‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 155 sur 227 · TROISIÈME PARTIE. —MATÉRIEL ROULANT · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. —MATÉRIEL ROULANT

l'espace occupé et du prix de revient de leur domicile.

Tous les voyageurs savent, ai-je dit plus haut, je crois, comment sont disposés les compartiments qui les reçoivent, et dont la forme varie peu avec les diverses lignes. Il faut ajouter toutefois une certaine restriction à cette manière de parler ; car les personnes qui prennent les confortables places des premières ne connaissent guère les troisièmes que par ouï -dire , et — pour parler comme un géomètre — la réciproque n'est pas moins vraie. Mais comme la curiosité est permise en chemin de fer, et, dans ce cas, d'un facile exercice, chacun peut , en se promenant le long du train pendant les arrêts, jeter un coup d'œil dans les voitures entr'ouvertes.

Ce qu'on connaît moins, ce sont les voitures de luxe, dont les salons meublés permettent aux favorisés de la fortune de s'étendre à plaisir, et de prendre un repos qu'on ne goûte guère d'habitude en voyage : des terrasses pour les fumeurs, d'autres aisances, qu'on soupçonnera bien sans les nommer davantage, ajoutent aux agréments des voitures de première classe, et n'ont d'autre défaut que d'être inaccessibles à la majorité des voyageurs.

Bon nombre de lecteurs ne seront peut-être pas fâchés, du reste, de savoir à quel degré de perfec-

tion a été poussée, de nos jours, la construction des voitures de luxe, qui circulent sur nos chemins de fer. Or, voici un spécimen qui ne peut manquer de satisfaire, à cet égard, leur curiosité.

Le train impérial, dont je mets sous leurs yeux le plan, une coupe et l'élévation longitudinale en perspective, est, comme on voit, composé de cinq splendides voitures, construites par les ordres de la compagnie du chemin de fer d'Orléans, et, par elle , offertes au chef de l'État.

Chacune d'elles a coûté, nous dit-on, cent mille francs.

Cinq cent mille francs 1 voilà une gracieuseté, comme en pouvait seule faire une de nos riches et puissantes compagnies françaises. C'est, on en conviendra, un éloquent témoignage de la prospérité de nos voies ferrées.

Si l'exemple des Américains a contribué à introduire dans nos voitures de chemins de fer des améliorations importantes; si ce qui est chez eux l'ordinaire, a fini par devenir chez nous chose de luxe, ajoutons que l'aristocratique division des places en trois classes, comme en France, en quatre classes, comme sur certains chemins d'Allemagne, est inconnue aux États-Unis. Mais hélas! — triste revers de la médaille — savez-vous pourquoi les Américains ne connaissent qu'une classe de voyageurs, c'est qu'ils relèguent les gens de couleur — on ne

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