‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 55 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

nateurs, qui jettent d'abord sur le papier les contours principaux, puis des lignes plus étudiées, pour terminer par les traits de détail et les dernières nuances d'ombre et de lumière, nous arriverons, je l'espère, à la claire et complète intelligence de son mécanisme.

Reprenons d'abord l'étude de la chaudière.

Peu de choses nous restent à dire du fover. Nous verrons tout à l'heure que la porte, servant à l'introduction du combustible, est pratiquée sur la face d'arrière, à la portée du chauffeur, La grille, à barreaux indépendants,, est horizontale dans les machines où l'on brûfe du coke, et à gradins inclinés, quand le combustible est de la houille. Dans tous les cas, il importe que le mécanicien puisse renverser une partie de lagrille, si les circonstances l'obligent à jeter le feu.

Au-dessous de la grille, on dispose le plus souvent une caisse en tôle, ayant pour objet de recueillir les fragments de coke enflammé, les escarbilles que pourraient projeter au loin les roues de la machine en mouvement. C'est le cendrier : à l'avantage de prévenir les incendies, cet appareil joint malheureusement l'inconvénient de nuire au tirage.

Un mot maintenant des tubes. Ce sont eux, je l'ai dit, qui constituent l'originalité de la chaudière ^

* Seguin et Stephenson se partagent, dit-on, la gloire d'avoir substitut' à l'ancienne chaudière à capacité cylindrique simple le corps, cylindrique tubulaire, qui augmente dans une proportion si remarquable la surface de chauffe, et, comme on l'a vu plus haut, la puissance de la locomotive. Toutefois, dès 1825, la chaudière tubulaire de Marc Seguin fonctionnait dans les premiers bateaux à vapeur qui naviguaient sur le Rhône; en 1827, il l'appliquait aux locomotives circu-

Ils sont en laiton laminé de premier choix, de 4 à 5 centimètres de diamètre extérieur, et leur nombre varie entre 100 et 500, selon les machines. Celle que nous sommes entrain de disséquer en possède 180. Grâce aux tubes, on est parvenu à obtenir une surface de chauffe totale d'au moins 100 mètres carrés \ Notre coupe longitudinale permet de voir comment les tubes sont encastrés, d'une part à l'une des faces de la boîte à feu, de l'autre à la face postérieure de la boîte à fumée. Mais le dessin suivant vous fera mieux voir leur disposition habituelle (tig. 71).

La double enveloppe de la boîte à feu, les entretoises et armatures, la grille, le cendrier, le réservoir de vapeur surmonté d'une sorte de petit dôme, dont la fonction sera plus loin indiquée, le niveau de l'eau dans la chaudière, la position qu'occupe le tuyau de prise de vapeur, voilà autant de détails dont notre première coupe vous a déjà fait saisir un aspect. Cette seconde coupe, en vous les montrant sous une autre face, vous permettra de les mieux comprendre encore.

Autre avantage des tubes, qu'il ne faut pas oublier :

lant sur le chemin de fer, récemment construit, de Lyon à Saint- Étienne. La chaudière de Stephenson ne lit son apparition qu'en 1829. 1 Nous verrons même que, dans les machines les pkis puissantes, on est parvenu à atteindre, sans agrandir outre mesure la chaudière, l'énorme surface de l96 mètres carrés. Yeut-on une preuve frappante de l'immense avantage offert par la disposition tabulaire de la chaudière? La voici : tandis que la surface intérieure de l'enveloppe cylindrique ne donnerait, même en l'utilisant tout entière, chose d'ailleurs impossible, que 15 mètres carrés environ, la surface des tubes renfermés dans cetse/enveloppe est de plus de 95 mètres carrés, c'est-àdire sept fois plus considérable ! L'exemple est pris sur une machine Crampton.

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