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au maximum — on emploie les appareils que je viens de vous décrire. Tous sont basés sur la possibilité de la vue distincte d'un objet matériel, ou sur l'audition d'un son on d'un bruit, c'est-à-dire sur des phénomènes très-limités. Mais que la distance dont il s'agit vienne à s'accroître dans une proportion un peu grande, et les signaux ordinaires sont d'une insuffisance évidente. C'est alors que la télégraphie électrique est venue offrir au service de l'exploitation des voies ferrées, ses qualités précieuses, l'immense ressource d'une transmission rapide, et d'une précision qui traduit l'ordre transmis avec ses plus minutieux détails.

Déjà nous avons vu, dans les trembleurs électriques, l'emploi de l'électricité pour la vérification de l'état des disques signaux. Les postes télégraphiques^ échelonnés aujourd'hui sur toutes nos lignes de fer, sont d'une bien autre importance : quelques détails à cet égard vont le prouver.

Un mot d'abord sur la nature des applications du merveilleux agent. On peut les ranger en quatre catégories distinctes :

La première comprend toutes les transmissions de dépêches émanées de l'administration et adressées, soit d'un bout à l'autre de la hgne, soit d'une station intermédiaire à une station du même genre; les ordres de toute espèce, les réclamations, vérifications, colis oubliés, etc. Dans la seconde catégorie se rangent toutes les dépèches ayant pour objet le service des trains, l'indication précise de leur nombre, du sens de leur marche, de l'heure précise de leur passage, de

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leur avance ou retard sur l'heure réglementaire. Ce service continu et régulièrement organisé fonctionne d'imc station aux deu?: postes voisins les plus proches ; il permet de connaître en temps utile les circonstances exceptionnelles qui peuvent modifier la marclie des convois, dans l'intérêt pressant de la sécurité de circulation. Tiennent ensuite les demandes de secours, qui, ami point quelconcpie de la voie, s'aclre.-?ent, par l'intermédiaire d'appareils mobiles, aux dépôts les plus proches. Enfin, je classerai dans la quatrième catégorie les signaux fails au moyen d'appareils spéciaux, la plupart encore à i'cs?ai, et qui ont pour objet, soit de signaler aux stations la position exacte d'un trainsur la ligne, soit de transniettre directement.les ordres au conducteur d'un convoi en marche, soit enfin, dans le cas d'accident imminent, de donner l'alarme au poste voisin, ou de prévenir à temps tel train dont la rencontre est à redouter.

Dans tous les- cas, quel est l'appareil commun à ces divers genres de signaux? Le télégraphe électrique. Je ne puis, à propos des chemins de fer, faire ici un cours de télégraphie. Mais qu'on me permette de rappeler, en quelques mots, les principes de cette communication merveilleuse et pourtant si simple.

Que faïU-il pour que deux personnes, aux deux extrémités opposées d'une ligne, se trouvent dans la poJjsibilité de tenir une véritable conversation?

Qu'elles possèdent toutes deux un appareil propre à transmettre leur pensée : c'est le manipulateur ; qu elles aient également à leur disposiiion un appareil propre à la recevoir: c'est le récepteur; enfin, que

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l'un et l'autre de ces appareils soient en relation par l'intermédiaire d'un lil métallique ou conducteur. Quant au moteur qui transporte ainsi, avec une rapidité de plus de 100 kilomètres par seconde, les signes de convention ou les lettres composant la phrase transmise, c'est l'électricité ; non pas cette électricité dont les effets se manifestent à nous par les phénomènes atmosphériques, éclairs, foudre, bruit de tonnerre ; mais cette autre qui circule d'un pôle à l'autre d'une pile, et dont l'action continue sur un morceau de fer doux suffit à donner à celui-ci les propriétés attractives de l'aimant.

Tout le monde a vu courir, le long des chemins de fer et des routes, les fils suspendus à des poteaux ■ plantés de distance de distance, ordinairement tous les 50 mètres. Des godets de porcelaine servent de supports aux fds , et les garantissent du contact avec les poteaux eux-mêmes, c'est-à-dire avec le sol. Que ce contact ait lieu par hasard ou par accident, aussitôt la communication s'évanouit. Le courant électrique est, comme vous le voyez, un sylphe d'une nature contraire à celle d'Antée : dès qu'il vient à toucher la terre, il perd sa vertu. La pile, source du courant, est aujourd'hui d'un usage assez répandu pour que je me dispense de la décrire. C'est tout auprès du manipulateur (lu'cllc est d'ailleurs fixée.

