‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 202 sur 227 · QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION

que l'un et l'autre de ces appareils soient en relation, par l'intermédiaire d'un til métallique ou conducteur.

Quant au moteur qui transporte ainsi, avec une rapidité de plus de cent kilomètres par seconde, les signes de convention ou les lettres composant la phrase transmise, c'est l'électricité; non pas cette électricité dont les effets se manifestent à nous par les phénomènes atmosphériques, éclairs, foudre, bruit du tonnerre ; mais cette autre qui circule d'un pôle à l'autre d'une» pile, et dont Faction continue sur un morceau de fer doux suffit à donner à celuici les propriétés attractives de l'aimant.

Tout le monde a vu courir, le long des chemins de fer et des routes, les fils suspendus à des poteaux plantés de distance en distance, ordinairement tous les cinquante mètres. Des godets de porcelaine servent de supports aux fils , et les garantissent du contact avec les poteaux eux-mêmes^ c'est-à-dire avec le sol. Que ce contact ait lieu par hasard ou par accident, aussitôt la communication s'évanouit. Le courant électrique est , comme vous le voyez , un sylphe d'une nature contraire à celle d'Antée : dès qu'il vient à toucher la terre, il perd sa vertu.

La pile, source du courant, est aujourd'hui d'un us^ge assez répandu pour que je me dispense de la décrire. C'est tout auprès du manipulateur qu'elle est d'ailleurs fixée.

La figure de la page suivante vous montre l'intérieur d'un poste intermédiaire de télégraphie électrique, qui vous permet de voir en un clin d'oeil comment sont disposés les deux appareils.

Sur chacune des deux tables voisines de l'agent préposé au service du poste, vous voyez à la fois le récepteur et le manipulateur; dans les bolles situées au-dessous se trouvent les piles.

J'oubliais de vous dire que le télégraphe adopté sur toutes les lignes est le télégraphe à cadrans : notre dessin vous explique assez le motif de cette dénomination.

C'est en promenant sur le cadran du manipulateur l'aiguille fixée à son centre, et en l'arrêtant à chaque tour, sur une des lettres successives qui forment les mots de la dépêche, que l'employé transmet celle-ci.

Au contraire, c'est en tenant note des arrêts de l'aiguille du récepteur, qu'il prend connaissance du contenu de la dépêche qui lui est envoyée.

Deux sonneries , mises en mouvement par le jeu même des appareils des deux postes voisins, avertissent l'employé de la prochaine arrivée d'une dépêche. Est-il, par hasard, absent? le mécanisme de la sonnerie fait apparaître un petit écriteau portant ces mots : RÉPONDEZ, qu'il aperçoit à son retour. Au centre de chacune des tables sur lesquelles se trouvent placés les appareils, on peut voir, en ou-

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