‹ Les chefs-d'œuvre du répertoireChapitre 74 sur 90 · FEES · texte numérisé non relu

FEES

à tout hasard! L'acte se termine sur un duel entre Clairette-Benoît et Michonnet,; la première ayant giflé le second, efface cet outrage en blessant le pau-

vre Michonnet dans le dos. Mais la vue du sang a fait

défaillir Clairette, et en lui portant secours, Bérénice découvre le pot aux roses : ce réserviste est une femme !

Elle ne dit mot cependant, mais se promet de suivre

attentivement les événements.

Au troisième acte, le théâtre est coupé en deux et représente deux chambres d’un château délabré des environs de Montargis, où les hussards sont en manœuvres. Dans le compartiment de gauche Vivarel et Gibard essaient vainement de se réchauffer. Vivarel s'efforce, sans succès, de détromper Gibard et de le convaincre que Clairette est sa femme, tandis que Bérénice n’est que son ex-maîtresse. Gibard voit là une manœuvre d'homme jaloux. Le pauvre Vivarel se ronge de souci à la pensée que Clairette partage peut-

être à cette heure le lit de quelque camarade de cantonnement |

Dans la pièce voisine, on finit par installer, après diverses péripéties comiques, Michonnet et Clairette, qui doivent partager l'unique lit disponible. Les deux adversaires sont tout à fait réconciliés. Mais Michonnet trouve drôles les façons que fait le pseudo-Benoît pour coucher avec lui. Finalement, Clairette s'en va seule dans un cabinet voisin et Michonnet reste seul possesseur du lit. Auparavant, par un vasistas, Vivarel avait aperçu sa femme de l’autre côté de la paroi. Pour la retrouver il a suivi à tâtons le corridor et entre maintenant dans la pièce obscure. Il envoie Michonnet dans le cabinet et en fait sortir Clairette. Scène de famille, qui est épiée par Gibard à travers le vasistas, puis interrompue par le dit Gibard au moment où elle tourne à l’aigre : Clairette gifle son mari devant Gibard et Michonnet ébahi. Ce dernier était rentré dans la chambre attiré par le bruit. Quand il voit un hussard gifler un gradé, il appelle le poste et fait arrêter Benoît-Clairette, qui passera en conseil de guerre. |

Le quatrième acte est celui où tout s'arrange. En

M Te ETC DE L De LUNIT * EE RES RE ETE

le dénouement. Nous sommes dans le parc du chàä-

teau. Benoît-Clairette est prisonnière dans l’orangerie

et c’est Michonnet qui monte la garde devant la porte. Le malheureux est bourrelé de remords à l’idée qu'il sera peut-être cause de la mort de son camarade. Il

voudrait bien le faire évader et fait porter par uneser- .

vante dans l’orangerie des vêtements de femme que lui prête une paysanne.

Arrivent Gibard et Vivarel, tous deux également désireux de faire filer Clairette. Ils commencent par renvoyer Michonnet, puis ouvrent la porte de l’orangerie dont ils voient, à leur stupéfaction, sortir Clairette en costume de villageoise. Elle consent à s’en

aller, mais ne renonce pas à se venger. Comme elle.

s’éclipse, entre Benoît, le vrai Benoit, qui ne sort d'un cachot que pour entrer dans un autre. Il réclame son uniforme. Or cet uniforme, Clairette l’a laissé dans l’orangerie. Vivarel et Gibard y envoient l’infortuné, qui passera ainsi en conseil de guerre pour couronnement de toutes ses infortunes.

Entre temps, une explication a lieu entre Vivarel et Bérénice au sujet du hussard qui.est une femme.

Gibard, toujours désireux d’arranger les affaires, dé-

clare à Bérénice que ce hussard est la maîtresse de Vivarel. La modiste jure à son tour de se venger : et de deux! |

Mais il est temps de procéder à l’interrogatoire de Benoît, qui comparaît devant le capitaine complètement abruti par tous ces événements auxquels il ne comprend goutte. Bérénice le dénonce comme femme au capitaine, et l’interrogatoire devient une série de réjouissantes calembredaines. Benoît se voit convaincu d’être un faux Benoît. On ne sait comment tout cela finirait si l’on n’amenait Clairette, arrêtée comme Benoit tentant de s'évader sous un déguisement. Désormais tout va s'expliquer : Benoît reprendra son sexe, Clairette sa place de légitime et Bérénice consolera probablement Gibard.

l’état où sont les choses, il n’était pas facile d'amener

Rossini.

Gioacchino-Antonio Rossini est né à Pesaro le 29 février ‘1792, et mort à Ruelle, près Paris, le 13 novembre 1868. Après une brillante carrière en Italie, il triompha en France avec le Barbier de Séville et Guillaume Tell. Cette dernière pièce, donnée en 1829, fut son dernier effort ; il se reposa, depuis, sur ses lauriers.

Le Barbier de Séville.

Opéra-comique en quatre actes, d’après Beaumarchais, paroles italiennes de Sterbini, version française de Castil- Blaze, musique de G. Rossini.

Représenté pour la première fois en italien, à Rome, le 20 janvier 1810 ; en français à Lyon, le 14 septembre 1821, puis à Paris, sur le théâtre de l’Odéon, le 6 mai 1824.

PRINCIPAUX PERSONNAGES : Le comte Almaviva ; Figaro;

Bartholo ; Basile ; Rosine, pupille de Bartholo, etc.

La scène se passe à Séville, époque indéterminée.

Le Barbier de Séville, ou la Précaution inutile, avait déjà été mis en musique par Paesiello et avait joui dans cette version d’une grande vogue lorsque Rossini eut la fantaisie de reprendre ce livret. Le

nouveau Barbier eut tôt fait de plonger l’ancien dans

l'oubli. Cette partition est, en effet, une de celles où le brillant génie du cygne de Pesaro se donne le plus librement carrière. |

Retraçons rapidement l'intrigue, familière à tous, grâce à la comédie de Beaumarchais à laquelle elle est empruntée. Le docteur Bartholo, type ridicule de vieillard amoureux, tiré de la comédie italienne classique, veut épouser sa pupille Rosine, qu'il tient jalousement enfermée. Mais Rosine a été aperçue à Madrid par le comte Almaviva, qui a retrouvé sa trace et la poursuit à Séville, déguisé en pauvre bachelier, et sous le nom de Lindor. Le premier acte débute

par une sérénade du comte sous les fenêtres de la

belle. La persienne reste close et le comte se découraerait peut-être sans l'assistance du barbier Figaro, omme d'infinie ressource, qui lui offre ses services.

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