‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 93 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

ou deux surveillants, plus particulièrement chargés de veiller à l'observation rigoureuse des règlements par les cantonniers et par les gardes- voie. Le conducteur visite cinq ou six fois par mois ses gardes et ses cantonniers; il signe leurs carnets, s'assure de l'état de la voie, des barrières, des ouvrages d'art, vérifie les travaux et fait exécuter ceux dont l'urgence importe à la circulation. Chaque jour, chaque semaine, chaque mois enfin, il adresse à l'ingénieur des rapports spéciaux, des plus minutieux, sur tous les points confiés à son inspection.

Enfin, comme je te l'ai dit tout à l'heure, au-dessus de toute cette hiérarchie, domine l'ingénieur : c'est lui qui donne l'unité à tout cet ensemble de travaux divers, et qui, dans les cas extraordinaires, décide des mesures à prendre. Régler la transmission des signaux , constater l'état des approvisionnements de matériaux indispensables à l'entretien, veiller à ce que ces approvisionnements soient toujours maintenus au complet, vérifier et arrêter le payement des dépenses relatives à son service, tout cela entre pareillement dans ses attributions.

— Très-bien, dis-je; je commence à saisir la manière dont fonctionne cet important service de la surveillance et de l'entretien. Mais revenons, si tu le veux bien, aux travaux eux-mêmes. Nous n'avons parlé jusqu'ici que de réparations isolées, de points défectueux particuliers, provenant, par exemple,

d'accidents imprévus. Or, indépendamment de ces causes de dégradations, il y en a d'autres qui font insensiblement subir leur influence , sur toute la ligne à la fois, à l'ensemble complet du matériel : telle est l'action des éléments et du temps, comme celle du mouvement incessant des trains. Le frottement des roues sur les rails altère les surfaces de roulement ; les trépidations qui en résultent modifient la composition moléculaire du métal , changent sa texture fibreuse, et de flexible qu'elle était, la rendent grenue et cassante. Peu à peu les coussinets, les chevillettes, les traverses se détachent, se brisent, se pourrissent.

N'est-ce pas là, ce que prévoit la plus simple théorie, ce qu'achève de démontrer l'expérience de chaque jour?

— Sans doute, reprit mon frère. Aussi, au bout d'un temps donné, variable sans doute avec les diverses lignes et avec les systèmes qu'elles ont adoptés, faut-il renouveler le matériel de la voie. C'est ce qu'ont dû faire déjà plusieurs de nos grandes lignes.

La compagnie du chemin de fer du Nord, notamment, a procédé à plusieurs reprises à la substitution de nouvelles voies aux anciennes ; elle a même profité de ceja, pour faire de sérieux essais des nouveaux systèmes et pour modifier ses modèles de rails.

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