PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE
quenté d'entre eux, d'après l'indication dû conducteur de la division.
— Les gardes- voie , m'as -tu dit, interrompis-je , n'exécutent que les moins importantes des réparations : par qui se font les autres?
— C'est l'affaire des cantonniers poseurs, répartis par brigades le long du chemin. Quatre ouvriers poseurs et un chef, voilà la brigade. Ils redressent la voie, remplacent les rails brisés ou hors de service, nivellent la chaussée, complètent le ballast. Leur nombre, ai-je besoin de le dire, varie aussi avec les lignes, avec les tronçons d'une même ligne : le plus ou moins d'ancienneté de la voie , retendue des remblais , et aussi le nombre et la charge des convois mis en circulation déterminent, sur un chemin de fer, le nombre plus ou moins grand de ces brigades.
— Mais n'y a-t-il pas, dis-je, certaines époques plus spécialement consacrées aux travaux de réparations générales?
— Sans doute. Comme la température exerce une influence continue très-marquée sur le matériel des voies, on a dû choisir les époques qui précèdent les périodes extrêmes de chaleur et de sécher resse, de grands froids ou d'humidité. Le sable, dans les temps secs, perd sa consistance ; il devient mobile comme un fluide et le moindre ébranlement le fait fuir sous les traverses. Pendant les fortes
gelées, les terres sont assez dures pour rendre le travail fort difficile : comme cette dureté tient à une circonstance exceptionnelle, elle disparaît avec elle, et les parties réparées du terrain s'effondrent avec le dégel.
Que ces détails aient une grande importance, tu le comprendras aisément. Les plus petites négligences finissent par entraîner des réparations coûteuses, tant sur la voie même que dans les machines et les voitures, dont les moindres chocs peuvent détériorer les organes. Bien plus, des déraillements, des accidents presque toujours funestes peuvent en résulter pour les trains. On ne saurait donc trop veiller à la stricte exécution de ces mesures de prudence.
Un rail est-il cassé? le cantonnier se hâte de faire glisser la traverse la plus voisine de la cassure, de façon que celle-ci corresponde au milieu du coussinet. Donnant alors le signal du ralentissement, il s'occupe du remplacement du rail brisé. Un fait assez curieux, c'est que le nombre des rails cassés est toujours plus grand sur les pentes et sur les rampes que sur les parties horizontales de la voie; le nombre des ruptures n'est pas moitié moindre dans ce dernier cas. Nouvelle raison pour éviter les pentes.
Veux-tu monter un échelon ? c'est maintenant le tour des conducteurs, qui ont sous leurs ordres un