‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 56 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

ils rendent en réalité la chaudière inexplosible. Que la vapeur vienne, en effet, à acquérir une pression dangereuse, ce n'est point l'enveloppe extérieure qui cédera la première, mais bien les tubes, dont la faible épaisseur relative ne peut résister à cet excès de force élastique. Les tubes crèvent alors, et l'eau, pénétrant

Fig. 71. — Coupe de lu Itoîte à feu; vue intérieure du foyer.

dans le foyer en même temps que la vapeur, éteint le feu, et du même coup signale et prévient le dan-

ger.

Laissons pour le moment la boîte à fumée, et d'autres détails de la chaudière, qui trouveront plus

loin leur place, et donnons au mécanisme moteur toute l'attention qu'exige son importance.

Rappelons-nous que, du réservoir de vapeur, le fluide élastique descend par des tuyaux latéraux jusqu'aux cylindres, et arrêtons-nous à ces organes producteurs du mouvement.

Examinez d'abord les deux figures de la page suivante. Elles suffiront, je crois, à vous donner une idée nette du principe de distribution de la vapeur : je vous demanderai seulement, pour cette fois, la permission d'employer quelques lettres pour abréger notre description. Vous voyez enO 0 l'intérieur d'une capacité qui reçoit la vapeur par le tuyau I : c'est en I que vient aboutir l'une des brancbes du prolongement du tuyau prise de vapeur, dont il vient d'être question un peu de plus haut. Cette boîte à vapeur fait partie intégrante du cylindre, je veux dire est venue de fonte avec ce dernier; deux ouvertures ou lumières cVïntroduction ï i permettent à la vapeur d'entrer dans le cylindre ou d'en sortir, suivant la position d'une pièce spéciale t t qu'on nomme le tiroir.

Figurez-vous une caisse rectangulaire, creuse et renversée, qui s'applique par sa base sur la face bien dressée du cylindre où aboutissent les lumières d'introduction, et qui est mobile sur ce plan. Une tige, qui pénèlre à frottement dans la boîte à vapeur, communique au tiroir un mouvement de va-et-vient : c'est ce mouvement qui, faisant successivement pénétrer la vapeur, soit d'un côté soit de l'autre du piston du cylindre, détermine le propre mouvement de ce dernier. Le tiroir occupe-t-il la position qu'indique la pre-

rnière figure, la vapeur passe de la boîte 00 dans le

T. A \'yA

Fig. 72. — Mouvements corrélatifs du piston et du tiroir; première position.

Fig. 73. —Mouvements corrélatifs du piston et du tiroir j seconde position.

côté A du cylindre, comme le montrent les flèches, et

par sa force élastique pousse le piston pp de droite à gauche. Le fluide moteur qui, d'ailleurs, remplissait le côté B du cylindre, s'échappe par la lumière de gauche dans le tiroir, et de là, par la lumière d'échappement e, dans un tuyau E qui se rend dans la boite à fumée, c'est-à-dire dans l'atmosphère ; il perd ainsi toute sa force élastique. Le piston a jusqu'ici parcouru, dans un sens, toute la capacité du cylindre. Mais un mécanisme particulier lie précisément le mouvement de la tige t du tiroir à celui de la tige p du piston. Et cette liaison est telle, que la première marche dans le même sens que l'autre, pendant la première moitié de la course du piston, et en sens contraire pendant l'autre moitié ; ce qui revient à dire que le tiroir est à moitié de course, pendant que le piston est à bout de course, sur l'un ou sur l'autre fond du cylindre. Peu à peu donc le tiroir a pris la position qu'il occupe dans la seconde figure, c'est-à-dire justement inverse de la première. Aussi qu'arrive-t-il? Suivez par les flèches le mouvement de la vapeur, et vous comprendrez que le piston a marché de gauche à droite. Ai-je besoin de dire que cette course alternative dans les deux sens opposés va se continuer dans le même ordre, tant que la vapeur arrivera dans la boîte qui recouvre le tiroir? Chaque locomotive a deux cylindres, symétriquement placés par rapport à l'axe de la machine. Ce que j'ai dit de l'un s'appHque à l'autre. Seulement, par une disposition particulière, les deux pistons occupent à chaque instant des positions opposées, et leurs mouvements sont toujours de sens contraire dans les deux cylindres. On en va voir la raison dans un instant.

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