CU4P. XX\I. — PRIX DE REVIENT DE L' EXPLOITATION
Et cependant, si l'on entre dans le détail de la décomposition des prix, on constate pour les éléments semblables des différences bien marquées, ainsi que nous le verrons plus loin.
De 1865 & 1873, les dépenses d'exploitation sur l'ensemble des chemins de fer des États-Unis se sont progressivement accrues, l'exploitation devenant de plus en plus coûteuse par suite du renchérissement de la main-d'œuvre et des matières employées, dû en grande partie à la diminution de la valeur de l'argent; puis, sous l'aiguillon de la concurrence, de notables perfectionnements ont permis d'y réaliser de sérieuses économies. Actuellement l'exploitation recueille le bénéfice de ces perfectionnements, qui, sous forme de renouvellement de voies et de transformation du matériel roulant, avaient grevé de lourdes charges, depuis 1873 jusqu'à J877, époque du plus fort de la crise, les finances des compagnies, les dépenses ayant ensuite progressivement décru pendant que les recettes s'accroissaient.
Si l'on prend par exemple les chemins de fer de l'État de New- York, la dépense moyenne d'exploitation par kilomètre, qui était en 1868 de 10143 francs, s'est élevée en 1873 jusqu'à 26 754 francs, pour redescendre ensuite à 20 551 francs en 1879. tandis que la dépense par train kilomètre s'élevait de 2 fr. 17 à 3 fr. 41 en 1875, pour s'abaisser ensuite & 2 fr. 65.
Décomposition des dépenses. — On a cherché, sur un grand nombre de lignes américaines, à distinguer, pour les dépenses d'exploitation comme pour les recettes, le trafic voyageurs du trafic marchandises. La plus grande partie des dépenses étant commune aux deux services (sur beaucoup de lignes, les dépenses communes forment près des deux tiers des dépenses totales), leur répartition entre ces deux divisions du trafic repose sur des bases plus ou moins arbitraires* C'est ainsi que sur le New- York Central et Hudson River R.R., on porte au compte du trafic marchandises moitié des dépenses communes ; sur le Lake Shore 6t Hichigan Southern R.R., les deux tiers; sur le New-York, Lake Erié et Western R.R., les trois cinquièmes ; sur le Louisville- Nashville R.R, une partie proportionnelle au parcours kilométrique des trains.
On ne peut donc attribuer une importance bien sérieuse aux chifTres distincts de dépenses que donnent les compagnies pour
le train kilomètre marchandises et pour le train kilomètre voyageurs sur leurs lignes. On peut dire seulement que l'écart entre ces deux chiffres dépend essentiellement de la charge et de la vitesse des trains, et de la nature du trafic pour les deux catégories de transports.
La décomposition des dépenses entre les divers services de l'exploitation, telle qu*elle est le plus souvent adoptée par les coniptes rendus des compagnies, diffère de celle qui est adoptée par la plupart des compagnies européennes, où l'on distingue habituellement: 1° l'entretien et la surveillance de la voie; 2<' la traction; S^" l'exploitation (mouvement et trafic) ; 4*^ les frais d'administration centrale et dépenses diverses.
Dans beaucoup de comptes rendus fournis par les compagnies américaines, il y a seulement trois chapitres : l^" celui de l'entretien (maintencmcé) y embrassant à la fois la voie, les bâtiments et tout le matériel fixe et roulant; 2^" le chapitre de l'exploitation^ comprenant toutes les dépenses relatives, soit à la traction, soit au mouvement et au service commercial; S"" celui des frais généraux et des dépenses diverses.
Cette division des dépenses a pour objet de séparer, des dépenses qui n'ont pas de résultat utile au point de vue de la conservation du capital, celles qui, au contraire, peuvent en accroître la valeur ou en prolonger la durée. Le combustible et les diverses matières consommées par la traction, les salaires de tout le personnel employé à la traction et aux diverses branches de l'exploitation, doivent évidemment être rangés dans les premières, puisqu'il n'en reste rien : ce sont des dépenses de consommation. Les dépenses d'entretien s'incorporent, au contraire, en quelque sorte au capital, dont elles préviennent le dépérissement et réparent les pertes : ce sont les dépenses de conservation.
Les articles ouverts pour chacune de ces deux grandes divisions varient d'ailleurs beaucoup avec les compagnies.
Afin d'introduire plus d'uniformité dans la classification des dépenses, dont la décomposition varie, aussi bien d'un État à un autre dans les comptes rendus fournis par les compagnies & la législature de chaque État, que d'une compagnie à une autre, dans ceux que les compagnies fournissent à leurs actionnaires, les commissaires du contrôle des chemins de fer de plusieurs États, réunis à Sarotoga en juin 1879 en congrès (con^