CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
forme du mécanicien, les orifices évasés des tuyaux d'aspiration de la pompe et, attachées à cette traverse, les chaînes de sûreté et la barre d'attelage qui réunissent le tender à la locomotive. Quant à la balustrade formée de plaques de tôle entourant la boîte à feu, elle permet au mécanicien de s'avancer, pour son service, à droite et à gauche du corps cylindrique.
J'arrive maintenant au tender, qui est, comme on sait, le complément obligé de toute machine, chargé de porter l'eau, le combustible et les ustensiles nécessaires au service et à l'alimentation en voyage*. Procédons à notre manière ordinaire : faisons une coupe longitudinale du véhicule. Voici la vue qui en résulte (fig. 20) :
Vovez d'abord comment le coke est accumulé à l'intérieur, dans une sorte de fer à cheval, à la libre et facile disposition du chauffeur. Une caisse à eau entoure cet espace, de façon que le poids total soit aussi également que possible réparti sur les essieux du véhicule. Les parois de cette caisse sont en tôle et consolidées par des cornières en fer; leur hauteur varie entre l'",80 et 1 mètre. La contenance change elle-même, selon la puis-
1. Certaines ina(!hines, dont il sera question tout à l'heure, portent elles-mêmes ces éléments, et reçoivent pour cela le nom de locomolives-tenders. D'autres sont reliées d'une manièi*e invariable à leurs tenders, qui font alors partie intégrante des machines. Je dirai les raisons de ces dispositions spéciales.
sance ou l'activité du service des machines : de 5000 litres d'eau au moins, de 10 000 litres au plus.
Quant à la quantité de combustible que porte un tender complètement chargé, elle oscille entre 1000 et 4000 kilogrammes*. 11 est vrai de dire qu'il s'agit ici de la charge au départ, laquelle diminue progressivement au fur et à mesure de la consommation, jusqu'à devenir nulle ou à peu près à l'arrivée.
Comment introduit-on l'eau dans la caisse?
Notre dessin répond à la question. Voyez-vous cette sorte de panier, de forme conique, en cuivre rouge, et percé d'une multitude de petits trous, lequel plonge dans la caisse à l'arrière : il est placé au-dessous d'une ouverture fermée par un couvercle métallique, dont le but est de protéger l'intérieur du tender contre l'introduction des fragments de combustible. C'est par cette ouverture que les boyaux des grues introduisent l'eau d'alimentation. Dans certains tenders, il y a deux ouvertures contenant chacune un panier de ce genre, placé alors à cliaque angle d'arrière. On a déjà compris, j'espère, pourquoi cette enveloppe
1. Le poids de l'eau et celui du combustible des tenders varient plus encore que ne Tindiquent les chiffres ci-dessus mentionnés, qui s'appliquent surtout aux machines à voyageurs ou à grande vitesse. Dans les locomotives-tenders, de gare, de fortes rampes, etc., dont il sera question plus loin, la charge varie selon la puissance des machines et leur destination.