Philadelphie
Pour d'autres lignes moins chargées, le renouvellement total se fait en 6 et 8 ans.
On compte en général de 5 à 6 chevaux par jour et par car pour les cars de 10 à 14 personnes, et de 9 à 10 chevaux pour les grands cars ; le parcours journalier des chevaux varie entre 28 et 32 kilomètres sur la plupart des lignes. Celui des cars varie lui-môme entre 80 et 120 kilomètres.
Les chevaux pour cars, dans les États du Nord, proviennent principalement du Canada. Ces chevaux, beaucoup moins vigoureux que ceux qui font ce service en France et en Angleterre, ne coûtent guère que de 500 à 700 francs. Dans les États du Sud, ils sont remplacés par des mules qu'on fait venir du Tennessee, et q[ui se payent à peu près le même prix.
La nourriture des bêtes de trait est aussi moins chère que dans beaucoup de nos grandes villes européennes; dans un grand nombre de cités américaines, le prix de la nourriture d'un cheval, par jour, ne dépasse pas 1 fr. 70 ; celui de 2 francs, correspondant à New- York et Philadelphie, peut être considéré comme un maximum.
Il s'ensuit que la traction proprement dite par chevaux est moins chère en Amérique qu'en Europe. Gomme d'autre part, dans un service de tramways, il s'agit bien moins de transporter beaucoup de voyageurs à la fois en employant des moyens de traction puissants, que de pouvoir multiplier les voyages en allégeant autant que possible les véhicules, on s'explique ainsi que, malgré la tendance qui prédomine aux États-Unis de généraKser le plus possible la substitution du travail mécanique à celui de l'homme et des moteurs animés, et bien que le public américain soit déjà familiarisé depuis longtemps avec le passage des trains de chemins de fer dans les rues, les tentatives d'application de la vapeur à la traction sur les tramways aient été assez tardives, et les locomotives spéciales pour tramways soient encore peu répandues.
Madiines sans feu. — Si on laisse de côté quelques expériences faites, en 1850 et 1859, notamment à Cincinnati, qui n'ont pas eu de suite, on ne trouve pas d'essais bien sérieux de cette application avant Tannée 1870, époque où le docteur Emile Lamm fit circuler quelque temps à la Nouvelle-Orléans un car marchant à la vapeur d'ammoniaque*. »
1. U résulterait cependant d'une note insérée dans la Bail Road Gaulte du 7 aep-
CHÀP. XXXIII. — TRAMWAYS. 577
La vapeur émise par une certaine quanlité d'ammoniaque liquide contenue dans un réservoir entouré d'eau cimude actionnait les pistons de deux cylindres, dont le mouvement était transmis par Tintermédiairc d'une poulie à l'un des essieux du car. En sortant des cylindres, la vapeur se condensait dans la bâche extérieure qu'elle servait à réchauffer. Le dégagement d'ammoniaque gazeuse ainsi entretenu permettait de marcher jusqu'à ce que la pression ne fût plus assez forte pour mettre les pistons en mouvement. L'ammoniaque était ensuite extraite de la bdche extérieure pour servir de nouveau à l'intérieur.
Des machines construites sur ce principe ont fonctionné de 1870 & 1871 dans Canal street, principale rue de la Nouvelle-Orléans, en marchant à une vitesse de 10 kilomètres à l'heure. On a dû y renoncer, à cause des inconvénients que présentaient le dégagement partiel de l'ammoniaque dans Tatmosphëre et son action chimique sur les organes de la machine.
En 1873, ces machines ont fait place aux machines sans feu du même inventeur, où l'eau surchauffée, empruntée à un générateur fixe, fournit à la vapeur^ le moyen de se reconstituer. Ces nouvelles machines représentées par les figures 1, 2 et 3, pi. XXVIII, ont été employées à l'exploitation d'une ligne de tramways traversant la banlieue de la Nouvelle-Orléans et aboutissant & Carrollton après un parcours de 9 kilomètres.
Les générateurs, au nombre de deux, dont un seulement est habituellement en activité, sont des chaudières à foyer intérieur; ils ont chacun une capacité de 77 mètres cubes et fournissent de la vapeur à une pression variant entre 9 et 10 atmosphères aux locomotives ou dumunes. Chaque machine comprend un réservoir de forme cylindrique d'une capacité de 1300 litres, préservé du refroidissement par une enveloppe formée de matières mauvaises conductrices, derrière lequel sont placés verticalement les cylindres ; le mouvement des pistons se transmet à l'essieu de l'arrière par Tintermédiaire d'un engrenage. La machine pèse avec sa pleine charge d'eau surchauffée 4 tonnes. On remplit tout d'abord le réser-
inoteur.