‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 30 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

long ou en travers : ces documents, tout géométriques, lui ont pu dire quelle serait la profondeur de cette tranchée , l'élévation de ce remblai. Mais quelle inclinaison faut-il donner aux talus, par suite quelle largeur de terrain le chemin de fer absorbera-t-il en tel ou tel point; quel sera dès lors le cube des terrassements? c'est ce que l'étude géologique du sol a seule pu lui permettre de calculer avec précision. Des sondages, souvent trèsrapprochés, sont nécessités par cette étude et fournissent des éléments qu'il faudra combiner avec une foule d'autres : action des pluies, des gelées et du dégel, des températures extrêmes dans les saisons froides et chaudes, des sources et suintements d'eau, et nombre de circonstances infiniment variables, dont l'omission pourrait être plus tard la source de rudes mécomptes.

Les plus savantes prévisions du reste, il faut en convenir, ne sont pas exemptes d'écueils, et l'imprévu joue quelquefois son rôle dans la confection de ces grands travaux. Raison de plus, pour l'ingénieur, de faire un constant appel à la science, et d'éviter ainsi les réparations et les retouches, le plus souvent fort dispendieuses, surtout quand le chemin de fer est construit. Telle réparation a coûté deux fois la valeur du travail primitif, exécuté dans les mêmes conditions normales.

Les travaux de terrassement, on le sait, sont de

deux sortes. Tantôt le sol dépasse le niveau fixé pour le chemin : ce sont alors des tranchées qu'il faut ouvrir; en style du métier, on doit exécuter un déblai. Tantôt le sol est au-dessous du niveau de la voie : ce sont des jetées qu'il faut édifier dans ce cas, ou, si Ton veut, des remblais. Tout cela n'est pas nouveau, et, bien avant de construire des chenjins de fer, on faisait des déblais et des remblais, pour les routes, les fortifications, les canajix. Mais en quelle faible proportion? C'est ce qu'il est permis de constater, aujourd'hui que les terrassements ont pris, dans les chemins de fer, un si énorme développement. Aussi a-t-on dû inventer de nouveaux procédés, créer pour ainsi dire un art nouveau, avec ses règles, ses engins ; art dont le progrès, comme presque tous ceux de cette grande industrie des chemins de fer, ont réagi sur toutes les autres industries, privées ou publiques.

Bien que les travaux de terrassement comprennent deux opérations distinctes, et comme opposées, à savoir le creusement des tranchées et l'édification des remblais, en réalité, ce sont le plus souvent deux opérations qui se compensent et s'exécutent simultanément : les terres provenant de la tranchée sont transportées sur l'axe du remblai et servent à le former. On dit, dans ce cas, qu'on opère par voie de compensation. .

Mais la distance de la tranchée au lieu du remblai

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