CHARENTON
Fig. 120. — Billet d'aller et retour ; ligne de Lyon.
Vous avez vu plus haut, quand nous avons parlé du mouvement des voyageurs sur les grandes lignes de France , quel nombre considérable de billets se trouve distribué dans Tannée ;^car, lorsque nous avons dit que la ligne de l'Ouest a voiture, en 1860, 15,472,476 voyageurs , on a bien compris qu'il s'agissait de billets distincts, la même personne comptant pour un nombre de voyageurs égal à celui des billets qu'elle a pris.
C'est une moyenne de 41,391 billets par jour.
Imprimer ce nombre de billets, un à un, par les pro-
à sept ans payent demi-place. Dans le premier cas, les personnes qui les conduisent doivent faire constater sur leurs propres billets la présence de l'enfant dans les wagons. C'est ce que l'employé qui distribue les billets fait au guichet même, au moyen d'un timbre spécial.
cédés ordinaires, exigerait un temps très-long et un travail fort pénible, puisqu'ils diffèrent les uns des autres, au moins par le numérotage. Aussi emploie-t-on, dans ce but, une ingénieuse machine qui compose et imprime automatiquement les billets de chaque série à raison de 7,000 billets par heure.
C'est aussi une machine qui découpe les cartons de la grandeur voulue, et cela avec une assez grande rapidité, pour fournir 500,000 billets par journée de travail. Enfin, c*est encore une machine quf compte et range les billets lorsqu'ils sont imprimés et les entasse en séries toutes prêtes à être envoyées aux stations de la ligne. Cette dernière machine fait, en un jour, l'ouvrage de huit employés et compte 250,000 billets. Mais l'avantage principal de ces substitutions de mécanismes automatiques au travail de l'homme n'est pas seulement dans l'économie de temps et de peine, c'est aussi la certitude, pour ainsi dire absolue, qu'aucune erreur ne se glisse dans ce genre de travail, si fatigant, si abrutissant pour l'intelligence ^
Vous avez, je suppose, fait inscrire vos bagages, conservé avec soin le billet qui constate votre propriété, vous avez aussi muselé votre chien et payé sa place au-dessous des fourgons à bagages. C'est le moment de monter en voilure.
N'avez-vous pas maugréé quelquefois, dans les salles d'attente, contre les portes qui ne s'ouvrent pas toujours au gré de l'impatience du public, avide de choisir, dans les voitures, les places qu'il préfère? Que n'avons-nous le placide tempérament de nos voisins d'outre-Manche ! Peut-être alors les compagnies nous laisseraient-elles,
* Si l'on désire connaître en détail les machines ingénieuses dont nous venons de parler, et dont l'invention est due à un mécanicien de talent, M. Lecoq, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux numéros de juillet et d'août 1860 du Magasin j^ittoresque, où nous avons nous-même puisé une partie des renseignements qui précèdent.