‹ Les chemins de fer (volume 3)Chapitre 32 sur 99 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

espace, de façon que le poids total soit aussi également que possible réparti sur les essieux du véhicule. Les parois de cette caisse sont en tôle, et consolidées par des cornières en fer; leur hauteur varie entre 0"*,80 et 1 mètre. La contenance change elle-même, selon la puissance ou l'activité du service des machines : de 5,000 litres d'eau au moins, de 8,000 litres au plus.

Quant à la quantité de combustible que porte un tender complètement chargé, elle oscille entre i,000 et 5,500 kilogrammes de coke ou de houille. C'est en tout, et poids du véhicule à part, une charge de 6,000 à 12,000 kilogrammes. 11 est vrai de dire qu'il s'agit ici de la charge au départ, laquelle diminue progressivement au fur et à mesure de la consommation, jusqu'à devenir nulle ou à peu près à l'arrivée.

Comment introduit-on l'eau dans la caisse ?

Notre dessin répond à la question. Voyez-vous cette sorte de panier, de forme conique, en cuivre rouge, et percé d'une multitude de petits trous, lequel plonge dans la caisse à l'arrière? Il est placé au-dessous d'une ouverture fermée par un couvercle métallique, dont le but est de protéger l'intérieur du tender contre l'introduction des fragments de combustible. C'est par celte ouverture que les boyaux des grues introduisent l'eau d'alimentation. Dans certains tenders il y a deux ouvertures contenant chacune un panier de ce genre, placé alors à chaque angle d'arrière. On a déjà compris, j'espère, pourquoi cette enveloppe protectrice : c'est afin que tous les détritus et menus objets, apportés par l'eau des réservoirs, morceaux de bois, de paille, etc., ne puissent, en pénétrant dans la caisse à eau, et de là dans les tuyaux d'aspiration, nuire au jeu des pompes alimentaires.

lives-lenders. D'autres sont reliées d'une manière invariable à leurs tenders, qui font alors partie intégrante des machines. Je dirai les raisons de ces dispositions spéciales.

C'est vers l'avant et sur le fond de la caisse à eau que viennent aboutir les deux tuyaux d'aspiration des pompes : deux soupapes, manœuvrées par le mécanicien ou le chauffeur, donnent ou ferment l'accès au liquide. Un coup d'œil jeté sur notre coupe permet de saisir cette disposition.

Enfin, je ne puis que mentionner les coffres qui, placés à l'avant et à l'arrière du tender, portent, soit divers outils, les effets du mécanicien, les chiffons, la graisse, soit les agrès utiles en cas d'accident, avec diverses pièces de rechange.

Le châssis du tender, en bois ou en tôle, est à quatre roues, plus rarement à six. 11 se relie à la locomotive par une barre d'attelage à vis et deux chaînes de sûreté — nous venons de les voir sur la machine — et au train, par le moyen d'un simple crochet, qui reçoit la barre d'attelage du premier wagon.

Le tender porte toujours un frein^ qui agit à la fois . sur les deux ou trois paires de roues. On sait quelle est la fonction de cet appareil important, destiné à détruire progressivement la vitesse acquise par le train, quand il s'agit d'arrêter, ou tout au moins à l'amortir en partie, lorsqu'on veut simplement ralentir le mouvement. Dans aucun cas, qu'on le sache bien, il ne peut être question d'arrêter brusquement la marche, quelle qu'en puisse être l'urgence ; les accidents, heureusement fort rares, qui proviennent de' la rencontre de deux trains, ou de la présence sur la voie d'un obstacle propre à faire dérailler la machine, ne justifieraient pas une pareille imprudence. Arrêter instantanément un convoi dans sa marche — si un tel problème pouvait être résolu par des moyens simples — serait aussi funeste que l'accident qu'il s'agirait de prévenir : la secousse en serait tout aussi terrible.

C'est une réflexion qui coupe court aux inventions de cotte sorte, on prouvant que leurs auteurs n'ont qu'une

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