QUATRIÈME PARTIE. — LES CAUES
du tcnder, à la tôte même du convoi. Mais il faut ajouter, à la décharge dus Compagnies qui ont accepté ce type, que fort souvent la forme du terrain acheté pour servir d'emplacement à la gare ne leur a point permis de mieux faire.
Poursuivons notre clieinin : en nous rendant à la gare des marchandises, nous rencontrons sur notre roule divers engins dont il a déjà été question entre nous. Voici d'abord de nombreuses plaques tournantes qui permettent, soit aux locomotives,
SOit aUX voilures, Bg. M. Grue hydraulique.
de passer des voies
principales aux voies de service ou réciproquement. Mais les plaques vous sont bien connues.
Examinez maintenant cel appareil (lig. 84).
C'est une grue hydraulique à réservoir, servant à emplir les tenders. La partie supérieure cylindrique est pleine d'eau, qui communique avec les deux tubulures par une soupape. En tirant cette chaîne, que vous voyez adaptée latéralement à chacun des tuyaux de conduite, la soupape se lève, donne passage à l'eau, que l'on conduit dans le tender, au moyen du boyau en cuir dont chaque tubulure est munie.
A quoi sert cette petite ouverture de la partie inférieure? Ce n'est autre chose que la porte d'un calorifère dont le tuyau traverse le réservoir; l'eau se trouve ainsi chauffée d'avance et économiquement, puisqu'on a soin de ne brûler que des combustibles de rebut.
Quatre ou cinq mètres cubes, telle est la capacité de cette grue : c'est celle d'un tender ordinaire.
Vous verrez aussi, dans les gares de différentes lignes, des colonnes en fonte munies de boyaux, mais sans réservoir. L'eau arrive à ces appareils par des conduites souterraines; mais ils offrent deux genres d'inconvénients assez graves : l'eau gèle en hiver dans les conduites, et la longueur du parcours rend un peu longue l'opération du remplissage.
Enfin vous apercevez là-bas un petit bâtiment de forme rectangulaire, quelquefois circulaire ou polygonal, avec un petit appendice, où une
QUATIIIB
machine fixe est installée. La partie supérieure est un réservoir d'eau, de grande dimension, contenant une soixantaine de mètres cubes, souvent davantage. Vous devinez sans peine qu'elle est la fonction de la machine à vapeur jointe au réser-
Fif. 85. [luservoi
voir : elle l'ait mouvoir les pompes aspirantes qui conduisent le liquide de lu prise d'euu dans lu capacilé supérieure.
Outre ces appareils, les grandes gares, celle de la Chapelle, au chemin du Nord, par exemple, ont
des réservoirs plus considérables, dont la capacité atteint 250 à 300 mètres cubes, et dont l'eau, en raison môme des dimensions, craint bien moins la gelée. Ce sont de grands cylindres, en plaques de tôle boulonnée, recouverts de feuilles de zinc.
Voyez maintenant ces portions de voies brusquement terminées : ce sont des voies de garage. Les unes viennent butter contre des massifs de terre, afin que les wagons, qui possèdent encore une certaine vitesse, soient arrêtés dans leurs course; les autres finissent par des rails recourbés dans le sens vertical. Le but de cette disposition est le même que celui des heurtoirs de terre.
Les gares qui affectent la disposition dont je vous ai entretenu tout à l'heure, je veux dire, dont les bâtiments sont en tôte des voies, offrent aussi, à l'extrémité des rails, des heurtoirs munis de tampons, de façon à amortir un reste de vitesse, au cas où le train arrivant en posséderait encore. Ces heurtoirs sont également utiles pour les manœuvres de locomotives isolées. A une époque qui n'est pas fort éloignée de nous, les heurtoirs semblaient indispensables, témoin ce fait raconté par les savants auteurs du Portefeuille de F ingénieur des chemins de fer :
« Au chemin de fer de Saint-Germain, disenlils, avant qu'on eût établi des heurloirs dans la gare du Pecq , une machine est arrivée avec une telle vitesse, qu'elle a renversé un pan de la mai-