‹ Les chemins de ferChapitre 36 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — LA VOIE

celle de Bloomer, en Californie, qui a 21 mètres de hauteur sur une longueur de 250 mètres (fig. 21), et celle du Tring, sur le chemin de Birmingham à Londres, dont le volume dépasse 1 100 000 mètres. La masse de terre enlevée dans ce dernier déblai, et ramassée sous la forme d'un cube, dépasserait de 24 mètres en hauteur le sommet du Panthéon, et pèserait en moyenne 1 000 000 de kilogrammes. Qu'on évalue, d'après cela, la quantité de travail nécessité par le transport de cette masse, déposée en cavaliers sur les bords d'une tranchée qui est longue de 4 kilomètres et qui atteint jusqu'à 17 mètres de profondeur !

Voulez-vous avoir une idée approximative du prix de revient de ces grands travaux : sachez qu'un mètre cube de terre, la charge d'un wagon, coûte, pour être transporté à la distance d'un kilomètre, 95 centimes, s'il est traîné par des chevaux, 92 centimes, si la locomotive est le moteur. Je ne parle ici que du prix de transport. La fouille des terrains est souvent bien plus dispendieuse, surtout dans les tranchées profondes, où la nature du sol n'est pas connue d'avance ; des sondages, des puits creusés dans l'axe du tracé, sont alors nécessaires et augmentent considérablement le chiffre du prix de revient. Et si l'on rencontre des couches de terrains ébouleux et aquifères, des tourbes,- des marais, la dépense s'accroît encore.

Malheureusement, pourquoi faut-il que de tels travaux n'absorbent pas seulement que de l'argent? Ils dévorent quelquefois, trop souvent, hélas! des vies d'hommes, et le confort d'un voyage rapide et agréable s'obtient aux dépens du désespoir et de la misère de plus d'une famille. Du reste, disonsle à l'honneur de l'industrie, en cas d'accident, les chefs, les ingénieurs, les entrepreneurs, sont des premiers au danger, des premiers à prodiguer leurs efforts, à exposer leur vie pour sauver les victimes.

Jl est encore une considération qui influe beaucoup sur les dépenses des travaux de terrassement, c'est la rapidité plus ou moins grande avec laquelle ces travaux s'exécutent. Des vues toutes spéculatives, indépendantes de la volonté de l'ingénieur et d'ailleurs fort légitimes, peuvent décider une compagnie à pousser avec la plus grande célérité l'achèvement d'une ligne. Il en résulte soit l'emploi de moyens spéciaux et fort coûteux, soit, par l'influence des demandes, un renchérissement dans la main-d'œuvre. Mais après tout, si Ton tient compte de l'intérêt du capital engagé dans la construction et des bénéfices provenant d'une exploitation plus prompte, on reconnaît qu'il y a économie à procéder de cette façon pour l'établissement de certaines lignes de fer.

En moyenne, on enlève, des deux extrémités d'une tranchée, de 800 à 1000 mètres cubes par

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