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ger que moyennant une dédite de trois mille florins. En chatouillant la vanité de ses chanteurs, il réussit à leur arracher leur adhésion à une ligue de continence analogue à celle du cercle voisin. Seul, son neveu Fichtel a résisté à toutes ses exhortations. Grâce à ce procédé, sa chorale se couvre partout de lauriers. Mais Muller, à qui il a rappelé ses engagements le jour même de ses noces, n'a pas consommé le mariage et en est très malheureux. Les femmes de Grogaleaudesedlitz, qui n’ont pas de Fichtel sous la main, prennent très mal ce régime, auquel elles n’ont pas été habituées, si bien que l'orage gronde.
Il éclate au troisième acte. Toutes les femmes de la localité viennent auprès du juge Raab demander le divorce. Raab confesse sa nièce et se convainc que cette situation anormale prendrait fin si les femmes savaient mieux s’y prendre. [l prononce donc un jugement provisionnel aux termes duquel les époux en instance de divorce devront passer vingt-quatre heures en tête à tête, en vue d’une réconciliation éventuelle. Puis il chapitre sa nièce et lui fournit des armes pour la lutte. Quand Molda et Muller se trouvent seuls, Molda dresse un excellent petit souper fin au champagne, décide son mari à le partager, puis, quand il commence à s’échauffer, lui dévoile graduellement des charmes qui produisent sur l’abstinent, -malgré lui, un effet énorme. Pruth a beau faire bonne garde : ce qui devait arriver arrive. Muller violera son serment et payera son dédit, qui lui sera du reste fourni par Raab, le «bon juge».
Conclusion : Grogaleaudesedlitz gagnera sans doute moins de timbales à l’avenir, mais l'harmonie rentrera du moins dans les ménages.
Giuseppe Verdi.
Cet illustre musicien, une des plus pures gloires de l’Italie, est né à Roncole le 9 octobre 1813 et mort dans sa propriété de Sant-Agata, non loin de sa maison natale, le 27 janvier 1001. Il est l’auteur de tout un répertoire dont nous n’avons retenu que les pièces le plus fréquemment jouées sur la scène française.
Rigoletto.
Opéra en quatre actes, d’après Victor Hugo, paroles italiennes de Piave, traduction française d’Edouard Duprez, musique de G. Verdi.
Représenté pour la première fois en italien à Venise, le 11 mars 1851 ; en français à Paris, sur le Théâtre Lyrique, le 24 décembre 1863.
. PRINCIPAUX PERSONNAGES : Le duc de Mantoue ; Rigoletto, son bouffon ; Comte de Monterone; Sparafucile, bravo ; Gilda, fille de Rigoletto ; Madelaine, sœur de Sparafucile.
La scène est à Mantoue et dans ses environs, au
XVI° siècle.
Comme plusieurs autres opéras de Verdi, celui-ci a ses origines en France et n’y est revenu qu'après un stage en Italie. Pourquoi les personnages du ARot s'amuse ont-ils changé de nomPr Pourquoi François It" est-il descendu au rang plus humble de duc de Mantoue ? Demandez-le à la censure, qui exigea ces modifications. À part ces changements d’étiquette, le drame original est suivi assez fidèlement par le librettiste italien. [1 n’a subi que les contractions et les mutilations exigées par son transport sur une scène d'opéra.
Le duc de Mantoue, qui pour le caractère ressemble au François I de Hugo comme un frère, est amoureux d'une inconnue, laquelle n’est autre que la fille de son bouffon Rigoletto. Rigoletto, horrible, difforme, n’en a pas moins une fille belle comme le jour ; et comme il n’a pas d'illusions sur les mœurs de son maître, il cache jalousement ce trésor à tous les yeux. Pourtant il ne peut l’'empêcher de se rendre à l’église, et c’est là que le duc l’a aperçue. Il l’a suivie et connaît sa retraite : une petite maison en un lieu écarté, où la belle vit avec une duègne et reçoit quotidiennement la visite d’un homme qui se cache avec le plus grand soin.
On annonce, d’autre part, comme une chose hautement comique, que Rigoletto a une maîtresse. Bien mieux, celle-ci serait un ange de beauté. Mais l’arrivée du bouffon coupe court aux chuchotements.
GIUSEPPE VERDI 1400 Le duc, en ce moment, lorgne la femme d’un de ses courtisans, homme très jaloux. Faisant haineusement son métier, le bossu donne à son maiïître les conseils les plus outrageants pour le mari, qui jure vengeance et s’en va avec d’autres ourdir un complot contre l’insulteur à gages. Fes Mais un plaignant s'avance : le duc de Monterone, te condamné à mort, puis grâcié par le duc. Il vient d'apprendre que sa fille a payé cette grâce de son honneur et il vient adresser à celui qui lui fit dans ces conditions don de la vie les plus sanglants reproches. Il lui faut à son tour subir les railleries du bouf- jk fon ; mais, en se retirant, il appelle sur ce dernier la NUE malédiction du ciel. En l’entendant, Rigoletto a tres- ni sailli : une crainte superstitieuse s’est emparée de lui. C’est que lui aussi a une fille.
Au second acte, on le retrouve dans la ruelle déserte où il cache son enfant. Il y rencontre un bravo, Sparafucile, qui lui offre ses services moyennant honnête récompense pour le débarrasser des galants LS trop empressés auprès de son amie (comme tout le | monde, il croit Gilda la maîtresse du bouffon). Il explique sa méthode : on opère à domicile ; sa sœur, Madelaine, entraîne le galant au bouge, et là le malheureux est expédié sans bruit, puis jeté à la rivière. Conditions : moitié d’avance, le reste après. Rigoletto retient les paroles du bravo : peut-être en aura-t-il besoin.
