ROSSINI
Tandis que les deux conspirateurs devisent, Bartholo
et Rosine paraissent au balcon. L’ingénue laisse tomber un rouleau de musique et envoie son tuteur le chercher, faisant signe en même temps à Almaviva de le ramasser et de disparaître. Le cahier contient un billet par lequel Rosine invite son adorateur à se faire connaître. Oui, mais comment? C'est ici que Figaro se montre utile. Il a ses entrées dans la maïison et y travaillera pour les amoureux. Quant au comte, qu’il se présente déguisé en militaire un peu gris et muni d’un billet de logement. On verra après. Mais il faut se hâter, car Bartholo a pris ses mesures pour épouser Rosine dès le lendemain. 1
Au deuxième acte, nous sommes dans la chambre : de Rosine. La belle enfant vient d'écrire un billet à son Lindor. Elle le remet à Figaro, qui lui annonce la prochaine visite de celui qu’elle aime sans le connaître. :
Bartholo fait ensuite à sa pupille une scène de jalousie, interrompue par l’arrivée de Basile, le maitre à chanter de Rosine. Celui-ci est un Iouche et visqueux personnage, exécuteur des basses besognes du docteur. Il vient apprendre à son patron que le comte Almaviva est à Séville et que c’est à Rosine qu'il en veut. Cette information plonge l’amoureux docteur dans une grande inquiétude.
Mais voici venir le comte, en militaire. Il exhibe son billet de logement et parvient à glisser à Rosine un mot à l'oreille. Mais le docteur est au bénéfice d’une exemption et la ruse du comte va échouer. Il parvient toutefois à faire passer un billet à son amie. Les choses se gâtent, on hausse le ton, et la garde vient s’enquérir de la cause du vacarme. Le comte se fait reconnaitre de l'officier, qui se retire avec des révérences. Bruyante finale à l'italienne.
Même décor au troisième acte. Le comte revient déguisé en bachelier et se dit envoyé par Basile. Comme preuve de son mandat, il remet à Bartholo la lettre de Rosine à Lindor. Le docteur veut lui faire donner une leçon de chant à sa pupille. Celle-ci commence par refuser, puis accepte quand elle a vu le
ROSSINI Fe : 429 professeur. Elle chante le grand air de la Précaution inutile. te
Figaro vient raser le docteur: c’est le jour. [l réussit à dérober la clef de la persienne qui ouvre sur le balcon. Mais Basile, qui survient alors qu’on l’a prétendu malade, risque de tout compromettre. On s'arrange à expédier le pauvre homme en lui faisant croire qu'il a la fièvre, mais Bartholo n’en surprend pas moins Almaviva comme il est en train d'annoncer à Rosine qu'il viendra l'enlever à minuit.
Quatrième acte : même décor, minuit. Un orage sévit au dehors. Bartholo envoie Basile quérir Île notaire sur l’heure. Puis il calomnie Almaviva auprès de Rosine, prétendant que ce suborneur se vante de
sa conquête auprès d’autres femmes, par l’intermédiaire desquelles lui, Bartholo, a pu se procurer la lettre de Rosine à Lindor. Outrée, la pauvrette consent à épouser son tuteur à l’instant même.
Arrivent par la fenêtre Figaro et Almaviva trempés. Ils détrompent sans peine Rosine, qui apprend qu'Almaviva et Lindor ne font qu'un. Et comme Basile arrive avec le notaire, les deux amoureux sont mariés en un tour de main, Basile servant même de témoin, moyennant honnête salaire. Quand Bartholo survient tout est fini, et le pauvre homme reste avec sa courte honte, car, conclut Figaro, «quand la jeunesse et l’amour sont d’accord pour tromper un vieillard, tout ce qu'il fait pour l’empêcher peut bien s'appeler la Précaution inutile!»
Guillaume Tell.
Opéra en quatre. actes, d’après le drame de Schiller, paroles de Jouy et Hippolyte Bis, musique de Rossini.
Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre de l’Académie royale de musique, le 3 août 1829.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Guillaume Tell, Arnold Melchtal, Walter Fürst, conjurés suisses ; Jemmy, fils de Guillaume Tell; Hedwige, femme de Guillaume Tell ; Mathilde, princesse de Habsbourg; Gesler, gouverneur des cantons de Schwytz et d’Uri, etc.
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