F (ALES LÉON VASSEUR É
mais Cascarino s’en tirera moins bien, et le mari outragé ordonne de lui faire prendre un bain dans la mer voisine.
Le troisième acte ramène le décor du premier. C’est le jour du mariage de Lauretta et d’Ascanio, et la ville est en fête. Pampinelli a chassé l'épouse coupable, qui a repris son commerce d’oranges. Bien mieux, elle cache dans la voiture qui lui sert d’éventaire son complice Cascarino, mis ainsi à l’abri des recherches de la police.
Carlo, lui, n’a pu s'éloigner, car l’Amour s’est pris à son propre piège et le prince est amoureux fou de Lauretta. La pauvre princesse n’a pas oublié non plus et, désolée, elle vient relire au pied de ce qui fut la statue de l’Amour les strophes d’Anacréon. Carlo la trouve ainsi occupée et bientôt les amants sont aux bras l’un de l’autre. Dans cette posture, ils sont surpris par Pampinelli et Ascanio. Le lieutenantgénéral veut faire prisonnier Carlo, qui s’est fait reconnaître, mais Cascarino accourt porteur d’une grande nouvelle : la paix est faite entre Tarente et la Sicile : bien mieux : on demande la main de la princesse de Tarente pour le prince de Syracuse! Aucune opposition n’est faite par les conjoints, et Ascanio n’a plus qu’à battre en retraite. Quant à Pampinelli, sa femme lui fait sans peine accroire que sa prétendue intrigue avec Cascarino n'était qu'une manœuvre diplomatique !
La Timbale d’argent.
Opéra-bouffe en trois actes, paroles de Ad. Jaime et Jules Noriac, musique de Léon Vasseur.
Représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens, le 9 avril 1872.
PRINCIPAUX PERSONNAGES : Raab, juge du cercle de Grogaleaudesedlitz ; Pruth, geôlier et chef de chant; Muller; Fichtel, neveu de Pruth; Molda, nièce de Raab; M”° Barnabé.
L’action se passe en Tyrol, à notre époque.
Les cercles de Grogaleaudesedlitz et de Feldkirch, en Tyrol, sont rivaux aux concours de chant. Mais
Te depuis quelques années les gens de Feldkirch décro- . chent toutes les timbales ; ils chantent comme des rossignols. Tandis que ceux de Grogaleaudesedlitz ont beau se consumer en efforts surhumains, passer la moitié de leur temps aux répétitions du geôlier- … maître de chapelle Pruth, rien n’y fait. Il y a à cela. une raison : les gens de Feldkirch ont fondé une association dont les membres s’abstiennent de l'amour, ce qui leur fait des voix admirables. Les Grogaleaudesedlitziens, au contraire, sont extraordinairement amoureux. Tel est le secret de leur infériorite:
Ce secret, ils l’ignorent au début de l’action; ils l’apprendront plus tard, ce qui animera les péripéties des trois actes de notre pièce.
Comment, direz-vous, les femmes de Feldkirch supportent-elles l’abstinence à laquelle les condamnent leurs maris? Le mieux du monde, grâce au dévouement d’un polisson de neveu, qui fait le désespoir de son oncle Pruth, le petit Fichtel. Bien que ressortissant de Grogaleaudesedlitz, ce futé personnage passe tout son temps à Feldkirch, occupé à consoler les épouses délaissées de l’endroit.
Le juge Raab a une nièce, Molda, qui a été élevée à Feldkirch par sa grand’mère. Pour relever le prestige de son cercle, il s’avise d'un moyen héroïque : il donnera sa nièce et six mille florins au chanteur qui : gagnera la timbale au prochain concours. Aucun de ses justiciables n’est à même de se prévaloir de l’aubaine. Mais voici qu'arrive un nommé Muller, de Feldkirch, amoureux de Molda depuis des années et qui, après une longue absence, rentre au pays pour épouser son amie. En passant à Grogaleaudesedlitz, il chante et est aussitôt accueilli comme un sauveur, choyé, fêté. à condition qu'il veuille bien concourir pour le district. Il concourt, obtient le prix, et Molda lui est donnée avec la dot. Telle est la matière du. premier acte.
Mais Pruth a appris le secret des victoires feldkirchiennes. Il a appris aussique Muller ajadis prononcé le fameux vœu de continence, dont il ne peut se déga-