TROISIÈME PARTIE. — LES GARKS
se trouvent à la fois, le bureau de distribution des billets, le passage qui conduit aux salles d'atlente, le magasin de dépôt des bagages, et, un peu dans le fond, les longues tables où viennent se heurter et se jucher les unes sur les antres les rnallesde toutes formes et de toutes dimensions, les colis lourds et légers, élégants et informes, que la foule bigarrée des voyageurs emporte dans sa route.
Le vestibule est l'endroit le plus animé, le plus bruyant, le plus affairé d'une gare : c'est celui qui offre à l'observateur le spectacle le plus piquant, les scènes les plus intéressantes. L'ancienne cour des Messageries, dont je parlais tout à l'heure, avait jadis une physionomie analogue à celle du vestibule d'une tète de ligne; mais elle s'en distinguait toutefois par un plus grand calme, un laisser-aller tout plein de bonhomie. On y voyait bien, comme aujourd'hui, les voyageurs s'y partager en trois classes, celle des gens inquiets, qui arrivent deux ou trois heures avant le départ, dans la crainte de le manquer; celle des retardataires, qui accourent tout essoulflés, au moment môme où le fouet du postillon claque, ou bien où le sifflet de la locomotive retentit; enfin, la classe beaucoup moins nombreuse des hommes exacts, qui tirent triomphalement leur montre de leur poche, en vérifient l'exacte concordance, à une demi-minute près, avec l'heure de la gare, puis s'asseyent avec confiance, sûrs de leurs fait, et satisfaits de leur méthodique exactitude, à coté des bagages qu'ils font enregistrer.
Mais en revanche, combien de scènes curieuses ou touchantes échappent, au milieu de l'empressement
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général, là oîi le départ du train est fixé avec une précision qui n'attend pas les retardataires ! Les adieux que se faisaient jadis les parents, les amis, avant de monter en voiture, se répétaient vingt fois au moment du départ, et les mouchoirs agités par la ])ortière, à Tangle de la rue où la diligence finissait par disparaître, étaient un dernier échange de sentiments, que ne permet plus le chemin de fer avec ses salles d'attente, véritables salles de séparation.
La gare de Lyon passe pour une des mieux disposées en vue du service, et mérite, à cet égard, d'être prise comme modèk', pour les gares à établir. Continuons donc à la pai'courir dans ses dernières parties : nous nous ferons ainsi une idée de ce qu'est une gare de premier ordre.
Des salles d'attente passons sur le trottoir du départ, qui règne tout le long des bâtiments de ce côté de la voie, c'est-à-dire tout le long de la grande halle couverte où viennent s'abriter et d'où partent les trains de vovageurs. Six voies parallèles sont ainsi protégées pari immense toiture, à charpente de fer, recouverte de verre transparent. En face, et de l'autre côté des voies, régnent les bâtiments d'arrivée, symétriques de ceux du départ. iVvant de leur donner un coup d'œil, achevons de passer en revue le côté où nous sommes. Tout près des salles d'attente, voici le buffet, qui communique avec la cour du départ ; puis plus loin, au fond de la salle, le petit entretien, qui se compose, outre une forge et un atelier, de magasins pour les huiles, les graisses et les pièces de rechange, et, au premier étage, d'un atelier pour les tapissiers.