‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 62 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

de la machine, ainsi que les tiges, bras de leviers et contre-poids, situés à côté et un peu au-dessus de la coulisse. Comment ce mécanisme peut-il agir pour changer le sens de la marche?

C'est ce que je vais vous dire, mais en vous prévenant que c'est là \m point qui mérite toute votre attention.

Considérez la locomotive arrêtée un instant, Tun des pistons étant à bout de course, tandis que l'autre est à moitié — positions toujours corrélatives, nous l'avons vu. — Le tiroir, qui correspond à la seconde de ces positions, est précisément à la fin d'un de ses mouvements de va-et-vient, de sorte que si la vapeur arrive dans la boîte, le mouvement aura lieu comme précédemment, c'est-à-dire en avant. Mais que, par le mécanisme de la coulisse, le tiroir soit tout à coup transporté à son autre position extrême, et c'est le contraire qui aura lieu : je veux dire que, la vapeur entrant par l'autre lumière, le piston marchera en sens inverse, et la manivelle de l'essieu prendra le mouvement rétrograde ou de marche en arrière ^

Tel est, en peu de mots, l'ingénieux appareil dont l'invention première remonte à Stephenson, et qui porte encore son nom.

La coulisse de Stephenson n'est pas seulement uti-

* La oulissG qufi nous venons do voir, dont la conrbnro ou mieux la concavité est tournée vers le cylindre, se nomme coulisse renversée. La coulisse ordinaire, de moins en moins appliquée, est tournée vers l'essieu : en outre, c'est elle qui reçoit le mouvement du levier et do la barre de relcvage, de manière à présenter l'une on l'an Ire de ses extrémités à la tige du tiroir; mais le principe étant lé même, je n'en dirai pas davantage.

lisée pour obtenir à volonté le changement de marche de la machine; elle sert encore à modifier la longueur de course du tiroir. 11 suffit pour cela d'arrêter, par l'intermédiaire des leviers et des arbres de relevage, la bielle du tiroir en un point situé à une certaine distance des extrémités de la coulisse, ou, si l'on veut, plus ou moins rapproché de son point milieu. L'amplitude des oscillations devenant moindre pour l'extrémité de cette bielle, on voit que la course du tiroir sera par là diminuée.

Dans quel but, c'est ce que je ne puis me résoudre à passer sous silence. Que diraient, je vous prie, les savants ingénieurs, auprès de qui vous pourriez vous renseigner de l'exactitude des explications qui précèdent, s'ils savaient que je n'ai dit mot de Vavance et du recouvrement^ de la détente fixe et de la détente variable? ^âus nul doute, ils hausseraient les épaules et n'auraient pas tort. Ici, en effet, il ne s'agit point d'une de ces questions théoriques qui intéressent la science seule et la pure curiosité des fanatiques de formules ; pas n'est besoin pour la résoudre d'analyse trascendante ni d'algèbre : c'est avant tout une question pratique, un problème d'économie, dans toute l'acception du mot.

Rappelez-vous seulement ce qui se passe dans le cylindre, lorsque le tiroir est placé au point milieu de sa course. Vous avez vu qu'alors le piston est à la fin de la sienne, sur l'une ou sur l'autre face du cylindre. Supposons-le au fond, à l'avant : il va maintenant rétrograder, pendant que le tiroir continuera son mouvement dans le même sens, puis en sens in-

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