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LES GRANDS VIADUCS

Ponts a treillis. — Pont de Kelil. — Procédé de fondations par l'air comprimé. — Viaducs en maçonnerie : le viaduc de Nogent-sur-Marne. — Les ouvrages d'art dans le paysage.

Passons maintenant aux ponts à treillis, fort à la mode en Allemagne. Examinez ce spécimen (fig ; 41).

C'est le grand pont qui relie 1 , vis-à-vis de Kehl et de Strasbourg, le réseau des chemins de fer de l'Est français aux chemins badois. On comprend aisément, à la vue du dessin qui précède, le genre du tablier métallique qui constitue les ponts à treillis. Mais, comme je viens de le dire, la fondation des piles a nécessité remploi d'une méthode assez originale pour justifier les détails qui vont suivre.

Disons d'abord que la vitesse du courant des eaux du fleuve, la composition de son lit, entière-

1. Qui reliait, devrions-nous dire. Mais si une guerre fatale a séparé de la mère-patrie deux provinces aimées, ce n'est, nous en avons la ferme espérance, qu'une séparation temporaire. L'avenir prouvera qu'à la fin c'est le « droit qui prime la force ».

ment formé de couches de graviers dont la profondeur dépasse 60 mètres, les affbuillements considérables produits dans ce lit par des crues rapides, étaient autant d'obstacles à l'emploi des procédés ordinaires de fondation. Comment mettre les piles à l'abri de ces affbuillements qui bouleversaient le gravier jusqu'à 18 mètres de profondeur? On décida que les fondations descendraient à 20 mètres au dessous du lit normal. Mais alors comment creuser dans le gravier jusqu'à cette distance, comment édifier la maçonnerie, couler le béton, sous l'action de l'impétueux courant du Rhin? C'était là, on le conçoit, un problème d'une solution difficile.

L'emploi de l'air comprimé, déjà utilisé dans d'autres ouvrages, mais ici modifié de la façon la plus heureuse, vint à bout de tous les obstacles» Bien qu'il n'entre pas dans le cadre de ce livre de décrire en détail les procédés de ce genre, je voudrais au moins vous en faire comprendre le principe. Imaginez des caissons en tôle, aux parois solidement boulonnées, renforcées, tant à l'intérieur que sur la face supérieure, au moyen de poutres et de contreforts en fer. Ils sont ouverts à leur base inférieure, tandis que le plafond, percé de trois trous circulaires, est surmonté de trois cheminées aussi en tôle; les deux cheminées latérales communiquent simplement avec l'intérieur du caisson, tandis que celle du milieu descend jusqu'au

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