DEUXIEME PAIITIE. — LA LOCOMOTIVE
tout à l'heure; mais comme je ne parle point à des mécaniciens, bon nombre de mes lecteurs me sauront gré, je pense, de leur dire ce qu'on entend par un excentrique.
Concevez un disque métallique circulaire, solidement fixé à un arbre cylindrique — c'est ici l'essieu moteur — mais fixé de telle sorte, que son centre ne coïncide point avec l'axe de rotation. Imaginez maintenant ce disque entouré d'un collier également circulaire, mais mobile autour de lui et muni d'une barre rigide. Vous aurez ainsi ce qu'on nomme un excentrique^ son collier et sa bielle.
L'essieu moteur vient-il à prendre un mouvement de rotation, l'excentrique tournera avec lui ; mais, en raison de l'inégale largeur qui provient de sa position et de sa l'orme, il écartera et rapprochera progressivement le collier de l'axe de l'essieu. De là résulte un mouvement de va-et-vient de la barre d'excentrique, puis de la bielle articulée à la tige du tiroir, et enfln de cette tige elle-même.
S'il ne s'agissait jamais que de marcher en avant, un seul excentrique suffirait à produire indéfiniment ce mouvement d'une façon continue, tant du moins que la vapeur affluerait dans la boîte du tiroir. Mais il est souvent utile de rebrousser chemin, et de substituer à la marche en avant, la marche en arrière : c'est ce que le mécanisme d'un excentrique ne saurait produire seul. Nous aurons bientôt l'occasion de jeter un coup d'oeil sur la disposition extérieure de notre locomotive. Je profiterai de la circonstance, pour essayer de voUs faire comprendre comment a été résolu ce problème
du changement de marche, au moyen d'un mécanisme particulier, celui de la coulisse.
Achevons maintenant l'examen intérieur de notre machine. Faisons pour cela une nouvelle coupe en travers ; mais celte fois suivant l'axe même de la cheminée, c'est-à-dire dans la boîte à fumée (fig. 74). Examinons la figure qui en résulte. Qu'y voyons-nous?
D'abord, sur la plaque tubulaire d'avant de la chaudière, les orifices des tubes, par où les gaz de la combustion s'échappent de la cheminée, puis au-dessous les deux cylindres, munis latéralement de leurs tiroirs. Les deux tuyaux d'échappement viennent se réunir en un seul, à la base de la cheminée; mais comme une telle disposition produit un étranglement nuisible au tirage, la base de la cheminée a été évasée dans le but de prévenir cet effet.
Puisque je viens de prononcer le mot de tirage, c'est l'occasion de parler de cette importante fonction, qui donne à la combustion l'énergie, la vivacité nécessaires. C'est à la fois par l'insuffisance du tirage et par la faiblesse de la surface de chauffe, que péchaient les premières machines. Vous avez vu comment l'invention de la chaudière tubulaire a remédié à ce dernier défaut. Les mêmes inventeurs trouvèrent le moyen, chacun de son côté, de détruire le premier. Voici comment ils y parvinrent :
L'appel de la cheminée, surtout à travers les tubes étroits de la nouvelle chaudière, donnait un tirage très-imparfait. Pour y suppléer, ils songèrent à utiliser l'action de la vapeur à sa sortie des cylindres, en faisant déboucher les tuyaux d'échappement vers la })arlie