La figure de la page 595 vous montre l'intérieur d'un poste intermédiaire de télégraphie électrique, qui vous permet de voir en un clin d'œil comment sont disposés les deux appareils. Sur chacune des deux tables voisines de l'agent préposé au service

du poste, VOUS voyez à la fois le récepteur et le manipulateur: dans les boîtes situées au-dessous se trouvent les piles. J'oubliais de vous dire que le télégraphe adopté sur toutes les lignes est le télégraphe à cadrans : notre dessin vous explique assez le motif de cett'e dénomination. C'est en promenant sur le cadran du manipulateur l'aiguille fixée à son centre, et en l'arrêtant à chaque tour, sur une des lettres successives qui forment les mots de la dépêche, que l'employé transmet celle-ci. Au contraire, c'est en tenant note d-es arrêts de l'aiguille du récepteur, qu'il prend connaissance du contenu de la dépèche qui lui est envoyée.

Deux sonneries, mises en mouvement par le jeu même des appareils des deux postes voisins, avertissent remployé de la prochaine arrivée d'une dépêche. Est-il, par hasard, absent? le mécanisme de la sonnerie fait apparaître un petit écrileau portant ces mots : REPONDEZ, qu'il aperçoit à son retour. Au centre de chacune des tables sur lesquelles se trouvent placés les appareils, on peut voir, en outre, un indicateur spécial de la situation des tiains en marche sur la ligne, et de chaque côté de la station. Deux aiguilles, verticales lorsque la voie est libre, s'inclinent dans le sens de la marche des tiains, et cela, jusqu'à ce que le chef de l'une ou de l'autre des stations voisines ait annoncé l'arrivée du train qui vient de partir.

Les postes télégraphiques d'une voie ferrée sont de trois sortes. Il y a les postes de tête de ligne, les postes intermédiaires simples et les postes intermédiaires de bifurcation, qui, devant correspondre avec trois sta-

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lions, sur des directions différentes, doivent posséder en double les appareils, manipulateur, récepteur, sonneries, etc.

Il V a encore les appareils placés sur la ligne de quatre en quatre kilomètres, à partir du dépôt, et qui servent à transmettre les demandes -de secours. Ils sont placés dans des boîtes, fixées à des poteaux sur le bord de la voie ; mais ils se composent simplement d'un manipulateur et d'un avertisseur.

Cinq fils suffisent au service complet de la télégraphie sur un chemin de fer : la transmission des dépêches en exige deux, dont l'un relie les stations extrêmes, tandis que l'autre sert à unir chaque station intermédiaire avec ses deux voisines ; un autre fil est consacré aux demandes de secours, enfin, deux fils servent à l'indication de la marche des trains, en reliant entre elles les stations de toute la lignée

Le service télégraphique est-il à l'abri des interruptions? Non sans doute. Mais quand les appareils sont l'objet de vérifications assidues, quotidiennes, il n'y a guère que les temps d'orage qui mettent obstacle cà la transmission des dépêches et des signaux. Dans ce cas, l'électricité atmosphérique occasionne

* Voici les prix d'ôlablissenicnt dos trois genres de postes téh'^ral»lii([ucs dont il vient d'être question.

Poste intermédiaire simple ou à deux directions. 055 Ir.

— tête de ligne à une direction 525

— inlermédiaire de bifurcations, à trois direc-

— lions. . • . 054

Huant à la ligne lv'Lgra[)lii4iie elle-niêiUL', le pii.v de revient d'un kilomètre à doubles fils, poteaux de pin, fils de Ter, supports, etc., est évalué en moyenne à 500 francs, suit 50,000 francs pour une ligne de 100 kilomètres.

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dans les courants des perturbations dont on se préserve difficilement. Heureusement les interruptions de ce genre ne sont ni très-t'réquentes, ni d'une grande durée. La plupart des postes sont d'ailleurs munis d'appareils préservateurs de la foudre, qui atténuent l'intensité des perturbations, en même temps qu'ils mettent le poste à l'abri de tout danger.

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