TROISIÈME PARTIE. — MATÉRIEL ROULANT
les voitures que pour la locomotive, ce n'est pas moins un accident à éviter.
Voulez-vous savoir maintenant comment les fusées de l'essieu supportent les boîtes à graisse et par suite le châssis? Examinons Tune de ces boîtes ; cela nous apprendra en même temps le mode de graissage, point d'une grande importance pour la conservation et l'entretien du matériel. Voici une boîte à graisse, coupée selon la longueur de l'essieu :
Fig. 82. Boîte à huile et à graisse ; vue intérieure.
La fusée de l'essieu est comprise entre deux capacités : l'une, supérieure, contient de la graisse qu'on y introduit en soulevant un couvercle extérieur; l'autre, inférieure, reçoit l'huile par une ouverture plus petite, fermée de la même manière ;
des mèches, imbibées par la capillarité, alimentent d'huile une brosse sur laquelle repose la fusée.
Quant à la graisse, elle ne sert que dans le cas, dangereux pour la conservation de l'essieu , où l'huile, devenue trop fluide par un échauffement -excessif, ne reste plus interposée entre les surfaces frottantes. Qu'arrive-t-il alors, en effet? Que le métal se grippe; et, si cet accident se produit sans qu'on s'en aperçoive, dans l'intervalle de deux stations, la fusée peut être coupée, l'essieu brisé, et la voiture sous le coup d'un grave accident.
La graisse vient alors suppléer à l'huile, et voici comment : le réservoir à graisse communique avec la fusée par des conduits, d'ordinaire fermés par des bouchons de métal fusible; la chaleur augmentet-elle ? les bouchons fondent , et la graisse vient alors enduire les surfaces en danger de gripper.
Les modèles de boîtes à graisse ou à huile sont trèsnombreux. J'ai voulu seulement, en vous décrivant un des meilleurs, vous donner une idée de ces appareils, dont sont munis tous les véhicules qui se meuvent sur les voies ferrées.
Sur les routes ordinaires, les voitures sont aussi graissées; mais il est aisé de voir, par la complication du système adopté sur les chemins de fer, que là, comme en une foule d'autres circonstances, ce n'est ni par la simplicité ni par l'économie que se recommande le matériel nouveau. Qu'y a-t-il là d'é-