‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 29 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

un mot les terrassements, se présentent naturellement au début des travaux. Viendront ensuite les ouvrages d'art, ceux où l'architecture joue le rôle principal, et qui font partie essentielle de la voie, du champ de traction, (les deux ordres de travaux achevés — le plus souvent on les mène de front — nous ferons voir comment on procède à l'installation du matériel fixe, traverses, rails, aiguilles, plaques, etc. Soit dit en passant, pour calmer l'impatience du lecteur qui, rêvant déjà vapeur, locomotives, trains express, trouve un peu lente peut-être la construction d'un chemin de fer. En examinant bien, il verra que la marche de notre étude est celle même de l'exécution.

Pour donner une idée de l'importance des travaux de terrassement, je poserai tout d'abord des chiffres : si l'on consulte le budget des dépenses totales des principaux chemins de fer de France, matériel compris, on trouve que les terrassements absorbent à eux seuls le quart de ce budget, ou, si Ton veut, une somme trois fois supérieure à celle qui est consacrée aux ouvrages d'art.

Ainsi, le prix moyen, par kilomètre, des chemins de fer français ressort à 360 000 fr. environ 1 . Or,

1. Nous n'avons rien dit du prix des terrains. Il est vrai que ce prix varie considérablement suivant les lieux; le prix moyen kilométrique varie lui-même beaucoup selon les lignes; tandis qu'il est de 18300 fr. sur le chemin d'Andrezieux à Roanne, il monte

à 45000 fr. sur celui de Tours à Nantes.

sur ce chiffre, les travaux de terrassement figurent pour 82500 fr., les travaux d'art, seulement pour 27 000. Que ces proportions varient avec les différentes lignes , on le conçoit : le sol est plus ou moins accidenté , la main-d'œuvre plus ou moins chère, la nature géologique des terrains plus ou moins favorable à l'exécution des travaux.

Par exemple, tandis que, sur la ligne de Lyon à Avignon, le cube des terrassements ne s'élève qu'à 29000 mètres par kilomètre, le chemin de Mulhouse, dont le cube total des terrassements s'élève au nombre énorme de 14000 000 de mètres, donne 38 000 mètres en moyenne par kilomètre, et celui de Londres à Brigton 75000 mètres cubes.

Voilà pour la quantité. La qualité varie plus encore ; ici, les terrains sont fermes, consistants, et se tassent avec facilité : les terrassements s'y exécuteront dans les meilleures conditions possibles. Là, au contraire, le sol est marécageux, mouvant, sillonné d'infiltrations : il occasionnera de grandes dépenses pour la consolidation et l'assèchement des talus, soit dans les tranchées, soit dans les remblais. Il arrive aussi, qu'il faut se frayer un passage dans les pays montagneux, trancher dans le roc vif, condition souvent moins onéreuse toutefois, que le passage dans les marais ou dans les tourbes.

Vous voyez donc qu'il n'a pas suffi à l'ingénieur, pour établir son devis, de consulter les profils en

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