‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 139 sur 227 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

visité, nettoyé, réparé ou entretenu. D'ailleurs, c'est notre intérêt, comme celui des compagnies, comme celui du public.

Quelle différence pour le service, monsieur, quelle différence aussi pour l'économie du combustible, entre une machine entretenue avec soin et une machine négligée 1 Pour moi, je vous l'avoue, intérêt à part, j'éprouve un vrai plaisir, un plaisir d'artiste, à voir la mienne luisante et polie, nette au dedans comme au dehors. Je sens que je m'y attache, à la fin, comme un cavalier à son cheval.

— Je vous comprends sans peine, dis-je : à Foutil, on connaît l'ouvrier. Mais vous ne me parlez pas du tender.

— Le tender, reprit-il , demande aussi à être visité, et entretenu en bon état de service. Seulement, vous concevez que c'est beaucoup plus facile que pour la machine. Quand on a vérifié l'état du frein, celui des bottes à graisse, les soupapes et Je tuyau d'alimentation, tout est dit. Àh ! j'oubliais nos outils. Vous voyez ici la pelle à coke, le pique-feu, la lance pour jeter le feu en route en renversant la grille, la tringle à nettoyer les tubes, la tringle qui sert à les tamponner, la raclette. Il y a aussi, dans les caisses du tender, tous les agrès et outils utiles à l'entretien, ou nécessaires eh route pour lès cas d'accident. Mais je ne vous fatiguerai pas de tous ces détails.

— Vous parlez d'accidents : dites-moi , je vous prie, quels sont les plus fréquents et les plus dangereux ? Je veux parler, bien entendu, des accidents qui concernent la machine.

— Les avaries d'une bonne locomotive, bien entretenue et bien conduite, sont heureusement rares, reprit-il. Il en est peu de vraiment dangereuses; et souvent encore, dans ce dernier cas , on peut en éviter les conséquences.

Je vous signalerai, parmi les plus légères et les plus fréquentes, les fuites dans le foyer ou dans les joints des entretoises, les fissures de la chaudière, un tube crevant dans ses parties usées, sous la pression de la vapeur, un barreau de la grille qui tombe en route, des fuites dans les tuyaux de distribution, une rupture de la cheminée, etc., etc. Tout cela est facilement réparable, exige au plus qu'on jette le feu et qu'on interrompe le service, sans qu'on ait à craindre un danger sérit ux. Il en est de même des accidents qui arrivent aux pièces du mécanisme, à un piston, à l'un des cylindres : en mettant le tiroir correspondant au point mort, ou, dans certains cas, à bout de course avec le piston , on peut marcher avec un seul cylindre, en ayant soin de démonter soit la bielle motrice, soit la tige du tiroir.

-— Et les explosions? interrompis-je.

— Les explosions véritables de la chaudière, ré-

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