Emouvante entrevue entre le père et la fille. Celle-ci ignore jusqu’au nom de son père. Elle l’adore cependant, mais recule devant l’aveu de l’amour qui s’est glissé dans son âme pour certain inconnu entrevu à l'église.
Du bruit! Le bouffon va aux écoutes. Pendant que la porte reste entrebâillée, le duc réussit à se glisser Fi dans le jardin, et ferme la bouche à la duègne en lui | jetant une bourse. Sa surprise est extrême en reconnaissant Rigoletto ; elle redouble en apprenant qu'il est le père de la belle inconnue. Bientôt le bouffon se retire, laissant le loup dans la bergerie. Le duc, en
roué séducteur, n’a pas de peine à vaincre : Gilda
est si pure, si ignorante | Elle ne sait à qui elle a affaire : il a dit se nommer Carlo Baldi, être pauvre et. vouloir l’épouser.
Et le duc se retire. Mais depuis un instant des gens se cachent dans la ruelle. Ce sont les courtisans, poursuivant leur vengeance contre le bouffon haï. À Rigoletto, qui, hanté par un pressentiment, est revenu sur ses pas, ils disent être venus pour enlever la femme du marquis de Ceprano, son voisin. Le malheureux accepte de jouer son rôle dans l'aventure ; on l’aveugle et pendant qu'il fait le guet, on enlève sa fille. Resté seul et n’entendant plus rien, il découvre l’horrible vérité : c’est la malédiction qui s’accomplit !
Troisième acte. Le duc a appris l'enlèvement de Gilda. Les courtisans lui révèlent qu’on l’a amenée au palais. Dans un bon mouvement, il songe à réparer sa faute en épousant l’ange dont la pureté l’a ému. Mais voici que survient Rigoletto, la rage au cœur, le rire grimaçant au visage. Il écoute, épie, espérant trouver un indice qui le mettra sur la trace de son enfant. Dans tous les yeux il lit une joie mauvaise; on le raille, on jouit de sa douleur. Tout à coup un mot l’éclaire : elle est ici, au palais ; et il réclame sa. fille ! Stupeur : comment, c'était sa fille! Les courtisans. comprennent trop tard tout le mal qu'ils ont fait.
Mais Gilda elle-même se précipite dans la chambre. La voici dans les bras de son père. Elle lui avoue maintenant son innocent amour, dont le duc abusa ; elle dit le rapt dont elle fut victime. Comme ils sont tous deux embrassés, passe un funèbre cortège : le père outragé que la veille il railla, le bouffon le voit maintenant marcher au supplice. Il appelle en passant la vengeance du ciel sur le duc qui lui prit l’honneur avant de lui prendre la vie. Rigoletto a entendu : c'est lui-même qui jouera le rôle de vengeur.
Quatrième acte. Un lieu désert au bord du Mincio. La masure où vivent Sparafucile et sa sœur Madelaine. L'intérieur en est visible pour le spectateur. C'est la nuit.
Rigoletto et sa fille causent dans la rue, tandis que ns la maison Sparafucile fourbit sa longue épée. . Gilda aime toujours celui qui l’a séduite, et elle le dit | sans honte. Pendant qu'ils devisent dans l'ombre, le . duc, déguisé, entre dans la maison. Rigoletto et - Gilda l'ont reconnu. Ils regardent maintenant par . une fente de la porte. Bientôt, la pauvre Gilda connaît toute l'étendue de son malheur : celui qu’elle É aime est là pour une autre, et cette autre est une fille de bas étage.
Pendant que le duc et Madelaine causent et boivent, Sparafucile vient parler au bouffon : l’homme . est là, pris au piège. Doit-il vivre ou mourir? Il - mourra, décide Rigoletto, et il verse la moitié de la
somme. Il envoie sa fille se déguiser en homme, car il s’agit de quitter Mantoue sans retard. Lui-même
la rejoindra sitôt justice faite. Il veut aider Sparafucile à jeter le cadavre à la rivière et s'assurer auparavant que sa vengéance est accomplie.
Sparafucile est homme de parole. Il annonce à sa sœur que l'heure est venue de tenir ses engagements. Mais Madelaine a pitié du beau galant. Ne pourraiton l'épargner ? Impossible, répond le bravo. Pourtant Madelaine insiste, et l’on arrête ceci : si le hasard
- amère à l'huis un passant, on le dépèchera à la place de l’autre.
. Justement, Gilda est revenue. Elle est habillée en - homme, et si elle revient, c’est qu'elle est lasse de vivre, et qu'en mourant, elle espère sauver celui qu'elle aime toujours, malgré tout. Elle entend à tra- . vers la porte la conversation de Sparafucile et de sa sœur. Elle sait que derrière la porte un hommeattend l'épée nue. Pourtant elle frappe, entre, et tombe... .__ Dansla rue, Rigoletto approche. Il savoure d'avance la joie horrible de la vengeance. Sparafucile lui livre un sac contenant un cadavre. Le bouffon, triomphant, sinistre, va lancer le sac par dessus le parapet, quand un bout de chanson le change en statue de pierre : ce refrain, c’est celui de son maître le duc, et il part du bouge de Sparafucile! Qui donc lui a-t-on livré dans le sac? Il déchire la toile et reconnaît sa fille!
Little conte land D à M éme: dès