QUATRIÈME PARTIE. —L'EXPLOITATION
billets de chaque série, à raison de 7000 billets par heure.
C'est aussi une machine qui découpe les cartons de la grandeur voulue, et cela avec une assez grande rapidité, pour fournir 500 000 billets par journée de travail.
Enfin , c'est encore une machine qui compte et range les billets, lorsqu'ils sont imprimés, et les entasse en séries toutes prêtes à être envoyées aux stations de la ligne. Cette dernière machine fait, en un jour, l'ouvrage de huit employés, et compte 250 000 billets. Mais l'avantage principal de ces substitutions de mécanismes automatiques au travail de l'homme n'est pas seulement dans l'économie de temps et de peine; c'est aussi la certitude, pour ainsi dire absolue, qu'aucune erreur ne se glisse dans ce genre de travail, si fatigant, si abrutissant pour l'intelligence 1 .
Vous avez, je suppose, fait inscrire vos bagages, conservé avec soin le billet qui constate votre propriété, vous avez aussi muselé votre chien et payé sa place au-dessous des fourgons à bagages. C'est le moment de monter en voiture.
1. Si l'on désire connaître en détail les machines ingénieuses dont nous venons de parler , et dont l'invention est due à un mé canicien de talent, M. Lecoq, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer aux numéros de juillet et d'août 1860 du Magasin pittoresque, où nous avons nous-même puisé une partie des renseignements qui précèdent.
N'avez-vous pas maugréé quelquefois, dans les salles d'attente, contre les portes qui ne s'ouvrent pas toujours au gré de l'impatience du public, avide de choisir, dans les voitures, les places qu'il préfère? Que n'avons-nous le placide tempérament de nos voisins d'outre-Manche ! Peut-être alors les compagnies nous laisseraient-elles comme eux circuler à l'avance, sur les trottoirs de la halle, ou flâner à l'abri des marquises. Cependant depuis quelque dix ans, nous paraissons bien guéris de notre vivacité française, et un peu de liberté, en chemin de fer, ne saurait être un péril pour le bon ordre des gares et la sécurité de chacun de nous. Au contraire !
Mais voici les portes qui s'ouvrent. Prenons notre journal, le livre dont la lecture va nous distraire en voyage, et choisissons notre place.
Le sifflet du mécanicien répond au signal du départ : vous entendez le bruit du démarrage, qui se transmet de wagon en wagon.... Nous voilà partis !
Désormais vous ne verrez, le long du chemin, autre chose que les divers appareils dont la description a fait l'objet de ce volume. Tout au plus me demanderez- vous ce que signifient ces poteaux que nous rencontrons de temps à autre le long de la voie.
Ce sont les poteaux indicateurs des rampes,' des pentes, et des paliers.