DEUXIÈME PARTIE. — LES OUVRAGES D'ART
niveau de l'ouverture inférieure de cette sorte de chambre métallique. Supposez qu'on descende cet appareil jusqu'au fond du fleuve, de manière qu'il repose sur le lit de gravier : l'eau pénétrera toute sa capacité, et, en vertu d'une loi bien connue d'hydrostatique — celle des vases communiquants — elle s'élèvera dans les cheminées, précisément au niveau de l'eau du fleuve. Mais si maintenant, à l'aide de machines soufflantes mues à la vapeur, on fait pénétrer de l'air dans les deux cheminées latérales convenablement disposées à cet effet, qu'arrivera-t-il? Que la pression de plus en plus considérable du fluide, supérieure à la pression extérieure de l'atmosphère, refoulera peu à peu l'eau qui remplit le caisson, le forcera à s'échapper par les fissures de ses bords inférieurs, et enfin mettra à nu, pour ne pas dire à sec, le lit de gravier sur lequel il repose. Seul le cylindre du milieu, qui pénètre jusque dans le gravier, continuera à être rempli d'eau.
C'est alors que les ouvriers descendent dans la chambre d'air comprimé. Mais, pour que la transition de l'atmosphère libre à cette atmosphère artificielle ne donne lieu à aucun accident, on a imaginé un système de chambres intermédiaires munies de soupapes, véritables écluses à gaz, qui surmontent les cheminées latérales et donnent ainsi passage aux ouvriers. L'opération est maintenant aisée à comprendre. Sous la protection d'une i. il
pression de deux ou trois atmosphères, pressio qui les garantit contre l'envahissement des eaux
Fig. ii, Fondation par l'air comprimé des
du fleuve, nos hommes fouillent le gravier, qu'ils rejettent vers la partie centrale. Une drague, dont