TROISIÈME PARTIE. — MATÉRIEL ROULANT
dit pas seulement les esclaves — dans les wagons à bagages, comme un bétail humain 1 1
La façon dont on traitait jadis chez nous les voyageurs de troisième classe, parqués dans des caisses non couvertes, puis, sur les réclamations du public, simplement protégés contre la pluie ou la neige, mais exposés à toutes les autres intempéries, du temps, doit, du reste, nous inspirer quelque modestie. De grands progrès ont été faits, depuis lors, au point de vue de l'humanité. Les compagnies ont reconnu combien il était de leur intérêt de pourvoir, pour le moins, au strict bien-être des voyageurs qui se confient à leurs soins, pendant un trajet souvent fort long.
Qu'elles continuent à progresser dans cette voie. Elles en seront récompensées. L'intérêt du public est le leur propre : c'est là une maxime aussi vraie dans Tordre moral, que dans Tordre économique. Voilà pourquoi j'applaudis aux projets qu'on leur prête, de céder aux vœux de bon nombre de leurs clients, vœux dont je ne suis ici que Técho.
Par exemple, le chauffage des premières est un fait réalisé sur toutes les lignes. Pourquoi ne Tétendrait-on pas aux wagons de tout un train? On Ta bien fait en Angleterre; nos ingénieurs ne sont
1. Espérons que les événements actuels auront pour conséquence, à l'honneur de la démocratie américaine, la cessation de pareils outrages à la dignité de l'homme.
certes pas gens à se laisser prendre au dépourvu, quant aux moyens pratiques et économiques d'exécution. Le jour où le bienfait d'une température douce et modérée rendra le séjour en wagon plus supportable, moins dangereux pour la santé, nombre de gens, que la rigueur de la saison rebute et retient à la maison, prendront le chemin de la gare.
Autre amélioration. Pourquoi ne pas consacrer aux fumeurs, des compartiments spéciaux, construits ad hoc et à l'abri de l'incendie. On épargnerait ainsi aux dames, et à tous ceux que le cigare et la pipe ne charment pas encore, le séjour peu agréable dans une atmosphère de fumée. Et s'il résultait de cette mesure, une diminution dans la consommation du tabac, qui pourrait s'en plaindre? À coup sûr, ce ne serait ni l'hygiène, ni la bourse des populations.
Les wagons de troisième classe ne sont jamais garnis, dit un auteur qui traite ex professo de la matière. C'est un fait qu'il n'est pa3 permis de nier ; mais est-ce une raison pour le considérer comme nécessaire, et croirait-on l'avenir des compagnies compromis, si elles commettaient l'insigne folie d'adoucir les bancs de bois des troisièmes, au moyen d'une garniture d'étoupes et de crin?
Qu'on se rappelle donc les diligences tl'autrefois? Coupé , intérieur et rotonde , banquettes même , étaient garnis, ma foi 1 avec plus ou moins de luxe,