GINQUIËHB PARTIE. — LÀ LOCOMOTIVE
morceaux, expérience dangereuse qu'il n'est pas bon de tenter. La température de l'eau chauffée reste-t-elle au-dessous de cette limite, il est aisé de reconnaître que la vapeur emprisonnée agit comme un ressort, tant sur le liquide que sur les parois du vase. Rien d'ailleurs n'est plus facile que de mettre cette force d'élasticité en évidence. Supposez votre vase muni d'un tube à robinet, adapté en un point quelconque, et ouvrez. Un jet de vapeur sortira bruyamment, doué d'une force suffisante pour soulever un certain poids.
Tel est le premier phénomène, le premier principe de toutes les machines dites à vapeur : tension ou force élastique de la vapeur d'eau, croissante avec la température*.
Le second phénomène, non moins important, est
i. Il reste à dire comment se mesure cette énerg^ie motrice. Eh bien, on prend d'ordinaire pour terme de comparaison la pression exercée à la surface de tous les corps terrestres par le poids de la colonne atmosphérique correspondante. Gomme la vapeur à la température de l'eau bouillante, c'est-à-dire à iOO^ du thermomètre centigrade, a une force élastique précisément égale à la pression atmosphérique, il faut en conclure qu'elle presse de 10 333 kilogrammes sur chaque mètre carré de surface. Pour abréger, les physiciens et les mécaniciens disent que cette pression est d'une atmosphère. Mais la température de la vapeur croît-elle de 10, 20... degrés du thermomètre, sa force élastique va suivre une progression beaucoup plus rapide. A 150^» elle a déjà une valeur de cinq atmosphères ; à 180^, elle équivaut à dix' atmosphères : cela revient à dire qu'elle écrasera chaque mètre carré d'une surface résistante du poids énorme de 103 400 kilogrammes, plus de cent trois tonnes! Des instruments spéciaux nommés manomètres servent à obtenir la mesure de cette force.
20 LES GUËMIiNS DE FER.
celui-ci : refroidissez subitement la vapeur élastique contenue dans un récipient soit par l'injection d'un peu d'eau froide, soit par la projection de cette même vapeur dans l'atmosphère : soudain la vapeur se condense, repasse à l'état liquide, perdant ainsi, avec la chaleur qu'elle avait absorbée, la force môme qu'elle en avait reçue.
Ces principes posés, nous pouvons aborder la description d'ensemble de la locomotive.
Trois parties principales la composent :
La chaudière, qui est l'appareil générateur de la vapeur ;
La machine proprement dite, appareil récepteur de la vapeur et producteur du mouvement ;
La voiture ou le train de roues destiné à produire le déplacement de la locomotive, sous l'action de la force motrice, transmise par le mécanisme.
Celte triple disposition est facile à démêler au premier coup d'œil.
Variées sont les formes des différents types de locomotives — nous aurons bientôt l'occasion d'en juger — ; mais examinons-les les unes après les autres : dans toutes vous voyez d'abord une forme cylindrique horizontale, de même longueur à peu près que la machine entière ; le foyer la termine à l'arrière; à l'avant, la cheminée : c'est la chaudière. Pareillement, il est aisé de reconnaître tout l'appareil du mécanisme moteur, les cvlindres.