‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 24 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

l'autre, tracé b m c. Il est facile de voir sur notre dessin, et aisé de comprendre, que la courbure est d'autant plus prononcée que Tare décrit appartient à un cercle de plus petit rayon. Ainsi, dans notre exemple, le rayon B est plus du double du rayon bo : de sorte que, pour passer d'une direction à l'autre , dans le premier cas le convoi devra parcourir 2500 mètres, je suppose, tandis que, dans le second ca^, la transition s'effectuera sur un kilomètre environ, c'est-à-dire sera beaucoup plus brusque.

Laquelle des deux courbes devra- t-on choisir î Tel est le problème, dont la solution varie beaucoup suivant les cas.

Une route ordinaire peut tourner court; elle admet des courbes de 25 mètres de rayon. Mais il est loin d'en être ainsi pour les chemins de fer. A moins de circonstances exceptionnelles, les courbes adoptées ont des rayons dont la longueur ne descend guère au-dessous d'un demi-kilomètre , et monte assez souvent à 800 et à 1000 mètres. En Angleterre et en France, le minimum du rayon de courbure est 500 mètres; il descend assez souvent au-dessous dans les chemins de fer d'Allemagne , mais il faut ajouter que la vitesse de marche des convois y est moindre aussi, que sur les chemins anglais et français.

Dans le voisinage des villes, et par conséquent

des gares, on 'admet, il est vrai, des courbes tracées avec un rayon de S à 300 mètres; mais c'est là un minimum, au-dessous duquel il semble imprudent de descendre; et si, sur le chemin de Metz à Forbach , on est arrivé à donner à la courbure un rayon de 1 50 mètres , il faut bien dire que c'est aux dépens d'une réelle sécurité.

— Mais d'où viennent, me demandez-vous, ces nouvelles exigences?

— Le voici :

Tout mobile, en vertu d'une loi naturelle irrésistible, tend à poursuivre en ligne droite le chemin déjà parcouru. L'obligez-vous, par une action nouvelle, échanger sa direction première et à suivre une ligne courbe, il réagit aussitôt contre cette contrainte et développe incessamment une force, qui, en l'éloignant du centre de la courbe, à chaque instant lui en ferait décrire la tangente , si la cause qui le maintient venait à être supprimée. Vous connaissez sans doute le nom de cette force ; les physiciens l'appellent la force centrifuge.

C'est la force centrifuge qui presse contre un cercle tournoyant, la pierre placée sur son bord intérieur, et l'empêche d'obéir à la pesanteur; c'est la • force centrifuge qui chasse en ligne droite la pierre, d'abord retenue parla corde d'une fronde; c'est elle qui fait pencher, et quelquefois verser du côté extérieur à la courbe, la voiture qui se meut avec ra-

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