‹ Les chemins de ferChapitre 96 sur 139 · TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — RÉFECTION DE LA VOIE

au plan de l'appareil une coupe verticale qui montre de quelle manière fonctionne le levier manié par l'aiguilleur. Ce levier occupe-t-il la position que lui donne le dessin, l'aiguille de gauche est ramenée sous le rail voisin, tandis que celle de droite se sépare du rail correspondant : la voie libre est, dans ce cas, celle qui est à droite dans le sens du mouvement. Le levier prend-il au contraire la position opposée, c'est-à-dire vers la gauche, l'inverse a lieu : l'aiguille de droite se loge sous le rail, celle de gauche s'écarte du rail voisin, et la voie de gauche devient libre pour le train en marche.

On peut voir que le bras du levier est muni d'un contre poids qui sert à le maintenir fixement dans l'une ou l'autre des deux positions, sans que l'aiguilleur ait plus à s'en occuper. Il ne s'agit pour lui, dans ce système, que d'imprimer aux aiguilles le mouvement qui leur convient. Cette manœuvre n'exige d'ailleurs qu'exactitude et sang-froid. Elle demande à être confiée à des hommes sûrs, éprouvés; mais, une fois exécutée, l'appareil se maintient de lui-même dans la position qu'il doit conserver pendant le passage entier du train.

J'ai dit que les bouts de rails formant les aiguilles sont tantôt de même longueur, tantôt inégaux. Quelle est la raison de cette différence? La voici : quand la voie principale se bifurque en deux autres voies, dont la courbure à droite et à

gauche est également prononcée, tout étant dans ce cas parfaitement symétrique, on conçoit que les aiguilles doivent être égales. Mais si, la voie principale restant droite, l'autre affecte une courbure à droite ou à gauche de la première, on risquerait, avec des aiguilles égales, de faire engager les roues d'un même wagon sur deux voies différentes ; cette circonstance se présenterait toutes les fois que, le mécanisme fonctionnant imparfaitement, l'une des aiguilles ne viendrait pas se loger tout à fait sous le rail. Il pourrait résulter de là un déraillement.

Voyez maintenant ce changement double (fig. 75), c'est-à-dire à trois voies. Le système d'aiguilles est double; mais, à cela près, il fonctionne comme l'autre, et l'inspection de la figure le fera comprendre. Qu'il me suffise de dire que l'accès d'une des deux voies extrêmes, à droite ou à gauche, est libre, quand les aiguilles d'un côté sont toutes deux logées sous le même rail, et que les deux autres en sont séparées ensemble; tandis qu'en supposant libre la voie intermédiaire, il y a de chaque côté à la fois, une aiguille sous le rail et une aiguille écartée du même rail. Ce détail explicatif permettra de saisir du premier coup le mécanisme d'un changement à trois voies.

Les contre-rails, les pointes et les coudes, dans les traversées et croisements de voie, et les aiguilles, dans les changements, se détériorent avec rapidité quand ils sont en fer ordinaire. Aussi

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