LA GARE DES VOYAGEURS
L'ancienne cour des Messageries générales. — Prodigieux accrois, sèment de la circulation dû aux voies ferrées. — Les gares de voyageurs, gares têtes de ligne. — Visite à la gare de Paris i ligne de Lyon à la Méditerranée ^description des divers services du départ et de l'arrivée. — Deux types de gares tûtes de ligne. — Grues hydrauliques et réservoirs. — Heurtoirs; indiscrétion d'une locomotive à la gare du Pecq.
On voit encore à Paris, dans la rue Saint-Honoré, à peu près en face de l'Oratoire, une porte cochère de la hauteur d'un premier étage, qui conduit par un passage oblique au milieu d'une vaste cour.
De hautes maisons entourent de tous côtés cet espace, aujourd'hui à peu près désert 1 , qui du
1 . Ces lignes, écrites il y a plus de vingt ans, ne sont plus exactes. L'ancienne cour a repris une partie de son animation première;
moins n'est plus guère traversé que par quelques piétons affairés et désireux d'abréger leur roule. Or, il y a quarante ans environ, la cour dont il s'agit était au contraire singulièrement animée : diligences en train de se remplir de voyageurs prête à partir, se gonflant à leurs sommets de paquets et de malles de toute forme ; diligences en train de se débarrasser des uns et des autres; diligences au repos, enfin; puis voitures de toutes sortes, allant et venant, au milieu d'un peuple de commissionnaires, de postillons, de conducteurs : voilà quel aspect offrait alors, jour et nuit, la cour des Messageries générales de France.
Telle était la gare des voyageurs à Paris, à une époque où le public considérait les chemins de fer tout au plus comme un objet de curiosité. Deux ou trois établissements de ce genre centralisaient, à Paris, tout ce que l'industrie des transports avait su organiser à cette époque pour le service des grandes routes du royaume. Des entreprises de roulage, dont quelques-unes durent encore, se chargeaient de voiturer les marchandises dont le poids, la faible valeur relative ou les dimensions rendaient le transport par les diligences impossible. Si l'on se reporte par la pensée à cette époque qui, à défaut de gloire, ne laisse pas
mais ce sont les chemins de fer qui la lui ont rendue, en y établissant leurs magasins pour l'expédition des marchandises, en grande et petite vitesse.