‹ Les chemins de ferChapitre 35 sur 139 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

par la recherche de perfectionnements, en apparence minimes, mais en somme fort importants. C'est ainsi que les wagons de terrassements sont construits de façon à verser à volonté leur charge, sur le côté ou sur le devant, à l'extrémité du remblai : l'opération du versement était facilitée autrefois par une sorte de pont en charpente, mobile sur des rails établis au bas du remblai ; en style du métier, ces appareils se nomment baleines. Mais l'emploi des baleines disparaît de plus en plus.

Voilà bien des détails sur un genre de travaux qui n'est pas particulier aux chemins de fer, qu'on exécutait et qu'on exécute encore pour cent autres objets, et qui est plus ou moins connu de tout le monde. Mais c'est à ces vastes entreprises que l'art des terrassements doit ses progrès : la nécessité d'exécuter rapidement d'énormes tranchées, ou d'édifier des remblais immenses, a rendu nécessaire l'emploi de méthodes nouvelles et d'engins nouveaux ,ou perfectionnés. C'est à ce titre que j'insiste sur cette partie importante de l'établissement d'un railway.

Et cependant, je n'ai rien dit encore des doubles ou triples voies, qui s'entre-croisent de telle sorte, sur les chantiers de déblais, que les wagons vides ou pleins ne puissent se gêner dans leur marche en sens inverse : je n'ai pas décrit la forme des wagons employés, celle des brouettes, des tombe-

reaux et des wagonnets; j'ai passé sous silence l'organisation des chantiers, les conditions qui rendent préférable, tantôt l'emploi de la brouette, tantôt celui des tombereaux-voitures par des chevaux, tantôt enfin celui des wagons remorqués par la vapeur. Dans ce dernier cas, la locomotive ne devient économique que s'il s'agit de cubes considérables, de 20 000 mètres au minimum.

Mais en ai-je dit assez pour me faire comprendre, ou mieux, pour faire comprendre l'opération : cela suffit.

Je citerai parmi les déblais les plus importants : sur les chemins de fer de /France, les deux tranchées qui comprennent le grand remblai de la vallée de Malaunay, ligne de Rouen au Havre; chacune de ces tranchées cube 250 000 mètres, tandis que le remblai offre un volume d'environ 600 000; ce qui a permis d'opérer par voie de compensation ;

La tranchée de Poincy, ligne de Strasbourg, qui a près de deux kilomètres de longueur, \ 6 mètres dans sa plus grande hauteur, et qui a fourni 500 000 mètres cubes de déblais;

Celle de Pont-sur- Yonne, dont la hauteur maximum est de 20 mètres, et qui cube 500 000 mètres environ.

Sur les chemins de fer étrangers, on remarque la tranchée de Gadelbach, entre Ulm et Augsbourg, qui a donné 1 000 000 de mètres cubes;

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