PREMIÈRE PARTIE. — LÀ VOIE
blai construit sur le flanc d'un coteau, d'une pente un peu prononcée. C'est à la solution de tous ces problèmes qu'il fait bon voir nos ingénieurs lutter d'invention et d'habileté, variant les moyens selon les circonstances, et joignant les leçons de l'expérience aux considérations de la théorie!
Il resterait donc beaucoup à dire, beaucoup à voir, en ce qui concerne les travaux de terrassement, les remblais et les tranchées ; mais c'est l'affaire des ouvrages spéciaux, non celle d'un simple récit des travaux que nécessite la construction d'une voie ferrée. Ajoutons seulement que l'inclinaison des talus , dans les remblais comme dans les tranchées, varie suivant une foule de circonstances qui tiennent à la nature du sol, des matériaux, et au prix d'achat des terrains ; que, dans le cas où la voie traverse des terres d'un grand prix, dans les villes ou à leurs abords, on diminue l'inclinaison des talus, par suite la surface qu'occupe le chemin, en les recouvrant soit de murs en maçonnerie, soit de pierrées en pierres sèches : c'est là un moyen qui sert aussi à préserver les couches extérieures des vicissitudes atmosphériques, quand il y a danger d'éboulement . Le chemin de fer de Yincennes traverse à Paris le faubourg Saint-Antoine, sur un véritable viaduc dont les arcades sont construites mi-partie en pierre de taille, mi-partie en briques.
Mais rétablissement de la voie est alors une question d'art, non plus de terrassement.
Les Américains, qui font jouer aux machines, dans l'exécution de leurs travaux publics ou autres, un si grand rôle, n'ont pas manqué d'en imaginer de particulières pour les terrassements de chemins de fer. Voici, d'après Y Engineering, cité par la Naiure, la description sommaire d'une machine à creuser des tranchées ou plutôt des fossés de chaque côté de la voie. « C'est un gigantesque soc de charrue qui est actionné par une locomotive. Ce soc, considérable par ses proportions, ne pèse pas moins d'une tonne; le châssis, monté sur des roues qui le supportent, a 4 mètres de longueur. La charrue, mise en mouvement, soulève la terre jusqu'à la hauteur de son arête tranchante supérieure, et la rejette de côté. Les mottes se trouvent naturellement brisées quand la machine avance. Une sorte de racloir, formé d'une plaque d'acier, est adjoint à la machine. Pour faire fonctionner le système, on place d'abord le vaste couperet à une distance de 3 mètres du rail le plus rapproché, et on lui fait pratiquer une tranchée de 30 centimètres de profondeur et dé 80 centimètres de largeur. » Le racloir est alors mis en place, et dans un sol ordinaire le travail s'exécute très facilement.
Avec cette machine, due à un ingénieur de la section de Saint-Louis-Arkansas, M. Buchanan, des