QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATIOlS
que les continiielles manœuvres des locomotives, des wagons de toute sorte, ajoutent encore à l'apparente confusion de ces mouvements.
Que d'ingénieuses combinaisons aient préside à la marche des trains, à la fixation des heures de départ et d'arrivée, c'est ce qu'exigeait la nécessité la plus évidente. Mais cela peut-il suffire à la sécurité? Ces dispositions de la plus simple prudence peuvent-elles, à elles seules, prévenir, au milieu d'une circulation si compliquée, les chocs, les collisions, les accidents de toute espèce? Cela paraît peu probable. Par quels artifices a-t-on pu parvenir à assurer celte sécurité relativement si parfaite des \oyages en chemin de fer? Par l'organisation d'un système de signaux. îl reste seulement à vous apprendre quel est ce système, et par quels moyens pratiques il se trouve aujourd'hui réalisé.
Et d'abord, si l'on doutait de l'utilité, delà nécessité des signaux, en arguant de la précision des mouvements et de l'exactitude des heures fixées, il suffirait de rappeler :
Qu'une multitude de circonstances peuvent influer sur la vitesse respective des trains qui marchent sur une même voie, dans le môme sens, d'où peuvent résulter des rencontres imprévues ;
Que l'état de la voie, objet d'une surveillance continue, est sujet cependant à rendre impossible la circulation en un point : bris de rails, obstacles matériels , dégâts produits par les orages , réparations forcées, peuvent nécessiter- le ralentissement ou l'arrêt ;
Que les trains réglementaires ne sont pas les seuls qui circulent, et qu'un train extraordinaire, non attendu, doit être signalé sans retard;
Que les Iranchces dans les courbes, le passage dans les tunnels, les aiguilles, changements et croisemenis de voie doivent être l'objet d'une attention suivie;
Que la nuit, les brouillards, les neiges, sont des causes fréquentes de ralentissement et d'arrêt, et dès lors nécessitent, avec les précautions les plus grandes, des avertissements continuels;
Que les accidents enfin qui peuvent survenir, soit à la locomotive, soit au matériel d'un convoi, donnent aux demandes de secours et aux signaux d'avertissement l'urgence In plus pressante.
Ai-je tout dit? Non, sans doute; mais la descri|)lion qui va suivre rendrait superflus des détails plus minutieux.
Les signaux employés dans l'exploitation des chemins de fer peuvent être rangés en diverses catégories, d'abord selon le but qu'ils sont destinés à atteindre, puis selon la nature des moyens ou des appareils adoptés.
En nous plaçant à ce dernier point de vue, nous trouverons successivement :
Les signaux fixes, placés en des points déterminés et invariablement fixés à la voie;
Les signaux mobiles, qu'on peut à volonté poser sur un point quelconque de la ligne;
Les signaux de locomotive, confiés spécialement aux mécaniciens pour le service même des trains;
Le télégraphe électrique, qui fait évidemment partie