‹ Les chemins de fer AmériqueChapitre 129 sur 198 · MARCHANDISES · texte numérisé non relu

MARCHANDISES

PAR TONXB.

cent.

ceiu.

cent.

Le tableau ci^dessus permet de constaler un prix de revient extrêmement faible pour les transports de marchandises sur les lignes à la fois à très faibles déclivités et à grand trafic de transit de Philadelphia-Érié; Pittsburg, Fort-Wayne et Chicago ; Wabash; Lake Shore et Michigan. Sur cette dernière ligne, le prix de revient

en 1879 est même descendu jusqu'à l%23 par tonne et par kilomètre.

Sur les lignes à fort traGc et à déclivités plus ou moins fortes qui traversent les Alleghanies, les prix moyens de transport sont sensiblement plus élevés; le Pennsylvania Central seul fait exception: grâce au bas prix du combustible et à la bonne organisation du service, le prix de revient du transport de la tonne par kilomètre s'y abaisse au même niveau que sur les lignes de la précédente catégorie. Il n'a pas dépassé 1%32 par tonne et par kilomètre en 1879.

Sur les lignes situées plus à TOuest, ce prix de revient est notablement plus fort : ce qui s'explique par le traGc beaucoup moindre.

On constate en même temps que sur les différents groupes de lignes concurrentes les prix tendent à se niveler.

En comparant d'autre part les prix de revient pour mardiandises et pour voyageurs, on voit que ceux-ci sont généralement élevés et sont loin de décroître de la même manière que les premiers. L'influence de la vitesse sur certaines lignes comme les grandes lignes de l'Est, celle de l'insuffisance du nombre des voyageurs sur certaines lignes de l'Ouest, s'accusent plus ou moins nettement. Certaines compagnies de cette dernière région admettent, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que le train kilomètre, qu'il s'agisse de trains de voyageurs ou de marchandises, revient sensiblement au même prix, la vitesse plus grande des premiers compensant au point de vue de la dépense de traction leur légèreté relative; mais, comme le trafic-voyageurs en Amérique reste stationnaire, tandis que le tratic-marchandises croît en général rapidement, et qu'il est beaucoup plus difficile de proportionner l'importance et le nombre des trains à l'activité du traflc pour les voyageurs que pour les marchandises, le prix de revient du transport kilométrique tend beaucoup moins & s'abaisser, et il est sujet à des écarts bien plus grands pour les uns que pour les autres, ainsi que le montre le tableau précité. Certaines lignes à grand trafic de marchandises et à faible trafic de voyageurs, comme le Philadelphia et Ërié, accusent même des pertes pour ce dernier transport.

Il résulte enflu de ce tableau que le rapport, soit des prix de revient, soit des produits pour ces deux unités de transport dépasse

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en général 2, c'est-à-dire qu'un voyageur coûte à transporter au moins deux fois plus qu'une tonne de marchandises, et rapporte au moins deux fois plus. Il en est tout autrement sur les chemins de fer européens, et notamment sur les chemins de fer français, ou les deux unités s'équivalent sensiblement au point de vue des dépenses, et rapportent de cinq à six centimes de produit brut. L'application des tarifs français au transport des voyageurs en Amérique ne laisserait guère aux compagnies américaines que des pertes, tandis que l'application des tarifs américains au transport des marchandises serait ruineux pour les compagnies françaises, eu égard à l'élévation du prix de revient qu'elles accusent par tonne transportée : 2 centimes et demi sur l'ancien réseau des grandes lignes, et 4 centimes sur le nouveau (1878).

Les conditions économiques de ces deux catégories de transports sont donc essentiellement différentes dans les deux contrées.

Somme toute, on peut dire que les progrès rapides réalisés par l'exploilation dans ces dernières années placent, au point de vue de l'économie des transports, les grandes lignes américaines au moins sur un aussi bon pied que les meilleures lignes européennes, et ces progrès ne paraissent pas près de s'arrêter, tandis qu'il ne semble pas en être de même en Europe, où, dans quelques pays notamment en Allemagne, on a dû relever récemment les tarifs.

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