TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE
perpendiculaires, et, dans les courbes, normales à l'axe de la voie;
« Qu'elles sont convenablement espacées :
« Que la largeur de la voie est partout la même;
« Que l'inclinaison des rails est constante;
« Que l'espace laissé entre les extrémités de deux rails consécutifs n'est ni trop grand ni trop petit;
« Que dans les lignes droites, les surfaces de roulement des rails, des deux côtés de l'axe de la voie, sont bien exactement de même niveau.
« Que dans les courbes, les rails de la courbe extérieure sont plus élevés de la hauteur qu'exigent le rayon de la courbe et la vitesse des convois;
« Que les coins serrent bien le rail, et ne pénètrent pas trop avant dans le coussinet , en sorte qu'on puisse les enfoncer davantage,* lorsqu'ils viendront à se dessécher;
« Que les chevillettes ne se sont pas détachées lorsqu'on a damé les traverses ;
« Que l'ensablement est suffisant. »
Est-ce tout? A peu près ; n'oublions pas, toutefois, que les mêmes minutieuses vérifications ont dû se faire pour chaque ouvrage d'art, qu'il a dû en être aussi de même pour les changements, croisements et traversées de voie, pour les plaques, pour les signaux; tant il importe que tout soit en ordre dans la grande machine, avant de la
livrer au mouvement. Il y va de la sécurité, de la vie des voyageurs et des employés : sans compter que tout cela intéresse fort la bourse de la Compagnie.
Rien n'empêche plus maintenant de fixer le jour de l'inauguration de la ligne.
Dispensez-moi seulement de la description de ces fêtes, qui ressemblent plus ou moins à toutes les fêtes, et que d'ailleurs vous connaissez sans doute, soit pour y avoir assisté, soit pour en avoir lu dans les journaux la pompeuse narration.
J'aime mieux vous faire le récit d'une visite et d'une conversation qui se rapportent Tune et l'autre à l'un des plus importants chapitres de cette description des chemins de fer.
Nous venions d'assister, mon frère et moi, à l'inauguration du tronçon de Dijon à Dôle. C'est une petite ligne sans doute, si l'on en mesure l'importance aux dimensions kilométriques ; mais on en apprécie mieux la valeur commerciale, industrielle et stratégique, quand on songe qu'elle relie à la grande voie de Paris à Marseille, la Franche-Comté et la Suisse.
Il nous semblait d'un bon augure pour la fusion, imparfaite encore à cette époque, des provinces de l'Est, de voir marier de la sorte les vignobles de la Côte-d'Or aux coteaux du Jura, et rapprocher tout ensemble les tonneliers bourguignons des vignerons