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TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE U VOIE

substitution — tel est le nom technique donné aux brigades d'ouvriers chargées de cette opération. — « Ce n'est pas en quelques jours, ajouta-t-il, qu'elle se termine : la ligne de Paris en Belgique, par Lille et Valenciennes, n'a pas mis moins de trois ans à faire remplacer 650 000 mètres courant de voies anciennes. »

Mais comme je fus bientôt témoin moi-môme d'une opération de ce genre, dont la précision m'émerveilla, je terminerai ce chapitre par le court récit de ma visite aux ateliers de substitution d'une de nos lignes françaises.

J'étais à C... Mettant à profit huit jours de loisir et la rencontre fortuite d'un ami de collège, que j'avais perdu de vue depuis son entrée à l'École centrale, je l'accompagnai un matin, dans une tournée de surveillance que son service l'appelait à faire sur la voie. Nous prknes ensemble un train qui nous déposa à 20 kilomètres de la station, et nous suivîmes ensuite la chaussée. Nous arrivâmes bientôt aux ateliers de substitution.

Tout le long de la voie, les nouvelles traverses, sabotées à l'avance, et munies de leurs coussinets, étaient placées sur le ballast, vis-à-vis les points où elles devaient ôtre employées. Une partie de la voie était déjà dégarnie de son sable, et les anciennes traverses dégagées.

Aussitôt reparti le train par lequel nous venions d'arriver, le chef d'atelier, chargé du démontage,

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donna Tordre de procéder à l'enlèvement des rails et des traverses. Cette opération terminée, ce fut le tour des ouvriers poseurs, qui placèrent les nouvelles traverses aux positions marquées d'avance sur le ballast par le chef de leurs brigades. D'autres alignèrent ensuite, à l'aide de grosses pinces, les traverses de joint, et les rails furent posés dans leurs coussinets. Marquer alors avec de la craie l'exacte position des coussinets intermédiaires entre ceux de joint, distribuer les coins auprès des traverses, soulever ou déplacer ces dernières, de façon à faire porter le rail sur la semelle à point marqué, poser les coins, les introduire et les frapper, toujours dans le sens de la marche des trains, enfin garnir le dessous des traverses du ballast nécessaire et serrer à fond les éclisses, furent autant d'opérations qui se succédèrent et s'accomplirent avec une remarquable rapidité.

Pendant ce temps, mon ami me montra du doigt un homme posté à 800 mètres environ en arrière de l'atelier. Cet employé maintenait un signal d'arrêt jusqu'à ce que la continuité de la voie fut rétablie.

J'appris, en outre, qu'à la môme distance, et toujours en arrière, un signal de ralentissement serait maintenu nuit et jour, jusqu'à ce que la partie remaniée de la voie fût mise en parfait état d'entretien.

Tant de précision et d'habileté m'étonna. En

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