pour revoir la femme surnaturelle qui lui tendit . la coupe et y but avec lui. | SR

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Un bruit de trahison circule. Craignant Carthage et sa mauvaise foi légendaire, les mercenaires s’apprêtent à mettre le siège devant les murs de la ville. Îls acclament Mathô comme leur chef.

Acte deuxième : une cérémonie religieuse dans le temple de Tânit. En cachette, Spendius et Mathô se glissent dans le sanctuaire. Le rusé Ionien pousse son compagnon à dérober le Zaïmph, le voile révéré de la déesse, qui lui assurera la victoire sur Carthage démoralisée. Mathô hésite devant le sacrilège.

Mais Salammbô paraît. Depuis sa rencontre avec le beau mercenaire, le sommeil fuit ses paupières. Elle voudrait voir le voile de Tânit, qu’un songe lui ordonne de sauver. Le grand prêtre Shahabarim frémit à la pensée de tant d’audace et s'éloigne pour ne pas assister à la profanation. Salammbô s’avance alors vers le sanctuaire, puis recule, glacée d’épouvante : sur le seuil un homme est debout, drapé dans le Zaïmph. Il crie son amour. Salammbô appelle à l’aide, mais Mathô, invulnérable sous le voile sacré, traverse la foule sans que personne ose mettre la main sur lui. Carthage est maudite : Tânit l’abandonne.

Acte troisième : le conseil des anciens délibère. Soudain Hamilcar paraît. Il apprend les terribles nouvelles. Lorsqu'il entend que le mercenaire par qui le Zaïmph fut dérobé est amoureux de Salammbô, la rage entre dans son cœur : il accepte le commandement suprême et ordonne un sacrifice humain à Moloch. | )

La scène change et révèle la terrasse de Salammbô. La vierge se décide à aller seule, sous la conduite de Shahabarim, au camp des barbares, reconquérir le voile de la déesse. Pour paraître devant Mathô, elle se pare avec soin, puis s'éloigne...

Nous la retrouvons, à l’acte suivant, en plein camp des mercenaires. Mais, avant son arrivée, nous voyons dans la tente de Mathô le traître Narr'Havas offrir au Lybien son alliance, que celui-ci accepte sans méfiance : ce sera tout à l’heure sa perte.

Comme Salammbô se présente à l'entrée de la

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tente, Narr' Havas l’aperçoit, et le rusé chef de noma-

des, qui aime toujours la fille d'Hamilcar, va préci-

piter la ruine de son rival. Il y sera aidé par Shahabarim, avec lequel on le voit s'éloigner.

Le duo qui suit entre Salammbô et Mathô est le point culminant du drame. La vierge redemande le Zaïmph ; sans répondre, Mathô balbutie son amour fou ; Salammbô comprend à son tour qu’elle aime ; elle vient de tomber aux bras du beau barbare quand des cris d'alarme retentissent : Hamilcar vient d’attaquer le camp à l’improviste, et Narr Havas a passé à l'ennemi. On appelle Mathô, qui n'entend rien et perd des secondes précieuses. Il°se ressaisit enfin, trop tard, et renvoie Salammbô en lui jetant sur les épaulés le voile de Tânit. Puis il se lance dans la mêlée.

La scène change. C'est le champ de bataille. Grâce à la défection de Narr'Havas, les barbares sont écrasés. Pour récompense de son infamie, le chef numide réclame et obtient d'Hamilcar la main de sa fille.

Salammbô arrive à cet instant, rapportant le Zaïimph.

Elle arrive juste à temps pour voir défiler les prisonniers. Mathô, effrayant, sanglant, désarmé, paraît le dernier. À sa vue, la fille d'Hamilcar chancelle. Il est beau, il est grand, il rugit comme un lion blessé, et Salammbô défaille en entendant que demain il marchera au supplice.

Dernier acte : les noces sanglantes de Salammb6.

En ce jour de victoire, la fille d'Hamilcar vient d’être

unie à Narr Havas. Elle doit présider au supplice de

Math; le peuple exige même que ce soit elle, la prêètresse de Tânit, elle qui reconquit le voile de la déesse, qui frappe la victime. Hallucinée, Salammbô prend le glaive, mais, au lieu de frapper le barbare couché devant l’autel, elle s’en frappe elle-même, et tombe expirante aux pieds de Tänit. Mathô a vu, il a compris : rompant ses liens, il prend Salammbô dans ses bras et se perce à son tour du glaive, devant toute l’assistance paralysée par l'horreur.

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Victor Roger.

Né à Montpellier le 22 juillet 1853, mort à Paris le 2 dé-

cembre 1903. Auteur de plusieurs œuvres légères, dont

quelques-unes ont atteint la grande vogue.

. Joséphine vendue par ses sœurs.

Opéra-bouffe en trois actes, paroles de Paul Ferrier et

Fabrice Carré, musique de Victor Roger.

Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Bouffes Parisiens, le 20 mars 1886.

PRINCIPAUX PERSONNAGES: Alfred Pharaon pacha; Putiphar bey, son neveu; Montosol, baryton ; Madame Jacob, concierge ; Joséphine, Benjamine, ses filles; les dix autres filles de Madame Jacob; etc.

