CINQUIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE
les tiges métalliques et leurs manivelles fixées aux essieux ou faisant partie des essieux mômes.
Quant aux roues, au châssis, à toutes les pièces dont l'ensemble forme la voiture sur laquelle repose la machine, il n'est pas besoin d'être versé dans la science du mécanisme pour les reconnaître : un regard suffit.
Ainsi, l'extérieur seul nous révèle l'existence des trois parties principales qui composent ce tout organisé qu'on nomme une locomotive. Pour en savoir plus long sur chacune de ces parties, je ne vois qu'un moyen : procéder comme les anatomistes aux prises avec un cadavre, c'est-à-dire exécuter une dissection en règle.
Donc, fendons en deux — par la pensée bien entendu — de l'avant à l'arrière et verticalement, notre animal... je veux dire notre machine. Nous pouvons maintenant examiner l'intérieur à notre aise. Laissons d'abord de côté les menus détails : attachons-nous à l'ensemble. L'appareil qui sert à la. production de la vapeur, nous avons dit la chaudière, occupe la plus grande partie de la coupe longitudinale que vous avez sous les yeux (fig. 7); elle se subdivise d'ailleurs en trois capacités particulières :
A l'extrémité d'arrière, le foyer, ou boîte à feu;
Au milieu, le corps principal de la chaudière, renfermant la plus grande partie de l'eau que l'action du foyer doit réduire en vapeur : cette
capacité a reçu, à cause de sa forme, le nom de corps cylindrique;
Enfin, à l'extrémité d'avant, la boîte à fumée^ où se rendent les gaz produits par la combustion; cette troisième capacité est surmontée par la cheminée de la machine.
La forme générale du foyer est rectangulaire : grâce à une double enveloppe, que notre coupe laisse voir, le combustible, coke, charbon de terre ou bois, se trouve en contact direct avec l'eau de la chaudière par cinq des six faces du foyer. La sixième, c'est-à-dire le fond intérieur, est formée d'une grille à barreaux mobiles, sur laquelle repose directement le combustible. L'eau qui enveloppe la boîte à feu reçoit la première l'action de la chaleur rayonnante; c'est elle, dès lors, qui la première se vaporise. Aussi la force élastique de la vapeur, s'exerçant ainsi directement sur des parois planes, les aurait bientôt déformées sans un système de solides armatures qui servent à relier les deux enveloppes intérieure et extérieure de la boîte à feu*.
i. Les parties latérales de ces enveloppes sont consolidées par des entretoises en cuivre rouge rivées, tandis que la face supérieure, ou ciel du foyer ^ est munie d'armatures du même métal, fixées de champ, et de forme parabolique. On a préféré le cuivre rouge au fer, parce que la destruction de ce dernier est plus rapide et qu'il faut démonter le foyer pour en vérifier Tétat.
Veut-on avoir une idée de l'effort qu'exerce la pression de la vapem*? £n supposant la pression de sept atmosphères, et les entretoises espacées d'im décimètre, chacune d'elles doit exercer.