C. — Matériel roulant
Dans ces trois groupes, les dépenses pouvaient se répartir comme l'indique le tableau ci-après entre les différents ré-
Seaux :
Compagnies Catégories de travaux Totaux : A\ B C Ev
Po RM Re 3.900.000 4.000.000 2.500.000 10.000.000 Est-Algérien. ... 4.000.000 2.000.000 2.000 000 8.000.000 Ouest-Algérien... 1.000 000 1.500.000 1.000.000 3.500.000 Bône-Guelma .... 4.300.000 1.000.000 1.500.000 4.000.000 Réseau oranais de
l'Hiate serres 1.500 000 1.500.000 1.500.000 4.500.000
Ch -
Toraux... 11.500.000 10.000.000 000.000 30.000 000
Les conventions de la Compagnie Bône-Guelma relatives aux prolongements en Algérie de la ligne de Bône à Guelma ne prévoient aucun capital complémentaire de premier établissement à l'exception de la ligne de Souk-Ahras à Tébessa qui était dotée d’un capital complémentaire de deux millions qui dès 1907 était épuisé. À cette époque, la Compagnie Bône- Guelma avait proposé, pour modifier les barèmes afférents au
transport des matières pondéreuses, un projet d'avenant à ses conventions. L'administration algérienne était disposée à ouvrir un nouveau compte de travaux complémentaire pour mgtire la ligne de Tébessa à Souk-Ahras, en situation de suffire à l'augmentation des transports de phosphates.
Mais une des premières conditions qui furent posées à l’adoption de cet avenant avait été, que la compagnie contribuerait par un sacrifice aux charges nouvelles que l'Algérie était disposée à assumer. La compagnie refusa de souscrire à cette condition et retira son projet d’avenant. Elle déclarait en outre qu'elle ne pourrait continuer à exploiter ses lignes que par une modification profonde du régime actuel qui, d’après elle, la met en perte. Voici d’ailleurs les propositions qu’elle a formulées, à ce sujet, le 25 avril r9r2
« À condition que la Colonie accepte de prendre à sa charge une dépense égale — et fasse, de la ligne à construire pour desservir les mines de l’Ouenza, etc, (1), une concession spéciale dont les produits nets ne se déverseront pas sur le réseau actuel — la Compagnie s'engage à employer, dans un délai maximum de cinq années, une somme ne pouvant dépasser 8.500.000 fr. à la transformation générale des installations fixes et du matériel roulant et de traction de son ancien réseau ». |
En supposant, ce qui est loin d’être prouvé, qu’une somme de 17.000.000 soit suffisante pour l'exécution du programme tracé par la Compagnie, l’acceptation de ses propositions conduit à cette conséquence, qu'il faudrait mettre à la charge de Ja Colonie les travaux complémentaires qui deviendraient ultérieurement nécessaires, ou les payer par de nouveaux avantages. |
Il ne dépend donc pas de la Compagnie que les prévisions de M. Baudin ne se réalisent, soit que l’on fasse avec elle de nouvelles conventions, soit que l’on rachète son réseau algérien.
Lorsqu’à la fin de l’année 1905, le Gouverneur général, M. Jonnart, demanda à la Compagnie de l’Est-Algérien de réali-
(x) Voir page 190.
oe
ser sur son réseau la réforme des tarifs et d'exécuter les travaux complémentaires jugés indispensables, le premier mouvement de la compagnie fut de faire des propositions de révision de ses conventions afin de mettre à la charge de l'Algérie les dépenses qui lui incombaient, à l'exception d’une dépense de 3 millions que la comjpagnie consentait à garder à sa charge. Pour le surplus, les travaux complémentaires et les augmentations de matériel seraient à l'avenir effectués au moyen d'obligations spécialement émises par la compagnie à cet effet, et dont le service devait être prélevé sur le revenu net d'exploitation avant toute attribution de ce revenu net; en cas d'absence de revenu net ce service serait ajouté au revenu garanti ». Les pourparlers engagés avec la Compagnie de J’Est-Algérien agissant isolément — comme d'ailleurs avec toutes les compagnies algériennes — pour la révision de leurs conventions ou pour la constitution d’un syndicat qui devait exploiter tous les réseaux algériens après les avoir rachetés (7), ayant échoué, le Gouverneur se trouva ainsi amené à proposer le rachat de l’Est-Algérien qui fut effectué, comme nous l'avons vu, à partir du 12 mai 1908.
Quant à la Compagnie de la Méditerranée, si elle a pu jusqu'ici faire face à toutes les dépenses nouvelles d'établissement que le développement du trafic lui a imposées, c'est parce qu'elle à pu y affecter une partie du bénéfice provenant de l'excédent de l’annuité de la subvention sur les charges effectives d'emprunt. Cette part de bénéfice figure au bilan de la compagnie arrêté. au 31 décembre 1911, pour 9.395.218 francs.
Mais il ressort d’une lettre que le Président du Conseil d'Administration de cette compagnie, M. Dervillé, adressait le 16 juin 1905 au Gouverneur de l'Algérie que la compagnie ne dispose pas de ressources suffisantes pour doter son réseau
(1) Projet présenté par M. Dervillé, président du Conseil d'Administration de la Compagnie de la Méditerranée, le 30 décembre 1905, 20 janvier 1906, 13 avril 1906, d'accord avec les présidents des Conseils d'administration des Comipagnies Bône-Guelma, Est-Algérien et Ouest-Algérien.
algérien de tous les compléments d'installation ou de matériel roulant qu'il serait utile de réaliser pour favoriser efficacement l'essor de la Colonie.
« Nous demeurons convaincus, ajoutait M. Dervillé, que la solution de la question des travaux complémentaires ne peut être cherchée que dans une convention qui permettrait d’accroitre, comme le veut l'équité, le montant de notre capitai garanti (1). En attendant, nous sommes dans l'obligation de nous borner aux travaux dont la nécessité est actuellement certaine.
« Le montant des travaux dont il nous est possible de nous charger s'élève approximativement à 2.500.000 fr. »
Il est probable que depuis l'époque ou M. Dervillé écrivait cette lettre, les ressources dont disposait la compagnie pour travaux complémentaires ont été épuisées et que l’Administration algérienne n’a d'autre alternative que de demander aux actionnaires de faire pour le réseau algérien de la Compagnie de la Méditerranée des sacrifices sans compensation immédiate ou bien de passer, comme le suggérait la compagnie dans la lettre précitée, une nouvelle convention lui ouvrant un compte de travaux complémentaires garanti.
Le tableau ci-après donne le montant des acquisitions de matériel roulant et des travaux complémentaires faits depuis r90r au compte du budget de l'Algérie sur les réseaux rachetés et depuis 1905 au compte des compagnies sur les réseaux P.-L.-M., Bône-Guelma et Ouest-Algérien.
(x) En attendant qu'une décision ait été prise à ce sujet, la Compagnie de la Méditerranée a été autorisée, le 10 avril 1912, à envoyer sur son réseau algérien des locomotives et des wagons appartenant au réseau métropolitain. Le réseau algérien paie un prix de location de 10 francs par jour pour les locomotives, de o fr. 5o par jour pour les wagons découverts et de o fr. 65 pour les wagons couverts, qui représente l'intérêt et l'amortissement de la valeur de ce matériel. La dépense est imputée, avec les frais d'entretien courant, au compte d'exploitation des lignes algériennes.