L'action se passe de nos jours, au premier acte chez Madame Jacob, au second chez Alfred pacha, au Caire ; au dernier à Paris, dans le salon d’Alfred pacha.

I] s’agit, cela va sans dire, d’une parodie de l’histoire de Joseph vendu par ses frères, transposée à notre époque et agrémentée d’allusions musicales au Joseph de Méhul. Madame Jacob est une concierge, veuve, qui élève douze filles. Joséphine est la préférée, parce qu'elle possède un mezzo, travaille au Conservatoire et se destine au théâtre. Benjamine, la cadette, est une écolière espiègle. Toutes les sœurs de Joséphine sont jalouses d’elle, à cause du traitement de faveur dontelle est l’objet. Les meilleurs morceaux sont pour elle, elle se lève quand bon lui semble et

n'en fait qu’à sa tête.

Alfred Pharaon pacha est un Egyptien envoyé en mission à Paris par son gouvernement. Il est « jeune turc», entiché de progrès et de modernisme. Son neveu Putiphar bey est tout l'opposé : placé dans une institution parisienne pour y faire des études à l’occidentale, il reste «vieux turc», conservateur, et méprise les «chiens de chrétiens ».

Alfred pacha s’est amouraché de Joséphine, mais celle-ci aime Montosol, un baryton, son camarade au Conservatoire. La pièce nous montre les vains efforts

d'Alfred pacha pour conquérir sa chanteuse en herbe, : ve

et les efforts parallèles, mais couronnés de succès, de Benjamine pour séduire Putiphar bey.

Au premier acte, les sœurs de Joséphine déjeunent frugalement avant de partir pour l’atelier ; seule Benjamine va encore à l’école. Quand elles sont parties, Joséphine paraît à son tour. Elle est bientôt rejointe par Benjamine, qui est arrivée trop tard pour être admise en classe.

Pendant que les deux sœurs sont seules dans la loge maternelle, Alfred Pacha entre dans la cour, suivi de son neveu Putiphar bey, maussade et ravagé par le mal du pays. Alfred Pacha a pu se procurer l’adresse de la jeune élève du Conservatoire pour laquelle il brûle de mille feux. Il vient maintenant. aux renseignements et apprend de Madame Jacob que son adorée est fille de la concierge. Pour gagner du temps, il demande à visiter un appartement.

Resté seul, Putiphar bey fait connaissance avec Benjamine, qui lui apprend à jouer aux billes dans la cour. Cette scène a bientôt son pendant à l’intérieur de la loge, où Montosol rejoint Joséphine. Chaste duo d'amour.

Madame Jacob et Alfred pacha, en redescendant, trouvent Benjamine et Putiphar bey en train d’échanger des coups : Benjamine accuse son partenaire de tricher. Les Egyptiens se retirent et Madame Jacob assiste aux exercices musicaux de son mezzo avec Montosol. Elle y va aussi de sa romance, et Benjamine complète l’ensemble en lançant des refrains irrévérencieux. Au bruit, la cour s’est emplie de monde, qui fait une ovation aux deux élèves du Conservatoire lorsqu'ils sortent pour se rendre à leur leçon. Sur le pas de la porte, Joséphine croise ses dix sœurs rentrant de l'atelier.

Et c’est alors que s’ourdit la conspiration : la situation devient intenable, il n’y en a que pour Joséphine. Comment se débarrasser d’elle? Alfred pacha, qui revient, leur en fournit le moyen. Il apporte à Joséphine un engagement pour l'Opéra du Caire. Les sœurs se chargeront de le faire signer; un fiacre

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viendra ensuite chercher la débutante, et fouette cocher! Pour décider Joséphine à signer, les sœurs calomnient auprès de Madame Jacob le vertueux Montosol, qui se voit vertement flanquer à la porte. Outrée, Joséphine signe l’engagement et part. Quand Madame Jacob lui apporte son déjeuner, elle trouve l’oiseau envolé et s'effondre dans les bras des onze filles qui lui restent.

Le second acte se passe au Caire, dans le harem d’Alfred pacha. Joséphine y est enfermée depuis tantôt un mois, mais le pacha n’est pas plus avancé pour ça. Il n’en persiste pas moins à faire sa cour, sans tenir le moindre compte des reproches de Putiphar bey, rentré lui aussi au pays.

Arrivent Madame Jacob et ses onze demoiselles, accourues de Paris avec Montosol à [a recherche de Joséphine. Alfred pacha voudrait leur faire accroire que l'enfant perdue est partie, mais cette ruse est déjouée par Putiphar bey, qui annonce à Joséphine l’arrivée de sa famille. Explications, au bout desquelles le pacha se trouve dans un état d’infériorité manifeste. Il consent à épouser Joséphine en France et souscrira à toutes les conditions qu’il plait à Madame Jacob de poser. Seulement, il faut triompher préalablement de la résistance de Joséphine. On tente bien

de lui faire croire que Montosol s’est marié, mais il se charge bientôt lui-même de réduire à néant cette

calomnie, non sans avoir tenté auparavant de se suicider sous les fenêtres de sa belle. Bref, les deux amoureux sont, grâce à Putiphar bey, surpris aux bras l’un de l’autre par Alfred pacha, qui commence par parler de faire empaler son rival, puis, rappelé au respect des coutumes occidentales, commue la peine en une invitation à diner. |

