TROISIÈME PARTIE. — MATÉRIEL ROULANT
secousses des chocs ou du démarrage. Jetez les yeux sur le plan du châssis, et vous reconnaîtrez quelle est la disposition de ces ressorts, qui sont liés aux tampons de choc, dont sont munis les deux grands longerons du cadre. Vous décrirai-je ces tampons que vous avez vus fonctionner plus d'une fois, j'en suis sûr? Non; parce qu'entrer dans de tels détails finirait par devenir fastidieux; c'est bien assez de vous dire, que le principe du mécanisme qui sert à l'amortissement des chocs réside, tantôt dans des rondelles de caoutchouc vulcanisé, tantôt dans des ressorts en acier.
Un mot des roues et des essieux.
En général, les roues sont en fer; cercles de roulement ou bandages, rais et moyeux sont tout en fer; quelquefois cependant le moyeu est en fonte. On a vu, dans la description des locomotives, quelle est la forme des bandages et de quelle manière ils portent sur le rail, comment le rebord des roues les maintient entre la voie 1 ; il en est de même des
1. Si le bandage des roues était cylindrique, autrement dit, si la surface, par laquelle elles s'appuient sur le rail, n'était point inclinée dans le sens horizontal, il en résulterait, dans les parties droites du chemin, une usure très-inégale des roues, et dans les parties courbes, un glissement du côté de la file de rails extérieure, et par suite une détérioration plus rapide des bandages. La forme conique adoptée remédie à ces inconvénients : seulement, elle donne lieu quelquefois à un mouvement d'oscillation transversale, de lacet comme on dit, assez fatigant pour le voyageur.
roues de toutes les sortes de voitures. Je n'y reviendrai donc pas. .
On se sert aussi de roues pleines, coulées en fonte, avec bandage en fer, ou, sur certains chemins, dé roues formées de secteurs en bois, reliés autour du moyeu en fonte par des bandages en fer forgé. Pour tout cela, le lecteur qui prendra la peine de jeter un coup d'œil sur le matériel circulant d'un chemin de fer, en saura bien vite autant que nous en pourrions dire.
Il faut distinguer dans l'essieu trois parties principales : l'une , qui forme les deux extrémités, ou fusées, sur lesquelles reposent les boîtes à graisse, est cylindrique, polie et tournée avec le plus grand soin ; la seconde comprend les deux endroits où s'emmanchent les moyeux; la troisième, en partie de forme conique, est intermédiaire entre les deux autres.
J'ai eu déjà l'occasion de dire, combien il importe à la sécurité des convois, que la fabrication des essieux soit aussi proche que possible de la perfection : les défauts de forge ne font qu'empirer, sous l'action incessamment répétée des vibrations, des chocs, des secousses, des brusques variations de température, enfin des flexions qui proviennent de la charge. La rupture en est la conséquence, et, bien qu'une rupture d'essieu n'ait pas, grâce au mode d'attelage, des suites aussi dangereuses pour