QUATRIÈME PARTIE. — LES «ARES
d'avoir eu sa part de prospérité matérielle, on ne peut s'empêcher d'être frappé du développement considérable que les chemins de fer ont imprimé depuis au mouvement de la circulation générale.
Six gares immenses desservent aujourd'hui dans Paris — je ne parle pas des têtes de lignes secondaires — le réseau des voies ferrées françaises qui convergent en ce point 1 . Il suffit de parcourir une fois ces vastes établissements, d'être ainsi témoin du mouvement quotidien des voyageurs et des marchandises, et de les comparer à celui des anciennes routes de terre — d'ailleurs non abandonnées, tant s'en faut — pour mesurer la puissance de ce prodigieux accroissement. La partie des gares traversée par le voyageur est si restreinte, que j'espère lui faire agréer une visite en commun dans l'une d'elles, dans la gare de la grande ligne de Lyon à la Méditerranée, par exemple. Ce sera, comme toujours, le côté pittoresque, instructif, quelquefois statistique, qui nous occupera le plus. Nous continuerons à laisser à l'économiste le soin de juger en quelle mesure la société a gagné jusqu'ici à transformer si radicalement l'industrie voiturière.
Commençons, si vous voulez bien, par la gare
1. On assure que le nombre des gares et stations des lignes de fer qui traversent l'enceinte de Londres ou y aboutissent, n'est pas moindre de trois cents.
des voyageurs située, comme on sait, à l'extrémité de la rue de Lyon.
Montons ensemble la rampe à courbure oblique qui nous conduit, par la gauche, à la cour du départ. C'est dans cette cour que les voitures viennent déposer les voyageurs, à la porte du long vestibule où Ton distribue les billets. Avant d'y entrer, voyez ce passage, voisin de la rampe : c'est celui qui donne accès aux voitures ou chaises de poste, que leurs maîtres emmènent à leur suite. Des trucs, construits ad hoc, et dont le remisage est situé entre la halle des voyageurs et ce petit em barcadère, servent à les transporter dans les convois. Du côté du vestibule opposé à l'entrée, vous voyez le bureau des articles de messageries, qui correspond aussi directement avec les voies de service.
Entrons maintenant dans le vestibule. C'est là que se trouvent à la fois le bureau de distribution des billets, le passage qui conduit aux salles d'attente, le magasin de dépôt des bagages, et, un peu dans le fond, les longues tables où viennent se heurter et se jucher les unes sur les autres les malles de toutes formes et de toutes dimensions, les colis lourds et légers, élégants et informes, que la foule bigarrée des voyageurs emporte dans sa route.
Le vestibule est l'endroit le plus animé, le plus bruyant, le plus affairé d'une gare : c'est celui