Au troisième acte, Alfred pacha a tout essayé pour conquérir Joséphine. Il a marié dix de ses sœurs, dont on vient justement de célébrer les dix noces. Il a comblé toute la famille de largesses. Le tout en vain. Joséphine exige encore qu’il marie Benjamine, mais la gamine ne veut épouser que Putiphar bey, lequel est intraitable. Les choses vont fatalement se gâter ;

Montosol provoque Alfred pacha en duel. Putiphar

bey a alors une inspiration: il fait accroire à la famille Jacob que son oncle est ruiné, pensant ainsi amener une rupture. [1 n’amène qu’une explosion de dévouement: Benjamine veut rendre à ce généreux bienfaiteur tout ce qu’elle a reçu de lui; ses sœurs, sa mère en feront autant. Tant de générosité émeut le jeune «vieux turc», qui s’humanise et épouse. Benjamine. Quant à Alfred pacha, qui de désespoir est retourné à la barbarie et se présente en costume de marchand de nougat, décidé à rentrer au Caire et à s'y remonter un harem, il s’humanise à son tour, renonce à Joséphine et dote sa petite sœur.

Les 28 jours de Clairette.

Vaudeville-opérette en quatre actes, paroles de H. Raymond et Antony Mars, musique de Victor Roger. |

Représénté pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Folies-Dramatiques, le 3 mai 1892.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Michonnet, gazier, réserviste ;: Vivarel, réserviste; Gibard, maréchal des logis chef; le capitaine; Benoît, garçon pâtissier, réserviste ;. Clairette, femme de Vivarel ; Bérénice, modiste.

La scène se passe de nos jours, à Paris puis à Montargis.

Vivarel, avocat et hussard dans la réserve, a eu une liaison avec Bérénice, modiste, qu’il a lâchée pour épouser Clairette. Au moment où s'ouvre l’action, il est à la veille de faire une période de 28 jours. |

Le premier acte s'ouvre dans la boutique de Bérénice, passage Vivienne. Des modistes sont au travail; la patronne est sortie. Entre Benoît, le garçon pâtissier, qui vient faire un brin de cour aux jeunes ouvrières. En sortant il croise Michonnet, un garçon gazier, qui, sous prétexte de fuites à boucher, vient se livrer à des occupations du même genre. Michonnet et Benoît sont tous deux sur leur départ : une période de 28 jours les appelle à Montargis. | |

Michonnet sorti, Bérénice rentre. Elle se plaint d’avoir été lâchée trois mois auparavant par son amant, qu'il lui a été impossible de retrouver. Nous

savons que cet amant n’est autre que Vivarel. La patronne passe dans l’arrière-boutique et presque aussitôt . arrive une cliente, Clairette Vivarel, qui vient commander des chapeaux. Elle est mariée depuis un mois. Pour choisir ses modèles, les modistes l’emmènent à l'atelier. Vivarel entre à son tour dans la boutique, où, sa femme lui a donné rendez-vous. Il ignore que la patronne est son ancienne maîtresse. Mais il l’apprend bientôt, car Bérénice revient et lui saute au cou dès qu'elle l’a reconnu. Le pauvre homme, qui sait sa femme dans une pièce voisine, est dans tous ses états. Il ment pour gagner du temps, essaie en . vain de s’esquiver. Il annonce à Bérénice qu'il part pour ses 28 jours à Montargis; puis, profitant d’une courte absence de la patronne, il va pour sortir. Seulement, sur le pas de la porte, il est arrêté par son marchef Gibard, qui le retient jusqu’au retour de Bérénice. Gibard sait que Vivarel est marié, mais ne connaît pas sa femme. [1 se méprend aussitôt et salue en la modiste madame Vivarel. Il part enfin et Bérénice retourne à l'atelier. Mais Vivarel ne doit pas rester seul, paraît-il : sa femme le rejoint aussitôt. Il voudrait bien l'emmener et ne peut cacher son trouble. Clairette a la puce à l'oreille. Pourtant elle doit chercher son chapeau à l'atelier. Quand elle est sortie, afin d'éviter une rencontre des deux femmes, Vivarel ferme à clé la porte de la chambre où se trouve Bérénice.

Retour de Michonnet, suivi bientôt de Benoit. Les deux amateurs de petites modistes se querellent et finissent par en venir aux mains, en dépit des efforts de Vivarel pour les calmer. Le bruit de la dispute attire les curieux, tout le monde rentre en scène sauf Bérénice, qu’on entend frapper violemment à la porte. Finale mouvementé, à la faveur duquel Vivarel peut

enfin emmener sa femme. ;

Le second acte se passe dans la cour de la caserne de cavalerie à Montargis. Scène de service intérieur où l’on voit divers types de réservistes. Il paraît qu’il en manque un à l’appel : un nommé Benoît. Gibard et Vivarel reparaissent, tous deux en uniforme cette

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