QUATRIÈME PARTIE. — L'EXPLOITATION. 46 l
Une planchette horizontale, suivie d'une autre planchette inclinée dans un sens ou dans l'autre, montre qu'à une partie horizontale de la voie succède soit une pente, soit une rampe.
Chaque planchette contient deux nombres superposés. Le nombre supérieur indique le degré de l'inclinaison. C'est 0,000 sur la planchette horizontale, correspondant au palier. C'est 0,015 pour la rampe, qui est alors de 15 millièmes. Les nombres
Fig. 111 . Poteau indicateur des rampes, paliers ou pentes.
inférieurs 192,25 et 117,50 nous font voir que la longueur de chaque portion de voie correspondante est soit 1 I7 m ,50, soit I92 m ,25. Comme vous le voyez, rien n'est plus simple.
Ces indications sont d'ailleurs utiles au mécanicien, qui règle en conséquence la marche de sa machine.
Quant aux poteaux portant un simple nombre,
ils indiquent, en kilomètres, la distance du point de la voie où ils sont placés, à la gare, tète de ligne. Nous ne rencontrerons plus maintenant d'autre incident du voyage, que les arrêts plus ou moins prolongés aux diverses stations, les buffets et buvettes, où le voyageur prend à la hâte un repas ou des rafraîchissements, qui n'ont qu'un inconvénient, celui de coûter un peu cher et d'être pris avec un peu trop de précipitation. Que voulez-vous? chacun réclame la vitesse en route; or, la vitesse n'est guère compatible avec les stations prolongées et les longs dîners d'autrefois.
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Les accidents dus à la circulation des voitures dans les rues de Paris. — Comparaison avec les accidents de chemin de fer sur les cinq grandes lignes de France. — Les accidents étudiés dans leurs causes ; moyens de les prévenir ou d'en diminuer le nombre. — Accidents dus au matériel ; aux employés; aux imprudences des victimes. — Conseils aux voyageurs.
— Voilà un titre, me dira-t-on, qui n'est pas de nature à rassurer ceux de vos lecteurs qui ouvriront votre livre en voyage; et c'est finir maladroitement, que de les laisser sous une impression si fâcheuse.
— J'en conviens, l'apparence m'est contraire. Mais quoi! si, par un calcul basé sur des données précises, par quelques conseils dont l'expérience a prouvé l'efficacité, je parviens à donner aux voyageurs timorés la confiance qui leur manque, et à les prémunir en même temps contre des irupru-
dences souvent fatales, le paragraphe qu'on va lire ne sera-t-il point pleinement justifié? Pardonnezmoi Jbnc, en faveur du résultat que j'espère obtenir, ce chapitre sur les accidents en chemin de fer.
Lorsque, dans une de nos grandes cités, à Paris, je suppose, l'un de nous quitte sa maison, pour une promenade ou une course à travers les rues et les boulevards sillonnés de voitures et encombrés par la foule, songe-t-il aux dangers qui peuvent l'assaillir? A-t-il jamais calculé la chance, heureusement faible encore, qui menace sa propre existence, ou du moins qui peut faire de lui l'une des victimes des accidents plus ou moins graves dont les rues, les places et les boulevards sont les témoins journaliers? C'est peu probable. De telles craintes seraient peu compatibles avec la tranquillité d'esprit qu'exigent nos affaires ou nos plaisirs.
Pendant la seule année 1860, Paris â fourni un contingent de 609 victimes, — 30 morts et 579 blessés,— et cela, par le seul fait des accidents dus aux voitures, qui sillonnent la voie publique du matin au soir et du soir au matin.
Ces chiffres vont nous dire, par une comparaison facile, si les voyages en chemins de fer offrent des chances d'accidents, aussi fortes que les courses journalières à travers les rues de Paris.
Les statistiques officielles ont enregistré, pour la